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Zahra Kazemi: l'information filtre au compte-gouttes

Radio-Canada
Prenez note que cet article publié en 2003 pourrait contenir des informations qui ne sont plus à jour.

Selon le quotidien français Libération, ce serait le procureur général iranien lui-même qui aurait frappé la journaliste à la tête, avec un soulier.

On attend toujours plus d'information en provenance de Téhéran, qui révélait mercredi que la journaliste irano-canadienne Zahra Kazemi, morte en Iran la semaine dernière, avait été battue après avoir été arrêtée. Le quotidien français Libération, qui dit se fonder sur des informations dignes de foi, écrit cependant que ce serait le procureur général lui-même, Said Mortazavi, qui aurait frappé Mme Kazemi à la tête, avec un soulier. Des informations en provenance d'Iran indiquent d'autre part que les médecins ont terminé leurs examens du corps et qu'ils ont remis leur rapport au comité ministériel mis en place par le président Khatami.

Ottawa a adopté un ton très ferme mercredi pour demander à Téhéran de mener à bien l'enquête concernant la mort de la journaliste. Le premier ministre Jean Chrétien a en effet déclaré souhaiter que les responsables de la mort de la journaliste «fassent face à la justice». Pour le ministre des Affaires étrangères du Canada, Bill Graham, les bonnes relations entre le Canada et l'Iran dépendent désormais des résultats de l'enquête ordonnée par le président iranien.

Téhéran a admis mercredi que Zahra Kazemi avait succombé à un passage à tabac. «Selon un rapport établi par le ministre de la Santé, elle est décédée d'une hémorragie cérébrale résultant de coups qu'elle a reçus», a déclaré le vice-président iranien, Mohammed Ali Abtahi. Il est ainsi revenu sur la version officielle soutenant que la journaliste irano-canadienne était tombée malade après son arrestation. Le président Khatami a annoncé pour sa part qu'il entendait poursuivre devant la justice ceux qui sont responsables de la mort de la journaliste.

Elle avait été interpellée le 23 juin dernier alors qu'elle photographiait la prison d'Evine, dans le nord de Téhéran, où sont incarcérés des opposants au régime en place.

Le fils de Zahra Kazemi, Stephan Hachemi, qui vit à Montréal, trouve que ces aveux sont un pas positif, mais il ajoute qu'il reste encore beaucoup de questions sans réponse. «C'est bien qu'il collabore un petit peu (...) c'est positif», mais «on n'a toujours pas le résultat exigé», a-t-il déclaré.

Il note que Téhéran assure que sa mère n'a pas été inhumée, et qu'elle ne le sera pas tant que le conflit entre la famille de Mme Kazemi en Iran et sa famille au Canada ne sera pas résolu. Il réitère cependant qu'aucune brouille familiale ne l'oppose à sa grand-mère, qui vit en Iran. Selon lui, ils souhaitent tous deux que la dépouille de Zahra Kazemi soit rapatriée au Canada.

Mardi, l'agence de presse officielle iranienne avait annonçé que Mme Kazemi n'avait pas été inhumée, contrairement aux affirmations précédentes des autorités. L'agence avait, en outre, précisé qu'une autopsie avait été pratiquée dès son décès, soit vendredi dernier, et que les résultats avaient été transmis à l'équipe ministérielle chargée par le président Khatami de faire la lumière dans cette affaire.

Néanmoins, l'ambassadeur du Canada à Téhéran, Philip MacKinnon, a affirmé ne pas avoir eu accès aux résultats de cette autopsie. Quant au vice-premier ministre canadien, John Manley, il avait demandé que la dépouille soit rapatriée et exigé des explications. Le fils de Mme Kazemi réclame depuis la mort de sa mère que la lumière soit faite sur sa mort.

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