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Le grand bouleversement de l’industrie de la conserve

La boîte est ouverte et renversée sur le côté.

Une boîte de conserve en métal

Photo : Pixabay/DutchAir

Radio-Canada

Influencée par les avancements technologiques et les tendances alimentaires, l'industrie de l'alimentation ne cesse d'innover, de s'adapter afin de répondre aux exigences des consommateurs.

Un texte de Marie-Michelle Lauzon

Populaire et bien visible dans les épiceries, la conserve est un produit bien implanté dans nos habitudes alimentaires depuis plus d’un siècle. Mais l’industrie de la petite boîte métallique est aux prises avec de grands changements.

Des dizaines de boîtes de toutes les couleurs parfaitement alignées.Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Des boites de conserves en métal dans un rayon de supermarché

Photo : Pixabay

La fin des usines

Au cours des dernières années, une multitude de conserveries canadiennes ont fermé. Dernièrement, la multinationale agroalimentaire américaine Campbell a annoncé la fermeture de sa plus vieille usine de fabrication à Toronto.

Au premier plan, une boîte de conserve de maïs ouverte.Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Des boites de conserve ouvertes

Photo : Pixabay

Parmi les raisons invoquées pour justifier cette fermeture, il y a le fait que les ventes de soupe en conserve sont en baisse en Amérique du Nord. La petite boîte métallique est de moins en moins populaire. Pour survivre, l’industrie doit s’adapter.

Entre 2012 et 2015, les ventes des produits mis en conserve, le marinage et le séchage de fruits et de légumes ont baissé de 28 %. Pendant la même période, les ventes d’aliments congelés ont augmenté de 20 %, selon Statistique Canada.

L’arrivée des aliments surgelés dans les épiceries n’est pas la seule raison pour laquelle la conserve a perdu de la popularité. La relation des consommateurs avec la nourriture a changé. Les gens veulent désormais connaître les ingrédients qu’ils consomment et contrôler ce qu’ils mangent. Cuisiner est aussi devenu une activité sociale prisée.

Au premier plan des tomates et au second plan les gros réfrigérateurs.Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Des produits surgelés dans de gros réfrigérateurs dans un supermarché

Photo : Pixabay

C’est très tendance de faire de la cuisine. Les émissions de télé, les livres, les blogues et les concours culinaires ont explosé au cours des dernières années. Ce que les gens cherchent à démontrer, ce sont leurs habiletés culinaires et leurs cultures culinaires. C’est la tendance. La soupe en conserve ne s’inscrit pas très bien dans ce mouvement, ça n’évoque pas la fraîcheur.

Caroline Durand, professeure, Département d'histoire, Université Trent
Les cornichons frais sont déposés dans des bocaux en verre ouverts.Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Des cornichons frais dans des bocaux en verre

Photo : Pixabay

L’industrie doit être créative

Il y a le contenu qui est moins populaire, mais le contenant l’est aussi.

La conserve n’attire plus autant les regards. Les consommateurs préfèrent maintenant voir ce qu’ils achètent. L’emballage des aliments est devenu un des éléments les plus importants de l’industrie alimentaire. Le même produit aura plus de chance d’être acheté s’il est vendu dans un pot en verre plutôt que dans une conserve en métal, par exemple.

Les gens aiment voir leur aliment. La transparence du verre, c’est une suggestion que tout le processus de fabrication [est] transparent, le contenant de métal ne joue plus en faveur de l’industrie de la conserve. C’est un talon d’Achille considérable.

Caroline Durand, professeure, Département d'histoire, Université Trent

Rick Sprague est propriétaire de Sprague Food, une entreprise familiale qui existe depuis 1924 à Belleville, en Ontario.

Rick Sprague est assis sur un escalier en métal dans son usine.Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Rick Sprague est propriétaire de Sprague Food

Photo : AFP / Avec l'aimable autorisation de Sprague Food

Depuis la fin de la Deuxième Guerre mondiale et l’arrivée des produits surgelés dans les épiceries, on nous dit que les conserves vont disparaître. On a dû se réinventer.

Rick Sprague, propriétaire de Sprague Food

Son entreprise préparait fruits et légumes en conserve. Il y a quelques années, il a décidé de se tourner uniquement vers la production de fèves en conserve et de se spécialiser dans les produits biologiques, notamment en préparant des soupes.

Le consommateur maintenant voyage, va au restaurant, aime les bonnes choses. L’industrie a tellement changé au cours des 10 dernières années, les standards ont augmenté, la qualité doit être là.

Rick Sprague, propriétaire de Sprague Food

Au lieu de vendre ses soupes dans la traditionnelle conserve, il a décidé d’utiliser des pots en verre. Ses ventes ont beaucoup augmenté.

Ça dépasse mes attentes, c’est incroyable comment maintenant l'apparence, le marketing du produit [sont] importants.

Rick Sprague, propriétaire de Sprague Food

Préparer ses conserves

Deux bocaux en verre avec les étiquettes de la marque.Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Des conserves en verre de soupes aux pois chiches et au maïs mexicain

Photo : Avec l'aimable autorisation de Sprague Food

Une autre tendance dans l’industrie alimentaire affecte le marché : les conserves maison connaissent un véritable engouement.

Une multitude d’initiatives voient le jour à Toronto, mais aussi ailleurs au Canada, afin d’apprendre à préparer nos propres produits en conserve. Que ce soit des cours en ligne ou en personne dans une classe, ce mouvement prend de l’ampleur et séduit le consommateur.

Christine Manning sur un stand d'exposition présente ses produits.Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Christine Manning, fondatrice de Manning Canning

Photo : Avec l'aimable autorisation de Manning Canning

Christine Manning a quitté l’univers du marketing numérique il y a quelques années pour lancer sa propre entreprise d’aliments en conserve : Manning Canning. Au début, elle devait louer des espaces dans des cuisines de restaurants et elle préparait elle-même ses conserves. Une idée folle, lui disaient plusieurs, mais elle y croyait.

J’ai grandi avec des aliments en conserve; j’ai vu un mouvement émerger il y a cinq ans, les gens étaient curieux d’apprendre à faire des conserves. Ils veulent savoir ce qu’ils consomment.

Christine Manning, fondatrice de Manning Canning

Elle a maintenant ses propres locaux. Ses produits sont vendus dans plus d’une centaine de magasins en Ontario. Elle emploie une dizaine d’employés et offre chaque mois différents cours privés pour apprendre à faire des conserves.

Ils sont si populaires que les gens doivent réserver des mois à l’avance pour y participer.

Les 5 personnes dans la grande cuisine préparent les conserves en verre. Ils ont le sourire aux lèvres.Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Christine Manning et 4 membres de son équipe

Photo : Avec l'aimable autorisation de Manning Canning

Il y a cinq ans, les gens pensaient que les conserves étaient préparées par leurs grands-parents. Maintenant, la jeune génération s’intéresse à cette technique, ça se voit dans mes classes. Les gens veulent apprendre à préserver leur nourriture, il y a un retour aux traditions.

Christine Manning, fondatrice de Manning Canning

Christine Manning pense aussi que la petite boîte métallique n’est pas sur le point de disparaître, mais qu’elle doit s’adapter à la réalité du 21e siècle, aux tendances alimentaires et aux envies gastronomiques du consommateur.

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Toronto

Industrie alimentaire