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  • De grandes figures du syndicalisme pour la Journée internationale des travailleurs

    Gros plan sur le visage d'Yvette Charpentier.
    La syndicaliste Yvette Charpentier à l'époque des grèves du textile Photo: Radio-Canada / Capture d'un reportage de 1967

    Le 1er mai de chaque année, des millions de personnes revendiquent partout dans le monde de meilleures conditions de travail. En cette journée spéciale, portraits de quatre syndicalistes québécoises : Yvette Charpentier, Léa Roback, Madeleine Parent et Simonne Monet-Chartrand.

    Yvette Charpentier et la lutte des ouvrières

    Née en 1901, Yvette Charpentier commence à travailler à l’âge de 10 ans. Elle débute dans l’industrie textile, que l’on appelle alors communément le « rag business » (l’industrie de la guenille) en 1914.

    Dans cette entrevue accordée à la journaliste Michelle Tisseyre pour l’émission Aujourd’hui du 8 février 1967, elle explique que les conditions dans les manufactures étaient abominables. Elle y travaillait plus de 10 heures par jour, six jours par semaine, pour un salaire dérisoire.

    Ce n’était pas très propre, ce n’était pas hygiénique […] Je ne peux pas vous parler des conditions, il n’y en avait pas de conditions!

    Yvette Charpentier

    En plus, les ouvrières doivent supporter le favoritisme des contremaîtres. Comme le commente Yvette Charpentier : « c’était assez pour se révolter ».

    Dans les années 1930, elle adhère à l’Union de la robe affiliée à l’Union internationale des ouvriers du vêtement pour dames. En 1937, elle milite lors de la grève du textile à laquelle prennent part des milliers de travailleuses.

    La grève durera trois semaines. Les ouvrières obtiendront de meilleures conditions de travail, notamment la semaine de 44 heures et une augmentation de salaire substantielle.

    Léa Roback, une femme d’action

    Léa Roback naît à Montréal en 1903 dans une famille d’immigrants juifs polonais. Toute petite, elle déménage à Beauport près de Québec. Elle grandit donc dans la seule famille juive de ce village canadien-français. À la maison, elle parle le yiddish, mais elle s’exprime en français avec ses amies et étudie en anglais à Québec.

    En 1925, elle part pour l’Europe, d’abord en France puis en Allemagne, où elle étudie dans le Berlin des années folles. À la montée du nazisme, elle commence son engagement au sein du Parti communiste.

    De retour à Montréal en 1932, elle continue à travailler avec le Parti communiste local et ouvre la première librairie marxiste de la ville. En 1936, elle fait son entrée à l’Union internationale des ouvriers du vêtement pour dames comme directrice de l’éducation.

    Dès l’année suivante, elle participe à l’organisation de la grève de l’industrie textile lors de laquelle milite aussi Yvette Charpentier.

    Quelques mois avant son décès, Léa Roback, alors âgée de 96 ans, est en entrevue avec la journaliste Pascale Nadeau.

    La vieille dame pétillante et chaleureuse parle de quelques-unes de ses réalisations. Elle raconte que la seule personne qu’elle a suivie, c’est Thérèse Casgrain.

    À la question, « est-ce que vous trouvez que notre société est plus juste qu’elle était », elle se met à rire. Elle dit qu’il est nécessaire de retrousser ses manches pour construire un monde plus juste, surtout pour les femmes.

    Léa Roback s’éteint le 28 août 2000. Cette entrevue est diffusée le lendemain de son décès au bulletin de nouvelles Montréal ce soir.

    Madeleine Parent, une âme de militante

    Aux côtés de Léa Roback, inspiratrice et amie, Madeleine Parent fait figure de pionnière du syndicalisme ouvrier au Québec. Sa lutte acharnée à partir des années 1940 fait partie des moments forts de l’histoire du syndicalisme de la province.

    Née en 1918 à Montréal dans une famille de classe moyenne aux idées libérales, Madeleine Parent fréquente les meilleures écoles de la ville. Son engagement social commence au cours de ses années d’études à l’Université McGill. Elle s’implique d’abord dans des associations catholiques puis dans la branche contestataire du mouvement étudiant.

    En juillet 1978, elle accorde cette entrevue à la journaliste Armande Saint-Jean dans le cadre de l’émission Première page. Quelques mois plus tôt, elle avait perdu son mari et allié Kent Rowley, lui aussi syndicaliste.

    Elle raconte comment elle en est venue à défendre les droits des travailleurs du textile. Les ouvrières qui avaient fait la grève de 1937 sont une source d’inspiration.

    Par les journaux, par la radio, je me rendais compte qu’il y avait encore des gens qui souffraient, des gens qui produisaient dans notre économie et qui étaient loin d’avoir justice.

    Madeleine Parent

    Simonne Monet-Chartrand, une femme de conviction

    Issue d’un milieu très aisé, Simonne Monet naît à Montréal en 1919. Elle s’implique au sein de la branche féminine de la Jeunesse étudiante catholique (JEC) dès 1937.

    En 1940, elle rencontre celui qui deviendra son mari, le syndicaliste Michel Chartrand.

    « Je pourrais la recevoir en temps que syndicaliste, journaliste, recherchiste, ou encore mère de famille, mais aujourd’hui c’est à tire d’auteur que je la reçois ». C’est ainsi que l’animatrice Rachel Verdon présente Simonne Monet-Chartrand à l’émission Femme d’aujourd’hui du 27 septembre 1979.

    À l’aube de la soixantaine, la militante est en train d’écrire son autobiographie qui se veut une forme de bilan.

    Selon elle, les femmes devraient s’affirmer davantage.

    Les femmes ont été trop longtemps muettes, trop longtemps soumises, trop longtemps prudes.

    Je trouve que les femmes restent timorées, même les plus effrontées.

    Simonne Monet-Chartrand,

    Mère de sept enfants, Simonne Monet-Chartrand a réussi à conjuguer vie familiale et engagement social. Elle a trouvé le temps de livrer de nombreux combats : droits des femmes, pacifisme, libertés civiles et syndicalisme.

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