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  • 2003 : un plan fédéral qui enflamme la Péninsule acadienne

    On voit une carte du Nouveau-Brunswick.  Les villes de Moncton et de Shippagan sont indiquées.  En haut de la carte on voit écrit "Quotas de crabe: conflit au Nouveau-Brunswick".
    En 2003, une décision du gouvernement fédéral d'abaisser et de redistribuer les quotas de pêche de crabe enflamme la Péninsule acadienne Photo: Radio-Canada
    Radio-Canada

    La tension provoque des émeutes en ce début mai 2003 dans la Péninsule acadienne. Le gouvernement fédéral vient d'annoncer une baisse et une redistribution des quotas de pêche de crabe qui suscitent beaucoup de mécontentement. Nos journalistes ont documenté l'agitation qui a découlé de cette décision. À Shippagan, notamment, où des crabiers excédés brûlent des infrastructures de pêche.

    Depuis plusieurs années, les pêcheurs acadiens voient leur avenir menacé par la disparition des espèces profitables. Il n’y a presque plus de harengs ni de maquereaux dans les eaux de la Péninsule. Seul le crabe demeure suffisant et rentable. Mais ses quantités s’épuisent elles aussi.

    À Ottawa, Robert Thibault, ministre des Pêches et des Océans, tranche. Il diminue les quotas de 22 000 à 17 000 tonnes métriques pour les crabiers. Simultanément, Robert Thibault accorde de manière permanente 15 % du total autorisé des prises de crabe aux pêcheurs côtiers et autochtones. Le geste du gouvernement fédéral est ressenti comme une gifle par plusieurs pêcheurs de la Péninsule acadienne.

    Les journalistes de Radio-Canada assistent à la montée de la réaction à cette décision du ministre fédéral. Le 3 mai 2003, le journaliste Denis-Martin Chabot explique le bilan des violences qui ont eu lieu à Shippagan à l’animatrice Michäelle Jean du Téléjournal. Quatre bateaux, une usine de transformation, un entrepôt et plusieurs casiers sont incendiés.

    C’est un euphémisme de dire que le choix de Robert Thibault a été très mal accueilli par plusieurs pêcheurs. Pour certains crabiers, cela signifie une perte de revenu potentielle de 400 000 dollars. C’est la survie de plusieurs familles qui serait menacée.

    Le 4 mai 2003, le journaliste Daniel Poirier interviewe pour l’émission L’Atlantique ce soir des citoyens de Shippagan. Plusieurs approuvent les actions violentes. Comment peut-on réagir autrement à l’absence d’écoute et à l’injustice commise par Ottawa envers les pêcheurs acadiens?

    T’es collé au mur quand tu perds ton gagne-pain. Il faut que tu fasses quelque chose. Si tu as des enfants à nourrir, il faut que tu fasses quelque chose.

    Un résident de Shippagan

    Si les preuves physiques de ces événements ont été enlevées, des traces sont demeurées dans le cœur de certains. Quant aux gouvernements, la vive réaction des pêcheurs acadiens montre à quel point il est difficile de satisfaire les uns et les autres lorsque les ressources vitales d’une région s’amenuisent.

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