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Les députés conservateurs évitent le débat sur les zones protégées autour des cliniques d’avortement

Trois hommes se tiennent debout à proximité de la clinique Kensignton de Calgary. Deux d'entre eux portent des pancartes invitant les patientes à renoncer à l'avortement.
Des opposants viennent régulièrement manifester près des cliniques albertaines qui pratiquent des avortements. Photo: Gouvernement de l'Alberta
Radio-Canada

Les députés du Parti conservateur uni (PCU) n'ont ni voté ni participé au débat sur le projet de loi 9, qui propose de créer des zones protégées autour des cliniques d'avortement, lorsqu'il a été débattu pour la première fois.

Le projet de loi a été révisé en deuxième lecture à l’Assemblée législative, jeudi après-midi, mais les députés conservateurs ont quitté la pièce au moment du vote. Le projet de loi propose d’interdire de manifester à moins de 50 mètres d’une clinique pratiquant des avortements en Alberta.

Les amendes prévues pour les individus qui ne respectent pas cette limite seraient d’un maximum de 5000 $ et de six mois de prison pour une première infraction. Toute infraction supplémentaire serait punie d’une amende de 1000 $ à 10 000 $ et d’une peine de prison allant jusqu’à un an. Les organisations pourraient se voir infliger une amende maximale de 25 000 $ pour la première infraction, et de 100 000 $, pour la suivante.

La ministre de la Santé, Sarah Hoffman, était visiblement émue lorsqu’elle a parlé des cas de patientes qu’elle a rencontrées à la clinique Kensington, à Calgary. Les députés du Parti conservateur uni, tous des hommes, regardaient leur téléphone ou leur ordinateur, ou travaillaient pendant qu’elle parlait.

Les femmes albertaines méritent 100 % du respect des membres de cette Assemblée.

Sarah Hoffman, ministre de la Santé de l'Alberta

« Elles ne méritent pas de ne pas être prises en compte par leurs députés qui se cachent lorsque vient le temps de les protéger. Elles ne méritent pas une opposition qui courtise les groupes qui voudraient cesser le financement de leur assurance maladie et de leurs droits », affirme Sarah Hoffman.

Sarah Hoffman essuie une larme avec un mouchoir alors qu'elle lit son texte, debout dans l'Assemblée législative.La ministre de la Santé voudrait que l'Alberta adopte une loi semblable à celles en vigueur en Colombie-Britannique, au Québec, en Ontario et à Terre-Neuve-et-Labrador. Photo : CBC

Le PCU a d’ailleurs subi des pressions d’un groupe antiavortement pour débattre de la fin du financement de l’avortement lors de son congrès cette fin de semaine.

« Le sort des femmes albertaines ne mérite pas d’être qualifié de moyen de diversion », a ajouté la ministre, en référence au terme utilisé par le chef du PCU, Jason Kenney, pour décrire le projet de loi. Une fois que les élus ont voté, quelques députés conservateurs sont immédiatement revenus à la Chambre, sous les railleries des autres députés.

Avant de prendre un vol vers l’Arizona pour une conférence, la première ministre, Rachel Notley, a dit aux journalistes que le PCU faisait preuve de lâcheté et de manquement à ses devoirs.

C’est ce pour quoi vous avez été élus. Avoir peur de parler de vos positions sur des questions importantes lorsqu’elles sont soulevées à l’Assemblée législative est absolument ridicule et ne démontre pas de leadership. Ça démontre qu’ils essaient de cacher leur véritable programme.

Rachel Notley, première ministre de l'Alberta

Une « moyen de diversion », selon le PCU

La députée de Airdrie, Angela Pitt, est la seule députée conservatrice à avoir parlé du projet de loi, affirmant plus tôt ce mois-ci que son caucus ne voterait ni ne participerait au débat. Le chef, Jason Kenney, a quant à lui affirmé que le gouvernement néo-démocrate utilise ce projet de loi comme moyen de distraction, pour détourner l'attention de la population de son bilan économique.

Selon lui, ce projet de loi n’est pas nécessaire, puisque les cliniques pratiquant l’avortement ont déjà obtenu des injonctions pour tenir les manifestants à distance. Il croit que les dirigeants de ces cliniques peuvent retourner en cour pour élargir cette zone tampon.

Jason Kenney est de face, il porte une cravate bleue et un veston. En arrière-plan, les colonnes de marbres de l'Assemblée législative de l'Alberta.Jason Kenney, qui se dit personnellement contre l'avortement, a toutefois juré de ne pas changer le statu quo à ce sujet. Photo : Radio-Canada

Le personnel de la clinique Kensington, à Calgary, et Women’s Health Options, à Edmonton, affirment toutefois que ces injonctions n'imposent aucune pénalité aux manifestants qui reviennent sans cesse.

En plus des membres du NPD, les députés du Parti albertain Rick Fraser, Karen McPherson et Greg Clark, le libéral David Swann et le progressiste-conservateur Richard Starke ont voté pour le projet de loi lors de la deuxième lecture.

Le seul député dissident était l'indépendant Derek Fildebrandt. Celui-ci avait affirmé plus tôt qu’il était pour le fait de protéger les femmes du harcèlement à l’extérieur des cliniques d’avortement. Il voulait cependant étendre le projet de loi pour qu’il couvre d’autres types de manifestations, un amendement qui a été battu par la majorité à la Chambre.

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