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Maurice Chevarie et sa conjointe se trouvent à l'endroit où passe habituellement la route de l'île Darlings. Jeudi, plusieurs mètres d'eau la recouvraient et ils n'ont eu d'autre choix que de se déplacer en bateau.

Maurice Chevarie et sa conjointe se trouvent à l'endroit où passe habituellement la route de l'île Darlings. Jeudi, plusieurs mètres d'eau la recouvraient et ils n'ont eu d'autre choix que de se déplacer en bateau.

Photo : Radio-Canada / Catherine Allard

Radio-Canada

Un père de famille va chercher ses trois enfants à l'école en bateau et leur demande de ramer jusqu'à la maison. Une dame monte à contrecoeur dans un canoë pour aller à un rendez-vous médical. Plus loin, l'un de ses voisins tente de se rendre à l'usine à temps pour son quart de travail, mais il a de l'eau jusqu'aux hanches et ne peut plus avancer.

Un texte de Catherine Allard

Voilà à quoi ressemblait la vie, jeudi, sur l’île Darlings, près de Saint-Jean au Nouveau-Brunswick.

Tony Crawford sort de son kayak jeudi avant-midi. Sa voiture est stationnée près de la route principale.

Tony Crawford sort de son kayak jeudi avant-midi. Sa voiture est stationnée près de la route principale.

Photo : Radio-Canada / Catherine Allard

Les résidents de l’île sont coupés du monde depuis dimanche, en raison des inondations historiques qui frappent le sud de la province. L’unique route pour atteindre la communauté est submergée par plusieurs mètres d’eau. Les résidents doivent se débrouiller seuls pour rejoindre le continent.

Les résidents doivent se débrouiller seuls s'ils veulent rejoindre la terre ferme pour faire des courses ou aller travailler.

Les résidents doivent se débrouiller seuls s'ils veulent rejoindre la terre ferme pour faire des courses ou aller travailler.

Photo : Radio-Canada / Catherine Allard

Pour s'approvisionner ou aller travailler, ils doivent faire preuve d’imagination. Bateaux de plaisance, kayaks, canoës et pédalos sont mis à contribution pour permettre aux résidents de faire des allers-retours entre leur île et le reste du monde.

Les résidents de l'île Darlings doivent se déplacer en bateau. Des dizaines de canoës et de kayaks sont stationnés le long de la berge, près de la route.

Les résidents de l'île Darlings doivent se déplacer en bateau. Des dizaines de canoës et de kayaks sont stationnés le long de la berge, près de la route.

Photo : Radio-Canada / Catherine Allard

Les autorités ont demandé à des résidents de Saint-Jean de procéder à des évacuations volontaires. Les habitants de l’île Darlings affirment cependant qu’ils n’ont pas besoin de quitter leur maison, puisque seule la route est submergée.

Il n'existe qu'une seule route pour se rendre à l'île Darlings. Plusieurs mètres d'eau la recouvraient, jeudi. Le seul moyen de traverser est par bateau.

Il n'existe qu'une seule route pour se rendre à l'île Darlings. Plusieurs mètres d'eau couvrent la route, jeudi. Le seul moyen de traverser est par bateau.

Photo : Radio-Canada / Catherine Allard

La très grande majorité des maisons dans l’île ont été construites sur des terrains surélevés et ne risquent pas d’être inondées. Seule une poignée de maisons pourraient être touchées.

Une poignée de maisons ont été inondées dans le coin, comme celle-ci, qui se trouve en bordure de la route inondée et non sur l'île.

Une poignée de maisons ont été inondées dans le coin, comme celle-ci, qui se trouve en bordure de la route inondée et non sur l'île.

Photo : Radio-Canada / Catherine Allard

« Nos maisons sont correctes. Mais j’ai trois enfants qui vont à l’école. Le premier jour, on n’y est pas allé. Nous sommes fatigués de tout ça... Ça dure depuis des années », déplore Maurice Chevarie, un insulaire.

Abandonnés par les autorités

« Nous nous sentons complètement abandonnés et isolés. Nous sommes pris sur une île, au Canada, 700 d’entre nous », dénonce Cheryl Campbell.

