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Sara Tilley, une clown vraiment pas comme les autres

Vétue d'un costume et d'un nez rouge, la comédienne est dehors.
Sara Tilley dans son costume de clown Photo: RITCHE PEREZ
Radio-Canada

Porter un masque pour écrire un roman afin de s'immerger totalement dans son histoire. C'est l'expérience qu'a menée Sara Tilley pour son deuxième roman, Duke.

Un texte de Cécile Gladel

L’écrivaine qui vit à Terre-Neuve a adapté la méthode Pochinko (du nom de Richard Pochinko, le clown canadien originaire du Manitoba qui l’a développée) en la transposant à la littérature.

Je voulais me plonger totalement dans le personnage, tant physiquement qu’émotionnellement. Honnêtement, je ne serais arrivée à rien de semblable si j’avais écrit le roman de la façon traditionnelle. J’en suis persuadée

Sara Tilley

En entrevue, l’écrivaine, qui est clown depuis 20 ans, explique la méthode Pochinko ou la pratique par le masque (Clown Through Mask). Une méthode qui consiste à utiliser un masque pour pratiquer et habiter le personnage, puis le jouer en prestation avec seulement le nez rouge. « Ce nez rouge est un masque qui nous permet d’exposer le miracle ridicule d’être humain et, surtout, d’être en vie », explique-t-elle.

L'auteure Sara TilleyL'auteure Sara Tilley Photo : Elling Lien

Cet aspect de la pratique n’a rien à voir avec les blagues, les tours et tout ce que font les clowns dans les cirques. « C’est plutôt l’exploration des archétypes et de la vulnérabilité des gens. On tente de communiquer des vérités sans utiliser de mots dans le but de faire réagir. »

Apprendre à être clown?

Sara Tilley a étudié en interprétation à l’Université York. « J’ai aussi eu la chance d’avoir Dean Gilmour comme professeur. Il m’a fait connaître le travail du clown, qui a été une totale révélation dans ma vie », souligne-t-elle.

Ce professeur lui a fait découvrir plusieurs techniques. « J’ai découvert les pratiques qui utilisent le corps. C’est très différent de la manière d’approcher l’apprentissage d’un texte pour un acteur. Le travail avec mon corps m’a amenée plus loin que celui avec ma tête. »

Après avoir obtenu son diplôme, Sara Tilley a déménagé à Saint-Jean, à Terre-Neuve, où elle a fondé la compagnie de théâtre She Said Yes! Elle est aussi professeure.

J’enseigne un peu partout au Canada maintenant. Mais j’ai tendance à me voir comme une sage-femme clown, plutôt qu’une professeure

Sara Tilley

L’art d’être clown

Devenir clown ne s’improvise pas. Des qualités comme l’empathie et l’envie de se surpasser sont nécessaires, selon Sara Tilley.

Un clown joue avec les émotions et prend des risques. Il se connaît et il sait qu’il a plusieurs facettes en lui.

Elle ajoute qu’un clown talentueux va s’adapter à son public, mais surtout, qu’il va nous faire rire avec des choses qui nous hantent secrètement.

Le cœur de sa prestation est souvent inspiré par des problèmes sociaux : la misogynie, l’intimidation, la violence conjugale et les problèmes environnementaux. « Un clown est le véhicule parfait pour aborder ses thèmes difficiles. Je peux communiquer sans avoir l’air de faire la leçon et sensibiliser les gens comme seul un idiot qui semble innocent peut le faire », conclut-elle.


Le premier roman de Sara Tilley, Écorchée, fait partie des cinq livres en lice pour Le combat des livres 2018. Il sera défendu par Antonine Maillet.


La vidéo de son spectacle Fruithead écrit avec Mark White. Il s’agit d’un spectacle pour les adultes et non pour les enfants.

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