•  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

Un printemps frais qui sauve des vies

Une tornade près de Dodge City, au Kansas, en mai 2016.

Une tornade près de Dodge City, au Kansas, en mai 2016.

Photo : Getty Images / Brian Davidson

Radio-Canada
Prenez note que cet article publié en 2018 pourrait contenir des informations qui ne sont plus à jour.

La plupart des tornades observées aux États-Unis sont de plus faibles intensités que d'habitude pour cette période de l'année et elles sont moins nombreuses. Le temps frais y est pour quelque chose.

Un texte de Pascal Yiacouvakis

C'est plus qu'une impression, le printemps 2018 est plus frais que la normale sur la majeure partie du centre et de l'est du Canada. Chez nos voisins du sud, c’est aussi le cas dans certaines régions, l’air froid s’étant permis de nombreuses incursions jusque dans le sud des plaines américaines.

Ce temps plus frais a réduit substantiellement l’activité orageuse qui, habituellement, se manifeste très rapidement dans le sud des États-Unis dès la fin de l’hiver. Normalement, ces orages sont suffisamment puissants pour engendrer des tornades très tôt dans la saison.

C’est aux États-Unis qu’on observe le plus de tornades, soit en moyenne un peu plus de 1200 chaque année. La majorité de ces tornades, surtout les plus violentes, frappent surtout le sud et le centre du pays.

Scène de destruction: une tornade a dévasté, en mai 2011, la ville de Joplin, au Missouri, faisant plus de 150 morts.Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Une tornade a dévasté, en mai 2011, la ville de Joplin au Missouri, faisant plus de 150 morts.

Photo : Getty Images / Joe Raedle

Moins nombreuses, moins de morts

Déjà en mars, elles sont plus fréquentes, 80 en moyenne, et leur nombre va en augmentant rapidement par la suite pour atteindre un sommet en mai avec 276 tornades. Durant les mois suivants, le nombre des tornades diminue graduellement pour atteindre un minimum de 24 en décembre.

Jusqu’à maintenant, en 2018, on observe une baisse de plus de 20 % du nombre de tornades par rapport à la normale et de près de 30 % par rapport à la moyenne des trois dernières années. La plupart des tornades observées en 2018 étaient de faible intensité et n'ont provoqué que 3 décès, ce qui est peu par rapport aux 33 morts en 2017 pour la même période. Les tornades tuent en moyenne 70 personnes chaque année aux États-Unis.

Cette année, cette baisse d’activité est particulièrement marquée en Oklahoma et au Kansas, où pas une seule tornade n’a encore été observée, alors qu’on devrait déjà en dénombrer normalement près de 35. Pour l’Oklahoma, il s’agit d’un record, alors qu’au Kansas c’est un des printemps « les plus calmes » jamais observés. Ces deux États sont pourtant reconnus pour la violence de leurs tornades et se situent au cœur de ce qu’on appelle la Tornado Alley.

Depuis le début de l’année, l’air froid provenant du centre du Canada s’est propagé fréquemment vers le sud des États-Unis et parfois même jusqu’en Oklahoma en mars et en avril. Il va sans dire que ce temps frais n’est pas propice à l’activité orageuse, et les orages potentiellement violents se font donc beaucoup plus rares.

Mais les choses pourraient changer rapidement durant les prochaines semaines, où l’air chaud et humide du golfe du Mexique prendra probablement la route du bassin des Grands Lacs en entrant en contact avec l’air frais et sec en provenance du nord-ouest des États-Unis et des Prairies canadiennes. Dans ces conditions, la probabilité de voir se former des tornades plus violentes augmente.

C’est dans une situation météorologique de ce type que le 3 mai 1999, en l’espace d’une seule journée, 74 tornades ont frappé l’Oklahoma et le Kansas, entraînant dans la mort 46 personnes et en blessant 800 autres.

Vos commentaires

Veuillez noter que Radio-Canada ne cautionne pas les opinions exprimées. Vos commentaires seront modérés, et publiés s’ils respectent la nétiquette. Bonne discussion !