•  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

Les Canadiens ont plus soif de pétrole que jamais

Des employés d'un concessionnaire font reluire une camionnette toute neuve.
Les ventes de camionnettes et de VUS ont explosé ces dernières années au Canada. Photo: Reuters / Rebecca Cook
Radio-Canada

Malgré la hausse constante des prix de l'essence à la pompe, les ventes de carburant de Pétro-Canada ont fracassé des records en 2017, stimulées par une demande qui ne faiblit pas et des ventes de gros véhicules qui explosent au pays.

Malgré un litre d’essence qui frôle 1,50 $ au Québec et, surtout, 1,61 $ à Vancouver – un record jamais atteint jusqu’ici en Amérique du Nord –, la consommation de carburant des Canadiens ne fléchit pas, si on en croit les records de vente d'essence enregistrés au pays l'an dernier.

Globalement, le prix moyen du litre d’essence ordinaire a bondi de 20 ¢ au Canada ces trois derniers mois, une tendance qui devrait se poursuivre cet été, selon les analystes.

Cette augmentation constante des ventes d’essence au pays est étroitement liée à l’appétit des consommateurs pour les véhicules utilitaires sport (VUS) et les camions, dont les ventes ont atteint des records en 2017, alors que celles des véhicules plus petits ont atteint leur niveau le plus bas depuis 1964.

Les ventes de VUS explosent

Selon des statistiques compilées en janvier par la firme DesRosiers Automotive Consultants, les ventes de véhicules automobiles légers ont bondi de 4,6 % au Canada, en 2017, pour un total de plus de 2 millions de véhicules vendus. Un record.

De ce nombre, les camions et VUS représentaient 68 % des ventes. Il s’agit de la huitième année consécutive de croissance des ventes automobiles au Canada.

Les pétrolières font des affaires d'or

Un homme fait le plein d'essenceLe plein d'essence Photo : Radio-Canada

Il s’agit certes de bonnes nouvelles pour Suncor, la société mère de Petro-Canada, qui a annoncé mercredi un volume de ventes record pour ses activités de détail et de gros au Canada.

Même si les conducteurs se plaignent de l’augmentation constante de leur facture de carburant, ils ne montrent aucun signe tangible de changement dans leurs habitudes de consommation, constate la pétrolière.

« Nous ne le voyons pas pour l'instant. La demande des clients continue d'être robuste », a déclaré Steve Williams, chef de la direction de Suncor à la sortie de l'assemblée générale annuelle de l'entreprise, à Calgary.

Selon Steve Williams, il est à prévoir que les consommateurs réagiront lorsque les prix franchiront un certain seuil, mais visiblement, ce jour n’est pas encore arrivé, constate le PDG.

Les Canadiens pas prêts à changer leurs habitudes

Congestion sur le pont Jacques-CartierCongestion sur le pont Jacques-Cartier Photo : Radio-Canada / Simon-Marc Charron

Qui plus est, lorsque les conducteurs décident de réduire leur consommation, ce n’est généralement que pour une courte période de temps, comme le démontrent les données de consommation – qui ont à peine bougé lorsque les prix du pétrole ont atteint des sommets, entre 2012 et 2016.

« L'une des choses que nous avons observées est que les consommateurs changent leurs habitudes pendant environ trois mois lorsque le prix de l'essence augmente, explique Rebecca Lindland, analyste automobile à Kelley Blue Book, une société d'évaluation de véhicules établie à Irvine, en Californie.

« Alors, ils iront dans un véhicule plus petit, mais après environ trois mois, les gens recommencent à acheter de plus grosses voitures. Et ils achètent une voiture qui répond à leurs besoins et leurs désirs à long terme, par opposition à la douleur à court terme de payer un peu plus cher à la pompe », poursuit Rebecca Lindland.

Et il n’y a pas que les Canadiens qui ont de plus en plus soif d’essence.

Les prix du brut en progression constante

Une étude démontre que les conditions météorologiques influencent les performances boursières.Une étude démontre que les conditions météorologiques influencent les performances boursières. Photo : getty images/istockphoto / scyther5

Propulsé par une demande croissante, le baril de pétrole brut américain (West Texas Intermediate) s’échangeait à plus de 68 $ US, jeudi matin, tandis que le Brent européen oscillait autour de 73 $ US.

L'industrie pétrolière ne semble pas s’inquiéter outre mesure de la flambée des prix à la pompe et de l’augmentation du prix du pétrole brut.

« J'entends les gens commencer à parler de ce qui se passera si nous arrivons à 80 $ ou 90 $ sur le Brent. Quel effet cela aura-t-il sur la demande? Ce n'est pas encore clair à ce stade », indique Martin King, analyste des produits de base à GMP FirstEnergy, une banque d'investissement dans le secteur de l'énergie située à Calgary.

À l'heure actuelle, l'établissement des prix à 70 $, peut-être 80 $, peut-être même 90 $, n'aura probablement pas de répercussions importantes sur la demande, simplement parce que les revenus [des ménages] ont tellement augmenté au cours des 10 dernières années, depuis la grande récession.

Martin King, analyste des produits de base chez GMP FirstEnergy

Et les prix à la pompe devraient quant à eux continuer leur ascension au Canada, avec le pétrole brut à son plus haut niveau en trois ans sur les marchés, un dollar canadien qui flotte autour de 75¢ US et une demande en carburant déjà robuste qui sera bientôt stimulée davantage par la période de conduite estivale et les vacances approchant à grands pas.

Avec les informations de CBC

Industrie pétrolière

Économie