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Encore trop peu de main-d'oeuvre spécialisée en région

L'UQAC.

L'UQAC

Photo : Radio-Canada / Martin Thibault

Radio-Canada

Alors que les travailleurs spécialisés sont parfois difficiles à recruter en région, Gelareh Momen et Reza Jarari, qui forment un couple, se sont retrouvés en compétition l'un contre l'autre pour décrocher un poste de professeur en sciences appliquées à l'Université du Québec à Chicoutimi (UQAC).

Un texte de Chu Anh Pham

« En fin de compte, c’est Gelareh qui a obtenu le poste. Moi, je suis professeur, mais ce n’est pas un poste permanent comme elle », confie le mari de 42 ans avec un grand fou rire.

Le couple iranien, rencontré dans le cadre du Mois du patrimoine asiatique, est arrivé au Canada en 2008, puis s’est installé à Saguenay en 2016.

Ces deux spécialistes ont voulu s'établir dans la région en raison du Centre international de recherche sur le givrage atmosphérique et l’ingénierie des réseaux électriques (CENGIVRE), dont la création remonte à 1974 et qui a pris un nouvel essor à la suite de la crise du verglas de 1998.

Gelareh Momen donne un cours à l'UQAC.Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Gelareh Momen donne un cours à l'UQAC.

Photo : Radio-Canada / Martin Thibault

« C’est unique dans le monde. C’est connu au niveau de l’international. Le givrage est un domaine qui est très demandé, surtout pour un pays à climat froid comme le Canada », s’émerveille la chercheuse de 39 ans.

Le laboratoire développe des surfaces qui ont des propriétés glaciophobes, c’est-à-dire que la glace n’y adhère pas ou qu’elle peut s’enlever beaucoup plus facilement comparativement à des surfaces régulières.

L'UQAC.Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

L'UQAC

Photo : Radio-Canada / Martin Thibault

Moi, toujours, ma passion c’était la recherche et l’enseignement. Je voulais surtout être en contact avec des étudiants et faire la recherche dans le domaine du givrage.

Gelareh Momen

Dans le cadre du Mois du patrimoine asiatique, nous présentons chaque jeudi de mai un reportage pour mettre en valeur des travailleurs issus des communautés asiatiques, en abordant différents enjeux de société canadiens.

Difficile de faire le bilan de tous les efforts déployés pour attirer la main-d’œuvre en région, puisque chacune d’elles établit ses propres priorités par l’entremise de la Commission des partenaires du marché du travail – une instance de concertation qui regroupe des représentants des employeurs, de la main-d’œuvre, du milieu de l’enseignement, des organismes communautaires et d’organismes gouvernementaux.

N’empêche, dans le dernier budget du gouvernement du Québec, dans lequel 800 millions de dollars sur cinq ans sont consacrés à la main-d’œuvre, deux mesures spécifiques ont été ajoutées :

  • 21,5 millions de dollars pour améliorer la connaissance des besoins de main-d’œuvre dans toutes les régions;
  • 24,3 millions pour améliorer l’offre de formation selon les besoins régionaux et la mobilité interrégionale des élèves en formation.

Les défis

Au centre de recherche, Reza supervise ses étudiants à la maîtrise et au doctorat, dont certains arrivent directement de l’Université de Téhéran. Persan, français, anglais, toutes les langues se chevauchent.

Pour attirer des étudiants étrangers, l’UQAC leur offre une exemption de droits de scolarité pour le doctorat. « L’un des enjeux, ça reste toujours d’avoir des étudiants », explique Gelareh, dont le cours d’analyse énergétique de systèmes, le vendredi matin, n’est composé que d’étudiants français.

Même si l’UQAC ne bénéficie pas de la même notoriété que celle de l’Université McGill pour la recherche, les chercheurs bénéficient de beaucoup de liberté et de flexibilité. « Si j’étais le ministre, je favoriserais les universités de grandeur moyenne, comme vous dites, pour leur donner encore plus de chance », poursuit celle qui a décroché un montant de 450 000 $ l’an dernier du Conseil de recherches en sciences naturelles et en génie du Canada (CRSGN).

Le Saguenay–Lac-Saint-Jean accapare 3 % du poids économique du Québec. Parmi ses 130 000 emplois, plus des trois quarts sont dans le secteur des services, comparativement au secteur de la production de biens. La santé et le commerce regroupent à eux seuls 42 500 postes; l’enseignement, 8500.

Même si Saguenay est d’abord et avant tout un choix professionnel, l’avantage pour la vie familiale est aussi incontournable. « La première fois que j’ai visité Saguenay, en août 2008, j’ai dit à Gelareh : « C’est comme une carte postale ici. C’est beau, c’est magnifique! », se rappelle encore le papa.

La famille Momen-Jarari à la table.Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

La famille Momen-Jarari à la table

Photo : Radio-Canada / Martin Thibault

Le couple a deux enfants. Sarina a 11 ans et est née en France où ses parents étudiaient à l’Université Pierre-et-Marie-Curie. Kian, 9 ans, est né à l’Hôpital de Chicoutimi au moment où sa mère faisait son postdoctorat. « Pour la vie de famille, c’est une région où on peut avoir plus de temps avec les enfants. C’est une belle ville pour élever les enfants. Les gens sont chaleureux et accueillants », explique la maman.

La ville de Chicoutimi.Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

La ville de Chicoutimi

Photo : Radio-Canada / Martin Thibault

Même s’ils habitent l’arrondissement de Chicoutimi, les deux enfants étudient dans une école de l’arrondissement La Baie en raison de sa spécialisation… en espagnol!

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