•  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

Cambridge Analytica ferme ses portes et déclare faillite

Le panneau annonçant les bureaux de Cambridge Analytica.

La firme est empêtrée dans un scandale, après que les détails de sa collaboration avec la campagne présidentielle de Donald Trump eurent été révélés.

Photo : Reuters / Henry Nicholls

Radio-Canada

L'entreprise d'analyse de données Cambridge Analytica a annoncé mercredi après-midi qu'elle déclarait faillite et cessait « immédiatement toutes ses opérations ». Elle avait notamment accédé aux données de 87 millions d'utilisateurs du réseau social Facebook à leur insu, dont environ 622 000 Canadiens.

L'entreprise était à la source d’un scandale de divulgation de données provenant de Facebook, utilisées pour bâtir un programme informatique permettant de prédire et d’influencer le choix des électeurs américains pour la présidentielle de 2016.

Selon le Wall Street Journal, la décision a été prise en raison de la perte de nombreux clients depuis le scandale, et des frais juridiques de plus en plus élevés dans l'enquête sur Facebook. La société mère de Cambridge Analytica, SCL Elections, ferme ses portes également.

« La couverture médiatique a fait fuir pratiquement tous les clients et fournisseurs de la société », a indiqué l'entreprise dans un communiqué.

Aux murs, des oeuvres d'art cubistes sont affichées. Devant les écrans d'ordinateur, restent des chaises vides.Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Une personne travaille encore dans les bureaux vides de Cambridge Analytica à Washington, aux États-Unis.

Photo : Reuters / Leah Millis

À la suite du scandale, Facebook avait annoncé avoir resserré le contrôle des données confidentielles.

En mars dernier, la firme avait déjà relevé de ses fonctions son directeur général, Alexander Nix.

Au cours des derniers mois, Cambridge Analytica a été l'objet de nombreuses accusations sans fondement et, malgré les efforts de l'entreprise pour corriger le tir, elle a été diffamée pour des activités non seulement légales, mais également acceptées comme des éléments normaux de la publicité en ligne dans les domaines politiques et commerciaux.

Le communiqué de Cambridge Analytica

La mise en faillite de l'entreprise n'empêchera pas la justice britannique d'enquêter.

Je pense qu'il est absolument essentiel que la fermeture de ces entreprises ne soit pas utilisée comme une excuse pour essayer de limiter ou de restreindre la capacité des autorités à enquêter sur ce qu'elles étaient en train de faire.

Damian Collins, député britannique et président du comité Numérique, Culture, Médias et Sports, au Parlement britannique

Cambridge Analytica a déclaré s'être engagée à collaborer à l'enquête britannique au sujet de Facebook et de la façon dont le réseau social utilise les données de ses utilisateurs. Mais la commissaire britannique à l'information, Elizabeth Denham, a indiqué en mars que Cambridge Analytica n'avait pas respecté un échéancier pour fournir certaines informations qui lui étaient demandées.

Plus tôt dans la journée de mercredi, Chris Vickery, un expert en cybersécurité, a présenté des preuves au Parlement britannique qui indiquent qu'il existerait un lien entre Cambridge Analytica et AggregateIQ, une entreprise canadienne d'analyse de données, à qui Facebook a aussi interdit d'utiliser sa plateforme.

Il a avancé qu'AggregateIQ avait travaillé avec des groupes variés pro-Brexit durant la campagne pour la sortie du Royaume-Uni de l'Union européenne. L'entreprise a démenti avoir un lien avec Cambridge Analytica, ou sa société mère SCL, ou encore avoir obtenu frauduleusement des données de Facebook.

De possibles liens avec la Russie

Cambridge Analytica a été créée en 2013 avec l'apport de 15 millions de dollars du donateur républicain Robert Mercer. Selon le New York Times, le nom de l’entreprise a été choisi par l’ex-conseiller à la Maison-Blanche Steve Bannon. Ce dernier est également un ancien vice-président de la firme. Elle a été connue pour son travail avec l’équipe de Donald Trump. La société a aussi travaillé avec d’autres candidats républicains, comme Ted Cruz ou Ben Carson.

Steve Bannon prend la parole sur une scène, tenant un micro et levant le doigt.Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Steve Bannon, ancien conseiller de Donald Trump, lors d'un événement en octobre 2017.

Photo : Reuters / Mary Calvert

Le procureur spécial Robert Mueller, qui enquête sur les soupçons de collusion entre les autorités russes et les membres de la campagne de Donald Trump, a demandé à M. Bannon de fournir des documents internes sur la façon dont ces données et analyses ont été utilisées dans la campagne de l'actuel président. M. Mueller veut savoir si le renseignement russe a utilisé les données de Cambridge Analytica pour l'aider à cibler les anti-Hillary Clinton et les pro-Trump.

Avec les informations de Agence France-Presse, Wall Street Journal, Reuters, et BBC

Vos commentaires

Veuillez noter que Radio-Canada ne cautionne pas les opinions exprimées. Vos commentaires seront modérés, et publiés s’ils respectent la nétiquette. Bonne discussion !

Politique américaine

International