David et Cheryl Campbell sur leur terrain. Ils ne comprennent pas pourquoi le gouvernement demande aux résidents d'évacuer l'île, puisque la plupart des maisons sont construites loin de l'eau.

David et Cheryl Campbell sur leur terrain. Ils ne comprennent pas pourquoi le gouvernement demande aux résidents d'évacuer l'île, puisque la plupart des maisons sont construites loin de l'eau.

Photo : Radio-Canada / Catherine Allard

À 63 ans, elle fait du canoë pour la première fois, puisqu’il s’agit du seul moyen d'aller faire des provisions.

Des résidents en route vers l'île Darlings.

Des résidents en route vers l'île Darlings.

Photo : Radio-Canada / Catherine Allard

Comme elle, de nombreux résidents ne comprennent pas pourquoi ils n’ont pas reçu d’aide de la part des autorités. Lors des inondations en 2008, un bateau avait été dépêché pour faire la navette.

« En 2008, c’était OK, parce que le gouvernement nous a fourni un bateau. On devrait au moins avoir un bateau et des gilets de sauvetage », affirme Jeannet Kidd, en route vers un rendez-vous médical.

Cette dame a attendu patiemment qu'un de ses voisins accepte de la transporter de l'autre côté de la route inondée. David Gero accepte de lui rendre ce service, en allant chercher ses enfants à l'école.

Cette dame a attendu patiemment qu'un de ses voisins accepte de la transporter de l'autre côté de la route inondée. David Gero accepte de lui rendre ce service, en allant chercher ses enfants à l'école.

Photo : Radio-Canada / Catherine Allard

Le gouvernement du Nouveau-Brunswick a annoncé en 2015 qu’il n'offrirait plus de service de navette jusqu’à l’île Darlings en cas d’inondations. Des pourparlers sont en cours afin de faire des travaux pour surélever la route, mais pour l’instant, les résidents doivent se débrouiller seuls.

Le héros de l’île Darlings

Depuis quelques jours à l’île Darlings, tout le monde connaît Rob Dekany. L’homme a décidé d’offrir son temps et son bateau pour faire gratuitement la navette entre l’île et la terre ferme.

Rob Dekany a transporté plusieurs centaines de personnes dans son bateau depuis trois jours.

Rob Dekany a transporté plusieurs centaines de personnes dans son bateau privé depuis trois jours.

Photo : Radio-Canada / Catherine Allard

En trois jours, il a transporté plus de 300 personnes, dit-il. Les résidents, qui le surnomment « le héros de l’île » ou encore « UBER Rob », sont nombreux à l’attendre patiemment d’un côté ou de l’autre de la route submergée.

Rob Dekany parle avec des résidentes de l'île Darlings. Elles le remercient pour son travail qui leur permet de se déplacer en toute sécurité.

Rob Dekany parle avec des résidentes de l'île Darlings. Elles le remercient pour son travail qui leur permet de se déplacer en toute sécurité.

Photo : Radio-Canada / Catherine Allard

L’homme, qui n’habite même pas sur l’île, affirme qu’il va continuer à offrir ce service aussi longtemps que les gens en auront besoin. « Je le fais parce que si j’étais dans cette situation, j’aimerais que quelqu’un m’aide », dit-il.

Ces habitants de l'île Darlings attendent patiemment Rob Dekany afin de pouvoir rejoindre leur résidence.

Ces habitants de l'île Darlings attendent patiemment Rob Dekany afin de pouvoir rejoindre leur résidence.

Photo : Radio-Canada / Catherine Allard

Le niveau de l’eau a déjà atteint 5,4 mètres à l'île Darlings – bien au-delà du seuil d'inondation de 4,2 mètres – et les autorités affirment que le pire est à venir.

La route qui mène à l'île Darlings est souvent inondée, mais la plupart des résidents affirment que la situation cette année est sans précédent.

La route qui mène à l'île Darling est souvent inondé, mais la plupart des résidents affirment que la situation cette année est du jamais vu.

Photo : Radio-Canada / Catherine Allard

Nouveau-Brunswick

Incidents et catastrophes naturelles