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Des blocs de béton pour protéger la rue Sainte-Catherine dans sa partie piétonne

Des barrières devant la rue Sainte-Catherine

Des blocs de béton vont être installés à l'entrée de la rue Sainte-Catherine, au croisement de l'avenue Papineau et à l'angle de la rue Saint-Hubert.

Photo : Radio-Canada / Romain Schué

Radio-Canada

Quelques jours après l'attaque au véhicule-bélier qui a frappé le centre-ville de Toronto, Montréal se prépare à mettre en place des mesures de sécurité pour la rue Sainte-Catherine Est, dans le Village. Celle-ci va devenir entièrement piétonne jusqu'à la fin du mois de septembre. Comme l'an passé, des blocs de béton vont être mis en place.

Un texte de Romain Schué (Nouvelle fenêtre)

Ces derniers seront installés dès jeudi matin, aux deux extrémités du tronçon de cette artère commerciale qui sera piétonnisé jusqu’au 28 septembre.

Des boîtes noires dissimuleront ces blocs, chargés de contrer toute tentative d’intrusion d’un véhicule, qui seront situés aux croisements avec l’avenue Papineau et la rue Saint-Hubert. Ces boîtes ont vu le jour l’an passé, après les drames de Nice et de Barcelone.

Cette année, malgré la tragédie survenue rue Yonge à Toronto, Montréal a décidé de maintenir des mesures de sécurité identiques. « Pour le moment, il n’y a pas lieu de monter le niveau d’alerte ou de sécurité à Montréal », explique Nathalie Goulet, responsable des dossiers de sécurité au sein de l’administration de Valérie Plante.

Je voudrais rassurer la population. Toutes les mesures de sécurité physique appropriées vont être mises en place.

Nathalie Goulet, membre du comité exécutif

Guy Ryan, ancien inspecteur du Service de police de la Ville de Montréal (SPVM), approuve cette décision de la métropole. « La menace n’est pas plus élevée, alors il est normal de garder ces mêmes mesures, indique-t-il. Les forces de l’ordre évaluent constamment le niveau de la menace et si jamais ce niveau augmente, il y aura automatiquement des mesures plus sévères. »

Être plus « prudent »

L'entrée de la rue Sainte-Catherine

Aucun bloc de béton ne sera mis en place dans les axes nord et sud de la rue Sainte-Catherine afin de permettre aux véhicules d'urgence de passer.

Photo : Radio-Canada / Romain Schué

S'il est prévu de protéger fortement l'entrée de cette partie piétonne de la rue Sainte-Catherine, ce ne sera pas le cas des rues perpendiculaires. Aucun bloc de béton ne sera installé aux axes nord-sud. La raison invoquée? Le passage des véhicules d’urgence et des camions de livraison pour les commerçants et restaurateurs de l’artère, qui peuvent circuler entre 7 h et 10 h, du lundi au vendredi.

Des poteaux amovibles seront néanmoins mis en place, avec des barrières. Ces derniers pourront ralentir toute intrusion non désirée, prévient la Ville.

Se disant marqué par le drame torontois, Éric Pineault, le président de Fierté Montréal qui organise, à la fin de l’été, son traditionnel défilé dans les rues du centre-ville, avance que ce serait « peut-être le bon moment » de revoir les mesures de sécurité dans la métropole.

« De nos jours, il vaut mieux être prudent et prévoyant, explique-t-il. On pourrait avoir une nouvelle réflexion, mettre plus de barricades. »

Ne pas « virer fou »

Le président de la Société de développement commercial du Village, Denis Brossard, se montre plus pragmatique. Si l’attaque de Toronto « amène un degré émotif un peu plus élevé [...] la clef n’est pas de tout empêcher, mais de réagir rapidement à une situation », avance-t-il.

« Avoir 100 % de paix et de tranquillité de l’esprit, c’est impossible », ajoute-t-il, en disant faire confiance au travail des policiers, tout en reconnaissant avoir modifié son propre comportement depuis quelques mois.

Quand je vais à des rassemblements de masse, ça fait partie de mes réflexes de me demander où je vais s’il arrive quelque chose. Je le fais ici, à Paris et partout en voyage, sans paniquer pour autant.

Denis Brossard, président de la SDC du Village

Jean-Sébastien Boudreault, avocat et vice-président de la Fierté, abonde dans le même sens et refuse « de virer fou ».

« On ne doit pas devenir un état policier où les gens auront peur d’aller sur Sainte-Catherine, dit-il. On touche du bois, rien n’est encore arrivé chez nous et on reste vigilant. Mais la rue ne doit pas devenir un bunker. »

Du côté de Tourisme Montréal, on affirme ne pas avoir « d'inquiétude » particulière. « Montréal est reconnue à l'international comme une destination sécuritaire, affirme Andrée-Anne Pelletier, responsable des relations publiques de l'organisme. On aimerait que ça reste ainsi et on fait confiance aux autorités. »

Montréal a également prévu « d'autres mesures antiterroristes » pour cette rue piétonne, mais « compte tenu de la nature stratégique » de celles-ci, aucun détail ne peut être dévoilé, précise la Ville.

Grand Montréal

Prévention et sécurité