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Le traitement précoce contre le VIH/sida prévient l’atrophie cérébrale

Illustration du VIH.

Les résultats montrent l'importance d'un dépistage et d'un traitement antirétroviral précoces contre le VIH.

Photo : iStock

Radio-Canada
Prenez note que cet article publié en 2018 pourrait contenir des informations qui ne sont plus à jour.

Plus l'infection non traitée du VIH/sida est ancienne, plus la perte de volume et l'amincissement cortical sont marqués dans plusieurs régions du cerveau, montrent des travaux réalisés en partie au Québec.

Un texte d'Alain Labelle

Ce constat montre toute l’importance d’un dépistage et d’un traitement antirétroviral précoces contre le virus de l’immunodéficience humaine (VIH).

La rangée du haut montre une atrophie cérébrale et celle du bas, un amincissement du cortex, dans le cerveau d’un porteur du VIH.Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

La rangée du haut montre une atrophie cérébrale et celle du bas, un amincissement du cortex, dans le cerveau d’un porteur du VIH.

Photo : Université McGill/Neuro

Le milieu de la médecine sait depuis plusieurs années déjà que l’infection par ce virus provoque une diminution de volume et un amincissement du cortex dans certaines zones du cerveau.

Toutefois, il ne savait pas exactement à quel moment débute ce processus et ignorait dans quelle mesure le traitement antirétroviral d’association (TARa) le freine ou le ralentit.

Selon les estimations nationales, environ 75 500 Canadiens vivaient avec le VIH à la fin de 2014, et environ 21 % des personnes vivant avec le virus ignoraient qu’elles étaient infectées. À l’échelle internationale, on dénombrait 36,7 millions de porteurs du virus à la fin de 2016, et seulement 53 % d’entre eux avaient accès à un traitement.

Des réponses

Pour l’établir, des chercheurs de l’Institut et hôpital neurologiques de Montréal (Neuro) de l’Université McGill, de même que des collègues américains, ont analysé des données d’imagerie par résonance magnétique (IRM) provenant de 65 patients porteurs du virus depuis moins d’un an.

Ils ont comparé ces données à celles de 19 sujets exempts du VIH et de 16 sujets porteurs du VIH depuis au moins trois ans.

Ces analyses ont permis d’établir que plus l’infection non traitée est ancienne, plus la perte de volume et l’amincissement cortical sont marqués dans plusieurs régions cérébrales.

En outre, les chercheurs ont constaté qu’après la mise en route du TARa, la perte volumique a cessé dans les régions visées, et l’épaisseur corticale des lobes frontaux et temporaux s’est même légèrement accrue.

Plaidoyer pour un diagnostic rapide

Ces nouvelles connaissances constituent un plaidoyer de plus en faveur du diagnostic précoce de l’infection par le VIH et de la mise en route du TARa le plus rapidement possible pour prévenir l’apparition de lésions neurologiques.

Les résultats démontrent que le traitement précoce protège les structures neurologiques. Les porteurs du VIH peuvent donc espérer qu’en amorçant sans tarder un TARa et en le suivant à la lettre, ils mettront leur cerveau à l’abri des lésions provoquées par le virus.

Ryan Sanford, Neuro

Le saviez-vous?

L’infection par le VIH peut entraîner divers symptômes, notamment des pertes de mémoire, de la démence chez les sujets plus âgés ainsi que des troubles de l’équilibre et de la vue.

Ces symptômes peuvent toutefois être évités par un dépistage et un traitement antirétroviral précoces.

Les auteurs de ces travaux, publiés dans la revue Clinical Infectious Diseases (Nouvelle fenêtre) (en anglais) (Nouvelle fenêtre), pensent que leur recherche permet de mieux cibler les mécanismes lésionnels, ce qui ouvre la porte à la mise au point de traitements capables de renverser ces altérations structurelles.

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