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Un résident de Taché ne veut pas vendre son terrain à Hydro Manitoba

Un homme devant un chalet.

Ed Rak, un résident de la municipalité rurale de Taché, affirme que la somme de 63 000 $ offerte par Hydro Manitoba est insuffisante pour vendre sa propriété.

Photo : Radio-Canada / Gary Solilak

Radio-Canada

Un résident de la municipalité rurale de Taché, dans le sud-est du Manitoba, se défend bec et ongles contre Hydro Manitoba, qui souhaite utiliser son terrain de 15 hectares pour installer une ligne de transmission vers le Minnesota, un projet qui doit être terminé d'ici 2020.

Depuis des décennies, Ed Rak marche dans la forêt, chasse le chevreuil à l’automne et cueille des petits fruits sur sa propriété, La parcelle de terre est la seule chose qui lui rappelle son père, mort en 1941, alors qu’il n’avait que 10 mois.

« La terre a une valeur sentimentale, parce que c’est le premier terrain que mon père a acheté lorsqu’il est arrivé de Pologne », affirme-t-il.

L'endroit comprend un chalet de deux chambres, des cabanons pour suspendre les chevreuils et une toilette extérieure. Ed Rak vit à Dugald, à environ 20 minutes en voiture, et vient sur son terrain aussi souvent que possible.

Il y a deux ans, il a appris qu'Hydro Manitoba planifiait de construire une ligne de transmission qui traverserait la région. Si elle était construite, la ligne occuperait une importante partie de son terrain.

Il y a quelques semaines, il a vu un employé d’Hydro Manitoba arpenter une propriété située à proximité et planter des pieux. C'était un signe tangible que la ligne de transmission entre le Manitoba et le Minnesota se rapprochait de son coin de paradis.

Un pieu avec le bout rose dans un champ.

La ligne de transmission Manitoba-Minnesota se rapproche de la résidence d'Ed Rak, qui refuse de vendre à Hydro Manitoba.

Photo : Radio-Canada / Gary Solilak

Un représentant d'Hydro Manitoba est venu chez lui l'année dernière afin de lui offrir 63 000 $ pour construire la ligne sur son terrain, mais il a répondu que cela ne l'intéressait pas.

« Quand il est venu chez moi et m'a offert cet argent, il a dit que, si je ne signais pas, je serais exproprié et que je ne recevrais pas une somme aussi importante. Je pense que c’est complètement faux », affirme Ed Rak.

Au-delà du lien sentimental à la terre, le chauffeur de camion à la retraite dit que la Municipalité permet de diviser la propriété en sections de 2 hectares chacune, ce qui rend la subdivision plus précieuse que l'offre d'Hydro Manitoba.

M. Rak, qui est un membre de la Southeast Stakeholders Coalition, croit que le bourdonnement des lignes de transmission ferait en sorte de détourner les acheteurs potentiels du terrain et croit qu’une entente avec Hydro Manitoba serait la pire option pour lui.

« Personne ne veut vivre sous une ligne électrique », soutient-il.

La société d'État offre 150 % de la valeur marchande d'une propriété pour en venir à une entente avec les propriétaires, avec un paiement initial de 50 %.

Audience publique

Selon un porte-parole d’Hydro-Manitoba, l'Office national de l'énergie (ONE) devrait tenir en mai 2018 des audiences publiques sur le projet de ligne de transmission Manitoba-Minnesota.

Cependant, la Southeast Stakeholders Coalition, avait demandé que ces audiences soient ajournées à cause de la démission en masse du conseil d’administration d’Hydro-Manitoba, mais sa demande a été rejetée le 18 avril.

Un schéma du tracé de la ligne de transmission d'électricité entre Winnipeg et le Minnesota qui passe par les communautés de La Broquerie et de Richer.

Hydro-Manitoba veut passer des câbles à haute tension de 500 kilovolts au coût de 350 millions de dollars entre Winnipeg et le Minnesota aux États-Unis pour vendre son surplus d'énergie.

Photo : Radio-Canada

Si tout se déroule comme prévu, des audiences orales au début juin permettront d'entendre les préoccupations des Premières Nations. Hydro Manitoba pourra alors déposer une contre-preuve le 12 juin. Le volet oral des audiences reprendra à la fin juin.

L’ONE souhaite que le projet soit sécuritaire pour la population et qu'il ne présente aucun risque pour l'environnement.

Si Hydro Manitoba obtient l'approbation de l'ONE, elle envisage de terminer les travaux en 2020.

Manitoba

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