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  • Exclusif
  • Desmond Cole et Black Lives Matter surveillés par la police

    Rodney Diverlus, left, of Black Lives Matter Toronto, speaks at a news conference to discuss the Pride Parade controversy in Toronto on Thursday July 7, 2016. THE CANADIAN PRESS/Christopher Katsarov
    Rodney et Pascale Diverlus, les co-fondateurs de Black Lives Matter Toronto Photo: La Presse canadienne / Christopher Katsarov
    Radio-Canada

    CBC/Radio-Canada a obtenu des documents en vertu de la Loi sur l'accès à l'information qui montrent que l'unité de surveillance de la Police de Toronto a entre autres surveillé le « ton et la rhétorique » du chroniqueur et militant Desmond Cole.

    Un texte de Natasha MacDonald-Dupuis

    Plusieurs sections ont été expurgées, mais les courriels et les notes de surveillance révèlent aussi que les détectives ont compilé de l’information sur les activités de Black Lives Matter en 2016, lorsque le groupe a campé devant le quartier général de la police pour dénoncer la mort d’Andrew Loku, un Noir abattu lors d'une intervention policière.

    Un policier dit essentiellement qu'il écoute desmond cole et son émission de radio et fait des commentaires sur le ton et la rhétorique de coleAgrandir l’imageUn extrait d'un courriel envoyé par un détective au renseignement à une cinquantaine de policiers de Toronto le 22 mars 2016 Photo : Police de Toronto

    Desmond Cole est en ondes sur la radio Newstalk 1010 en ce moment et il parle de fusillades policières. Son ton et sa rhétorique n’ont pas changé.

    Le détective au renseignement Scott Whittemore

    Dans leurs échanges, les détectives au renseignement se préoccupent de l’image négative véhiculée par BLM sur les médias sociaux envers le corps policier, après que des agents eurent démantelé leur camp de force.

    La publication invite les gens à venir protesterUn extrait d'un rapport d'une agente de renseignement, qui compile des publications de différents membres de Black Lives Matter sur les réseaux sociaux Photo : Police de Toronto

    « Parmis les termes qu’ils (Black Lives Matter) utilisent pour décrire les policiers, on retrouve « policiers du Klu Klux Klan ». [...] Le plus inquiétant, c’est que les organisateurs demandent à leurs membres de se masquer », s’inquiète le détective Scott Whittemore dans un courriel en date du 22 mars 2016.

    La police est plus préoccupée par les relations publiques que par le comportement de ses agents.

    Desmond Cole, journaliste et militant pour les droits des noirs

    Les policiers compilent aussi des données sur les déclarations des organisateurs faites sur leur compte Facebook personnel et à la télévision. Ils soulèvent parfois des préoccupations quant à la sécurité publique, comme le fait que les manifestants se réchauffent à l'aide de feux.

    « C’est une honte. Nous avons le droit de nous rassembler, de communiquer et de nous battre pour nos droits sans être surveillés et ciblés », s’indigne la cofondatrice de Black Lives Matter Toronto, Pascale Diverlus, qui ajoute que c’est une technique d’intimidation historiquement utilisée par la police contre la communauté noire.

    Protesters chant out front of the Toronto Police Headquarters in Toronto on Monday, March 21, 2016. A group of Black Lives Matter protesters have set up to occupy a space in front of Toronto Police HQ after the Special Investigations Unit cleared a Toronto police officer of any wrongdoing in the shooting death of 45-year-old Andrew Loku from this past July. THE CANADIAN PRESS/Cole BurstonDes membres du groupe Black Lives Matter ont campé devant le quartier général de la police pour dénoncer la mort d’Andrew Loku en 2016 Photo : La Presse canadienne / COLE BURSTON

    Surveillance ou relations publiques?

    La directrice de l’Association canadienne des libertés civiles, Noa Mendelsohn, s’inquiète de voir des ressources de l’unité du renseignement être déployées pour surveiller des militants pacifiques.

    « Je suis perplexe, je ne comprends pas pourquoi les policiers ont besoin de compiler ce genre d’information », dit-elle. Le langage employé par les détectives sous-entend aussi une « criminalisation de la dissidence », selon elle. « J’ai déjà entendu le terme « criminel notoire », mais jamais « militant notoire. »

    Elle dénonce aussi que plusieurs courriels et rapports préparés par des détectives se penchent sur les effets des déclarations de Black Lives Matter et de Desmond Cole sur l’image publique de la police. « S’ils sont préoccupés par leur réputation, c’est un dossier pour leurs agents de relations publiques ».

    Un homme noir qui lit des documentsDesmond Cole se désole que des fonds publics aient été dépensés pour le surveiller Photo : Radio-Canada / Dean Gariépy

    Pour sa part, Desmond Cole se désole que des fonds publics aient été dépensés pour le surveiller, alors qu’il se bat pour la liberté de parole. « Ce n’est pas normal, mais ce n’est pas étonnant du tout, parce que mon travail remet en cause l’autorité des policiers et met en lumière leurs lacunes. Ça leur fait peur. Être Noir, c’est criminel », dit-il.

    Pas d’entrevue

    La Police de Toronto n’a pas voulu nous accorder d'entrevue devant la caméra à ce sujet. Par courriel, une porte-parole précise que son service de renseignement compile et analyse toutes sortes d’activités et d’événements.

    Elle dit aussi qu’elle ne peut commenter les « autres rapports ou méthodes de surveillance » qui pourraient être utilisés envers BLM ou Desmond Cole.

    Avec la collaboration de Trevor Dunn et Stephen Davis

    Forces de l'ordre

    Société