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Les femmes enceintes devraient éviter le cannabis, selon les gynécologues

Un vendeur pèse des cocottes séchées de cannabis sur un petit appareil électronique.

La Société des obstétriciens et gynécologues du Canada a lancé un avertissement aux femmes enceintes et en âge de procréer en leur conseillant de ne pas consommer de cannabis, car sa substance active peut pénétrer dans le placenta et le lait maternel.

Photo : Getty Images / Frederic J. Brown

Radio-Canada

La légalisation du cannabis pourrait augmenter les cas de naissances prématurées et de bébés de faible poids en Alberta, selon des experts en santé.

La province a le plus haut taux du pays dans ces deux catégories, selon l’Institut canadien d’information sur la santé. Ces statistiques ont peu bougé depuis des années, malgré les efforts des professionnels de la santé pour améliorer la santé des mères et des enfants, selon Duncan McCubbin, obstétricien à Medecine Hat.

Selon lui, le cannabis est décrit comme étant sécuritaire, ce qui pourrait encourager plus de femmes à en consommer durant leur grossesse une fois qu'il sera légalisé.

Je suis extrêmement inquiet pour les bébés et les bébés prématurés de la prochaine génération, qui vont naître dans les 5 à 10 prochaines années en Alberta.

Dr Duncan McCubbin, obstétricien

La recherche sur la sécurité médicale du cannabis pour les femmes enceintes et leurs bébés n’a pas subi le test des études randomisées.

Aucune étude randomisée n’a été réalisée sur la sécurité médicale du cannabis pour les femmes enceintes et leurs enfants, un standard dans la recherche médicale. De plus, il serait difficile sur le plan éthique de réaliser ces tests en évitant les conséquences néfastes pour les participantes et leur foetus, selon le Dr McCubbin.

Une étude randomisée en double aveugle est une étude dans laquelle les participants sont répartis au hasard entre le groupe contrôle, qui reçoit un placebo, et le groupe test, qui se soumet à la véritable condition de l’étude. Les participants et les chercheurs ne savent pas à quel groupe chaque participant appartient, afin de réduire l’influence de la connaissance de cette information sur les résultats de l’étude.

Un manque de preuves

Ce manque de preuves ne signifie pas que le cannabis soit sécuritaire. Des études ont démontré que la consommation de cannabis pourrait causer du tort aux femmes enceintes et
à leur enfant. « Nous n’avons pas encore réussi à résoudre le problème des bébés prématurés, mais nous connaissons les facteurs de risque, comme le fait de fumer ou un statut socioéconomique plus bas », indique le Dr Duncan McCubbin. « Nous n’avons pas encore obtenu la preuve que le cannabis aggrave la situation. »

Photo : iStock / tatyana_tomsickova

La Société des obstétriciens et gynécologues du Canada lance une mise en garde à l'intention des personnes en âge de procréer et les femmes enceintes ou qui allaitent.

Selon l’organisation, la composante psychoactive du cannabis, le THC, peut pénétrer dans le placenta et le lait maternel, qui nourrissent les foetus et les bébés. Des études ont démontré que cela pourrait causer des problèmes, comme une naissance prématurée, un faible poids à la naissance, un test de quotient intellectuel plus bas, de l’impulsivité et de l’hyperactivité durant l’enfance.

Jacqueline Smith, professeure adjointe en infirmerie à l’Université de Calgary, étudie l’effet du cannabis sur les adolescents et les jeunes adultes. Elle cite une étude britannique qui démontre des liens entre l’exposition des foetus au cannabis dans l’utérus et un poids plus faible à la naissance.

Selon elle, la consommation accrue de cannabis par les femmes enceintes pourrait accentuer ce problème en Alberta. La province a déjà l’un des plus hauts taux de tabagisme du pays. Des études ont prouvé que la fumée de cigarette diminue la taille du placenta en vieillissant prématurément cet organe, dont le foetus dépend pour se nourrir.

« C’est comme un filtre. Les foetus qui n’ont pas un bon placenta ne grandissent pas. Ils sont plus petits qu’ils ne devraient l’être », affirme le Dr McCubbin.

Vue rapprochée de la bouche d'une personne qui fume une cigarette et laisse échapper un peu de fumée

Une étude britannique a conclu que l'exposition des fétus au cannabis dans l'utérus est liée à un poids plus bas à la naissance.

Photo : David Donnelly

Tirer les leçons du passé

L’obstétricien rappelle que, dans le passé, les experts en santé croyaient que l’alcool et la thalidomide étaient de bons traitements contre les naissances prématurées.

Cependant, la thalidomide a causé des problèmes de santé et des déformations graves chez les enfants, tandis que la consommation d’alcool durant la grossesse peut causer le syndrome de l’alcoolisme foetal.

« Nous avons découvert que ce ne sont pas de bonnes options. Alors, les pessimistes diront que la consommation de cannabis durant la grossesse pourrait causer le même genre de désastre pour la prochaine génération d’enfants », affirme le Dr McCubbin. Il vaut donc mieux être plus prudent et éviter d’en consommer, selon lui.

Jacqueline Smith et le Dr McCubbin espèrent tous deux qu’une partie des fonds générés par la vente de cannabis sera redirigée vers la recherche en santé.

D'après les informations de Jennifer Lee, CBC News.

Alberta

Drogues et stupéfiants