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Diplomation : l’Ontario fait mieux que le Québec pour le même prix

Le reportage d’Anne-Louise Despatie

Alors qu'au Québec le taux de diplomation aux études secondaires a plus ou moins stagné, nos voisins ontariens ont vu leur taux augmenter considérablement depuis une décennie. Pourtant, les dépenses par élève et la croissance du financement étaient sensiblement les mêmes durant ce laps de temps, selon une nouvelle étude de l'Institut du Québec obtenue par Radio-Canada.

Un texte de Mathieu Dion, correspondant parlementaire à Québec

Dans les écoles publiques secondaires, le taux de diplomation dans les délais prévus, soit à la cinquième année au Québec et à la douzième année en Ontario, était respectivement de 65 % et de 72 % en 2008, puis de 64 % et de 84 % en 2015.

« L’Ontario, pendant qu’elle faisait ses réformes, a réussi à s’améliorer de 12 points de pourcentage, pendant qu’au Québec on faisait du surplace », se désole Mia Homsy, directrice générale de l’Institut du Québec, issu d’une association entre le Conference Board du Canada et HEC Montréal en 2014.

Pourtant, en 2015, les dépenses globales par élève dans les établissements d’enseignement à un coût de la vie équivalent s’établissaient à 12 636 $ au Québec et à 13 236 $ en Ontario. Sous un autre angle, les dépenses consacrées à l’éducation primaire et secondaire représentaient 3,8 % du produit intérieur brut dans les deux provinces. De 2004 à 2014, les contributions destinées à l’enseignement et aux services éducatifs ont aussi connu une croissance identique de 14 %.

Entrevue avec Égide Royer, psychologue et professeur associé à la Faculté des sciences de l'éducation de l'Université Laval



Ces chiffres font croire à l’Institut du Québec que le problème du réseau québécois ne peut être lié uniquement à un manque de financement. « Injecter plus d’argent est une décision valable si et seulement si on mesure l’impact de ces investissements supplémentaires », écrivent les chercheurs.

Pour parvenir à cette conclusion, l’Institut du Québec a recoupé les plus récentes données, soit de 2015, de Statistique Canada, du Conseil des ministres d’Éducation du Canada, du ministère de l’Éducation du Québec et de l’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE). Notons toutefois que, depuis le début des années 2000, le Québec est en mode rattrapage, puisque ses dépenses avaient peu augmenté dans les années 80 et 90.

Un garçon sur deux

Seulement 51,4 % des garçons d’écoles publiques francophones obtiennent leur diplôme d’études secondaires dans le temps requis de cinq ans. Cette donnée exclut les certificats de qualification destinés aux jeunes en difficulté d’apprentissage.

Pourquoi l’Ontario fait-elle mieux?

À cette question, l’Institut du Québec n’offre cependant pas de réponses très élaborées. Les chercheurs évoquent un manque de transparence dans les données québécoises qui les empêchent de tirer des conclusions plus approfondies. « L’accès aux données est épouvantable », indique Mia Homsy.

L’étude évoque l’importance de non seulement investir davantage, mais de « mieux investir, c’est-à-dire revoir les façons de faire et d'évaluer l’efficacité et la pertinence des programmes » et « de se pencher sur les raisons qui expliquent les succès de la réforme ontarienne ».

Entrevue avec Mia Homsy, directrice de l'institut du Québec.

Le spécialiste en matière d’éducation, Égide Royer, renchérit : « On fait des choses basées sur des mythes pédagogiques ou des pressions de groupes d'intérêts. L’Ontario a ciblé ses dépenses en fonction de ce qui a le plus d’effet. »

Parmi les idées évoquées par l’Institut du Québec, il y a celles de rendre l’école obligatoire jusqu’à 18 ans et d’instaurer un ordre professionnel pour les enseignants, comme en Ontario. Lors du lancement de la Politique sur la réussite éducative en juin 2017, le gouvernement a déjà indiqué qu’il envisageait la possibilité d’implanter de telles mesures.

Égide Royer espère l’arrivée prochaine d’un institut d’excellence en éducation qui pourrait analyser de façon indépendante les programmes actuels et à venir, mais le ministre de l’Éducation, Sébastien Proulx, tarde toujours à le mettre sur pied.

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