•  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

Philippe-Audrey Larrue-St-Jacques : « Je lis pour savoir où, comment et quoi regarder »

L'humoriste Philippe-Audrey Larrue-St-Jacques sur scène

L'humoriste Philippe-Audrey Larrue-St-Jacques sur scène

Photo :  Myriam Frenette

Radio-Canada

Philippe-Audrey Larrue-St-Jacques représentera le Québec lors du prochain Combat national des livres. Il a choisi de défendre Le jeu de la musique, de Stéfanie Clermont. À la veille des débats, l'humoriste lettré se prête au jeu du questionnaire du combattant.

Pourquoi lisez-vous?
D’abord, parce que j’y ai été obligé. Étant issu d’une famille de professeurs universitaires, j’aurais été la honte de la famille et je n'étais pas prêt à jouer ce rôle. Sinon, je lis beaucoup pour me guider, au sens propre comme au sens figuré. Je me guide en marchant dans les rues et en lisant le nom des rues. Je lis des livres d’histoire pour savoir d’où je viens. Je lis aussi des livres de philo ou de sociologie pour savoir comment je peux éviter de payer 6582 $ de psychothérapie annuellement. Je lis des livres pour apprendre à mieux écrire, pour savoir où, comment et quoi regarder, pour apprendre à vivre des émotions et pour être, quand ça arrive, en contact direct avec le génie humain, parce que c’est toute la différence entre la littérature et, par exemple, les sciences.

Quand je vois une équation d’Einstein, je sais que c’est génial, mais je ne la comprends pas. Quand je lis un poème de Rimbaud, je sais que c’est génial et je comprends ce langage.

Philippe-Audrey Larrue-St-Jacques

Où lisez-vous?
Partout. Même au cinéma… Quand le film est vraiment ennuyant, je monte me cacher discrètement dans la dernière rangée, j'allume ma lampe de poche et je lis. Je ne recommande pas cette technique pour un premier rendez-vous, en revanche.

Quel combattant êtes-vous?


Un combattant vulnérable. Quand j’aime une œuvre (ou une personne), c’est très difficile pour moi d’intellectualiser mes sentiments. Alors, plutôt que d’avoir un argumentaire intéressant, mes arguments se résumeront à une phrase telle que : « Non, mais ouais… C’est vraiment bon, pour vrai… Parce que, en tout cas, c’est vraiment… wow… vraiment bon. » Je me mettrai donc en danger pour dire (au moins) une vraie phrase complète avec de vrais arguments, parce que je doute que « Non… Mais, en tout cas… Wow! » interpellera beaucoup de gens… à moins de m’adresser à des youtubeurs.

Quel livre vous a donné le goût de la littérature?
Florian le mousquetaire… Franchement, je n’ai entendu personne me parler de ce livre. J’ai fait des recherches et n’ai jamais pu le retrouver. Mais, il a existé! C’est le livre que ma mère me lisait (en boucle) avant de m’endormir quand j’étais enfant. C’est aussi le premier livre que j’ai lu. Et qui dit mousquetaire dit évidemment Dumas… Donc, c’est ce livre qui m’a incité à lire de la grande littérature.

Quel lieu littéraire est important pour vous?
La Grande Bibliothèque à Montréal. J’adore profondément ce lieu. Premièrement, c’est comme un Walt Disney des amants de la littérature. On y trouve littéralement tous les livres que l'on peut rechercher. C’est aussi un lieu où j’écris beaucoup. La plupart de mes textes sont écrits là. Mais ce que j’aime le plus, c’est que c’est un lieu où il y a toujours beaucoup de gens et ça donne l’impression que la littérature est toujours vivante. Aussi… On y sert un excellent latte.

Quel auteur canadien inviteriez-vous à souper?
Vivante : l'auteure Sophie Bienvenu. On s’est déjà rencontrés et on s'est brièvement parlé, et cette rencontre m’a juste donné encore plus envie de la connaître davantage. 


Mort : Gaston Miron. D’abord, à mes yeux, il est le plus grand écrivain québécois de tous les temps. Jamais notre langue n’a été plus belle que dans ses poèmes. Toutefois, quand on lit ses lettres de jeunesse, on voit toute l’insécurité qui l’assaillait. Je voudrais l’inviter pour le remercier et lui demander si, finalement, il avait raison d’être inquiet.

Quel est votre mot préféré de la langue française?
Rimbaldien. Tout est beau dans ce mot! La sonorité, le sens et l’utilisation rarissime en font un mot haut de gamme.


Né le 30 septembre 1987 à Montréal, Philippe-Audrey Larrue-St-Jacques a étudié au Conservatoire d’art dramatique de Montréal et à l’École nationale de l’humour, d’où il est sorti diplômé en 2014. Il aime Isabelle Huppert, a été éduqué sentimentalement par Goethe, et se reconnaît dans les chansons Parce que je t’aime, de Barbara, et Lose Yourself, d’Eminem. On peut le voir à la télévision dans la série Like-moi!

Combat national des livres

Livres

Arts