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Une action collective faisant un lien entre poudre pour bébés et cancer est autorisée

Poudre pour bébé Johnson et Johnson

La principale plaignante est une Québécoise qui affirme avoir développé un cancer en 2012 après avoir utilisé des produits à base de talc de 1962 à 2013.

Photo : Reuters / Lucas Jackson

La Presse canadienne

Une action collective intentée contre deux géants pharmaceutiques et soutenant que l'utilisation régulière de talc est liée à un risque accru de développer un cancer des ovaires a été autorisée par la Cour supérieure du Québec.

Selon un jugement publié mercredi, la poursuite a été déposée au nom de toutes les personnes au Québec ayant utilisé la poudre pour bébés de Johnson & Johnson ou le produit Shower to Shower de Valeant sur leurs parties génitales et ayant reçu plus tard un diagnostic de cancer des ovaires.

La principale plaignante est une Québécoise qui affirme avoir développé un cancer en 2012 après avoir utilisé des produits à base de talc de 1962 à 2013.

Rosemary Kramar avance dans le jugement que l'utilisation de la poudre a probablement contribué au développement de son cancer des ovaires et assure qu'elle n'aurait jamais eu recours à des produits à base de talc si elle avait été au courant de l'existence de ce risque.

Un avocat représentant la partie demanderesse a déclaré en entrevue avec La Presse canadienne que des études remontant à plusieurs décennies avaient démontré qu'il existait un lien entre l'utilisation régulière des produits à base de talc et un risque accru de développer un cancer.

Me Tony Merchant a ajouté que les entreprises savaient que les femmes utilisaient leurs produits pour leur hygiène personnelle et qu'elles auraient dû diffuser des « avertissements explicites » ou tout simplement retirer les produits du marché.

En entrevue téléphonique, Me Merchant a indiqué que la réelle question était de savoir si ces produits devraient demeurer en vente.

Maintenant qu'elles connaissent les problèmes qu'ils peuvent causer, elles devraient envisager leur retrait.

Me Tony Merchant, avocat représentant la partie demanderesse

Aucune des allégations n'a été prouvée en cour.

Un avocat de Johnson & Johnson a refusé de commenter l'action collective au Québec. La société a toutefois assuré par le passé qu'il n'existait aucune preuve que ses produits causaient des problèmes de santé.

Les deux sociétés n'ont pas précisé si elles comptaient porter la décision du juge André Prévost en appel.

Il s'agit de la plus récente poursuite contre Johnson & Johnson reprochant à l'entreprise d'avoir omis d'avertir les femmes au sujet du risque posé par sa poudre pour bébés.

L'an dernier, un juge de la Californie avait infirmé un verdict rendu par un jury ordonnant à Johnson & Johnson de verser 417 millions de dollars américains et accordé un nouveau procès à la compagnie.

La firme de Me Merchant a également déposé une deuxième action collective au nom de femmes résidant dans d'autres provinces canadiennes. Cette action n'a toutefois pas encore été autorisée.

Selon l'avocat, environ 470 Canadiennes ont décidé de prendre part aux deux actions collectives jusqu'à présent, incluant 41 femmes dans celle présentée au Québec.

Justice et faits divers