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Plus de 90 % de la population mondiale respire de l'air pollué, prévient l’OMS

Un commerçant dans les rues de Lahore au Pakistan, où la pollution atteint des niveaux dangereux.
Un commerçant dans les rues de Lahore au Pakistan, où la pollution atteint des niveaux dangereux. Photo: Associated Press / K.M. Chaudary

Le niveau de pollution de l'air demeure « dangereusement élevé » sur Terre, selon l'Organisation mondiale de la santé(OMS) qui estime que 9 humains sur 10 respirent un air pollué qui cause plus de 7 millions de morts par an dans le monde.

Un texte de Stéphane Bordeleau

D'après des données recueillies par l'OMS dans 4300 villes réparties dans 108 pays, la pollution atmosphérique mondiale est demeurée élevée, mais plus ou moins stable, au cours des six dernières années, avec des concentrations en baisse observées dans certaines régions d'Europe et des Amériques, notamment.

« Neuf personnes sur dix respirent de l'air contenant des niveaux élevés de polluants », prévient l'agence de l'ONU, qui souligne que ces chiffres demeurent inchangés d'une année à l'autre. Et comme c'est souvent le cas, ce sont les populations les plus vulnérables qui sont davantage exposées aux polluants.

La pollution de l'air nous menace tous, mais ce sont les personnes les plus pauvres et les plus marginalisées qui portent le poids du fardeau.

Dr Tedros Adhanom Ghebreyesus, directeur général de l'Organisation mondiale de la santé

7 millions de morts par année

Des passants plongés dans le smogLa pollution de l’air à Pékin contraint de nombreux habitants au port du masque Photo : Reuters / Jason Lee

D'après les estimations et les données recueillies par l'OMS, la pollution atmosphérique tue environ 7 millions de personnes chaque année dans le monde.

Plus de 90 % de ces décès se produisent dans les pays à revenus faibles ou moyens, principalement en Asie et en Afrique, souligne l'OMS, qui affirme avoir mesuré les niveaux de pollution les plus élevés au Moyen-Orient, en Afrique du Nord et en Asie du Sud-Est.

Carte des pays le plus pollués.Près de 7 millions de personnes meurent chaque année dans le monde de maladies provoquées par la pollution de l'air. Photo : Radio-Canada / Organisation mondiale de la santé

La cuisine et le chauffage

Outre les véhicules automobiles et l'industrie qui génèrent beaucoup de pollution, l'utilisation domestique de combustibles fossiles pour cuisiner et se chauffer demeure l'une des principales sources de pollution atmosphérique dans ces régions. L'incinération des déchets y pollue aussi beaucoup.

Il y a presque 40 % des gens qui n’ont pas encore accès à des combustibles propres pour cuisiner ou se réchauffer, alors ils utilisent des feux ouverts où on met du bois ou du charbon végétal qui sont très polluants.

Dre Maria Neira, Directrice du Département Santé publique, déterminants sociaux et environnementaux de la santé à l’OMS

« On ne peut pas accepter que plus de 3 milliards de personnes, surtout des femmes et des enfants, continuent de respirer tous les jours des fumées mortelles émises par des fourneaux et des combustibles polluants à l’intérieur de leurs habitations. Si nous n’agissons pas très vite, le développement durable restera une chimère », déplore le Dr Ghebreyesus.

« Les principales sources de pollution de l’air due aux particules fines comprennent l’utilisation inefficace de l’énergie par les ménages et les secteurs de l’industrie, de l’agriculture et des transports, ainsi que les centrales électriques au charbon », note le rapport de l'OMS.

L'activité humaine ne constitue cependant pas la seule source de pollution de l'air. Les tempêtes de sable, en particulier dans les régions situées à proximité d'un désert, ont aussi une influence sur la qualité de l'air, selon l'OMS.

Particules en suspension

Un homme se fraye un chemin avec son cheval à travers le brouillard de pollution qui s'abat sur la ville de Lahore, au Pakistan.Un homme se fraye un chemin avec son cheval à travers le brouillard de pollution qui s'abat sur la ville de Lahore, au Pakistan. Photo : Associated Press / K.M. Chaudary

Les principales substances responsables de la pollution de l'air à grande échelle sont essentiellement les particules fines en suspension dans l'air qui pénètrent profondément dans les poumons et dans le système cardiovasculaire des humains, causant des maladies comme des accidents vasculaires cérébraux, des problèmes cardiaques et des cancers du poumon.

Les concentrations de particules fines les plus surveillées par l’OMS comprennent le sulfate, les nitrates et le carbone noir, qui sont les polluants les plus dangereux pour la santé humaine.

Ces particules en suspension dans l'air et la fumée sont si abondantes dans certaines villes qu'elles obscurcissent le ciel et réduisent la visibilité même en plein jour sur de vastes superficies. L'an dernier, d'épais nuages de smog ont paralysé pendant plusieurs jours le Pakistan et tout le nord de l'Inde.

De nombreuses mégalopoles du monde entier présentent des résultats cinq fois supérieurs aux niveaux fixés par les lignes directrices de l’OMS pour la qualité de l'air.

Dre Maria Neira, Directrice du département Santé publique, déterminants sociaux et environnementaux de la santé à l’OMS

Conscients de l'ampleur du problème, de plus en plus de pays agissent pour tenter de réduire les concentrations de pollution atmosphérique sur leur territoire, constate l'OMS, qui souligne qu'au moins 1000 villes de plus qu'en 2016 se sont inscrites dans la base de données de l’OMS sur la qualité de l’air.

L'OMS souligne au passage des résultats encourageants obtenus à la suite d'efforts gouvernementaux notamment en Inde et au Mexique pour assainir l'air. Mais beaucoup de travail reste à faire, prévient l'OMS, qui rappelle que « la pollution de l’air ne connaît pas de frontières ».

Selon l'agence de l'ONU, seules des « mesures gouvernementales pérennes et coordonnées à tous les niveaux » permettront de réduire durablement la pollution atmosphérique à l'échelle planétaire.

Rectificatif

Dans une version précédente du texte, nous affirmions que la qualité de l’air continuait de se détériorer sur la Terre, or selon le rapport de l’OMS, la pollution de l’air demeure élevée sur la planète, mais ne s’est pas nécessairement aggravée. Nous avons rectifié le texte en conséquence.

Protection des écosystèmes

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