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Archives

Quand Mai 1968 annonce l’avenir en France et au Québec

à Paris, Daniel Cohn-Bendit harangue la foule lors d'une manifestation pendant les événements de Mai 1968.

Par plusieurs aspects, Mai 1968 annonce les tendances politiques et sociales de la France et du Québec des décennies à suivre

Photo : Radio-Canada

Radio-Canada
Prenez note que cet article publié en 2018 pourrait contenir des informations qui ne sont plus à jour.

Le mouvement de contestation étudiante de Mai 1968 a éclaté il y a exactement 50 ans. Nos archives montrent comment cet événement a annoncé l'évolution des sociétés française et québécoise depuis les années 1970 jusqu'à maintenant.

Un vent de contestation qui souffle sur la France

Ce qu’on appelle communément Mai 68 explose le 2 de ce mois par une manifestation des étudiants de la Faculté universitaire de Nanterre. Ceux-ci protestent contre l’arrestation, deux jours plus tôt, de camarades étudiants qui défilaient contre la guerre du Vietnam. La décision du doyen de fermer la Faculté de Nanterre y déclenche une grève générale.

Manifestations et grèves étudiantes se répandent comme une traînée de poudre dans la société française. Mais n’allez pas croire que Mai 1968 naît uniquement du caprice d’étudiants politiquement mobilisés. La contestation se répand dans des pans entiers de la population française. Cette dynamique s’alimente des angoisses et des refus d’un pays qui subit des changements à la fois profonds et extrêmement rapides.

Radio-Canada consacre une couverture importante aux événements se déroulant en France. Les journalistes s’interrogent. Pourquoi ce mouvement social? Pourquoi les étudiants en sont-ils les fers de lance?

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Aujourd’hui, 15 mai 1968

La journaliste Martine de Barsy va à la rencontre des protagonistes du conflit. Le 15 mai, elle présente un long reportage à l’émission Aujourd’hui qui explique les origines de Mai 1968. Elle interviewe notamment le sociologue Jean Duvignaud, qui propose une théorie.

Le mouvement n’est pas idéologique. Il est au-delà de l’idéologie. […] Là, nous sommes en présence d’une véritable rupture. Une rupture qui repose sur un fait démographique précis. […] Quand les pays entreront dans cette période où la démographie fera que les 50 % de la population active seront des gens de 20 ans, quelque chose se produira. […] Ce qui s’est produit en Tchécoslovaquie. Ce qui s’est produit en Amérique, c’est ce qui se produit en France

Jean Duvignaud

Le mouvement de Mai 1968 n’est donc pas isolé de la conjoncture internationale. Une partie de la jeunesse mondiale exige des ruptures : la fin de l’autoritarisme politique, la disparition de l’impérialisme américain, la démocratisation de l’éducation doublée d’une fin des inégalités sociales, la fin du patriarcat. Un vaste programme qui engage le mouvement dans une collision frontale directe avec les pouvoirs établis.

... Et qui traverse l’Atlantique

Le 8 octobre 1968, le vent de contestation commence à souffler au Québec. L’esprit de Mai 1968 s’empare notamment du cégep Lionel-Groulx de Sainte-Thérèse. Les cégépiens se rebellent et occupent physiquement les locaux de l’établissement. Cette grève estudiantine s’étend rapidement dans d’autres cégeps, l’École des beaux-arts, dans certaines facultés de l’Université de Montréal et même certaines écoles secondaires.

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Caméra 1968, 22 octobre 1968

Le 22 octobre 1968, le journaliste Claude Jean Devirieux présente à l’émission Caméra 68 un reportage qui analyse les raisons de l’occupation du cégep Lionel-Groulx. Il constate que les étudiants veulent des réformes sociales en profondeur. Une métamorphose de l’économie du Québec, la création d’une deuxième université de langue française au Québec, la francisation de l’Université McGill constituent le programme. Le journaliste termine son reportage en répétant l’ambition ultime des grévistes.

 Nous n’avons rien à demander au gouvernement, car nous contestons le système qu’il représente. On verra bien si tous ceux qui veulent un Québec québécois, les travailleurs et leurs fils que nous sommes, ne se retrouvent pas côte à côte un jour sur la route du pouvoir. 

Mai et Octobre 1968 ont-ils été jusqu’à un certain point précurseurs? On peut suggérer que durant ces mois ont commencé à devenir possibles les victoires des Partis socialiste et québécois en France et au Québec.

Un œil particulièrement averti pourrait aussi y voir les prémisses d’une révolte contre la consommation à outrance, de même que l'ancêtre des mouvements des indignés et de #MoiAussi.

Il est possible de croire que nos sociétés continuent de respirer un peu du parfum de contestation de ce printemps d’il y a 50 ans.

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