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Devrait-on installer des barrières pour prévenir les attaques au véhicule-bélier?

La façade de la gare.

Des murs de type Jersey ont été installés devant la gare Union à Toronto.

Photo : Radio-Canada / CBC News

CBC News
Prenez note que cet article publié en 2018 pourrait contenir des informations qui ne sont plus à jour.

Les murs Jersey – ces barrières de béton conçues à l'origine pour offrir une mesure de sécurité sur les routes – sont de plus en plus courants à Toronto.

Quelques jours après l'attaque au camion-bélier de la rue Yonge, plusieurs de ces murs ont été mis en place autour de la gare Union, du Centre Rogers et d'autres lieux publics où beaucoup de piétons se rassemblent. Il s’agit en fait d’une mesure de précaution pour décourager les attaques au véhicule-bélier.

Dans un courriel à CBC Toronto, Jennifer Wing, conseillère principale en communications auprès de la Ville de Toronto, affirme que les barrières ont été installées à la gare Union en consultation avec le Service de police de Toronto. Selon elle, la Ville désirait y aménager des mesures de sécurité permanentes avant même l’attaque de lundi dernier.

« Alors que nous travaillons à la conception d’un plan de sécurité permanent, nous avions déjà l’intention d’y installer des mesures de sécurité temporaires plus tard ce printemps, selon Mme Wing. Les mesures d'atténuation [à venir] seront conçues pour s'intégrer au paysage urbain. »

L'attaque du 23 avril est la dernière en date à laquelle un véhicule a été utilisé comme arme dans le but de faire de multiples victimes. De nombreuses villes partout dans le monde s’affairent à installer des mesures dissuasives et à augmenter la sécurité des piétons.

11 attaques au véhicule-bélier depuis 2016

Depuis 2016, il y a eu au moins 11 attaques de ce type, notamment dans des villes comme New York, Nice, Berlin, Stockholm et Londres, et dans la plupart des cas, une sorte de barrière a été mise en place après coup.

Après que 12 personnes eurent été tuées et au moins 48 blessées lors d'une attaque au marché de Noël de Berlin en 2016, les autorités ont installé des bornes de béton et de métal dans bon nombre de villes allemandes.

De plus, le jour de la Bastille 2016, une attaque similaire sur la promenade des Anglais de Nice a fait 86 morts, et en Angleterre, après qu'un véhicule eut heurté des piétons sur le pont de Londres le 4 juin 2017, les barrières ont été considérées.

« Cela pourrait fonctionner dans certains endroits et certaines villes d'Europe le font déjà assez efficacement », selon l'ex-urbaniste en chef de Toronto Jennifer Keesmaat.

Après deux attaques au véhicule-bélier en 2017, le maire de New York, Bill de Blasio, a annoncé l'installation de milliers de bornes autour de la ville pour protéger les piétons.

Des pots de fleurs en béton sur une place publique de Toronto.Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Le mobilier urbain peut représenter une solution

Photo : Radio-Canada / Philip Lee-Shanok/CBC News

L’urbanisme, une meilleure solution, selon Mme Keesmat

Mais Mme Keesmat affirme que la création d’une ville d’acier et de béton avec pour prétexte la sécurité des piétons n’est peut-être pas une bonne idée.

« Ce n'est pas dans notre ADN de jeter des barricades autour de la ville, ce n'est pas ce que nous sommes et, franchement, je ne pense pas que cela nous rendra beaucoup plus en sécurité », dit-elle.

Elle suggère plutôt qu’un urbanisme mieux conçu, y compris un mobilier urbain plus varié, des arbres en pots de béton, des aires de repos et des installations d'art public pourraient avoir un effet dissuasif. Mme Keesmat mentionne que le long parterre de fleurs en béton le long de la rue St. George, sur le campus centre-ville de l'Université de Toronto, est un bon exemple de la façon dont les zones piétonnières peuvent être séparées de la circulation.

De plus, Barbara Robinson, experte en infrastructure et présidente de Norton Engineering à Kitchener, souligne que des barrières de sécurité peuvent s'avérer très coûteuses.

Par exemple, la Ville de New York a réservé un budget de 50 millions de dollars pour les bornes en métal dans Midtown – ou plus de 30 000 $ pour chacune.

« Nous ne pouvons pas mettre ce type de design dans toutes les rues, ce serait simplement trop cher », dit-elle.

Mme Robinson note par ailleurs que l'ajout de bornes dans le centre-ville de Kitchener a fait gonfler le budget de fonctionnement de la Ville.

« Le déneigement du centre-ville est très coûteux, car il doit être fait à la main, maintenant. »

Un bandeau annonçant le dossier de Radio-Canada sur l'attaque au camion-bélier

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