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Martine Ouellet dispose d'un mois pour assurer sa survie

Plan rapproché de Mme Ouellet.

Martine Ouellet

Photo : Radio-Canada

Radio-Canada

Victoire pour Martine Ouellet! Le conseil général du Bloc québécois a adopté ses propositions pour la tenue d'un référendum sur les orientations du parti et le vote de confiance de la chef. Mais près de deux mois jour pour jour après la démission de sept députés, le parti pourrait perdre son président Mario Beaulieu, qui est aussi l'un des trois derniers députés du caucus.

Une analyse de Philippe-Vincent Foisy, correspondant parlementaire à Ottawa

Le président du parti a affirmé pour la première fois en public qu’il n’avait plus confiance en Martine Ouellet. Tout un changement de cap pour celui qui a participé à son ascension à la chefferie, il y a un peu plus d’un an.

Après avoir participé activement à la fronde contre Martine Ouellet, il n’avait plus le choix de l’admettre, de s’avouer vaincu et de penser à son avenir.

« Je me donne le temps de réfléchir [si je demeure en poste comme président du parti], a-t-il dit. Pour l’instant, c’est d’encaisser le coup. »

Que Mario Beaulieu et Martine Ouellet s’affrontent était impensable, il y a un peu plus d’un an lors du couronnement de Mme Ouellet. C’est lui qui l’avait recrutée.

Il est clair que l’ex-chef du Bloc québécois n’a plus le contrôle des instances du parti. Les délégués du conseil général se sont rangés derrière Martine Ouellet qui plaide pour la souveraineté d’abord, avant tout et partout.

Des défis importants...

Le conseil général, loin d’avoir réglé les différends, a mis en évidence d’importantes tensions que la chef a souligné lors son discours d’ouverture. Il est peu probable que sa main tendue, victorieuse, trouve preneur dans le groupe des sept députés démissionnaires.

« Je vous tends la main, je tends la main aux démissionnaires, je tends la main à Mario parce que c’est en additionnant que nous serons plus forts, pas en démissionnant, pas en divisant, pas en rejetant », a-t-elle affirmé.

... et des attaques

Son discours d’ouverture, en partie improvisé selon un de ses proches, était truffé d’attaques qui visaient en grande partie les sept députés démissionnaires.

« À chaque crise qu’on vit, on tombe dans les sondages… Alors, les sept démissionnaires, ce qu’ils ont fait, ils nous ont fait tomber, ils nous ont fait mettre du temps sur la régie interne plutôt que [du temps pour] faire rayonner le Bloc québécois », a-t-elle ajouté.

Elle leur a aussi reproché d’avoir fait en sorte que le débat porte sur sa personnalité et son leadership plutôt que sur l’idéologie du parti. Martine Ouellet en a profité pour tirer quelques flèches à l’un de ses prédécesseurs.

« Quand j’entends les gens remettre en question mon leadership parce que je suis intransigeante et contrôlante… intransigeante et contrôlante? Non! Les démissionnaires sont allés chercher Gilles Duceppe en 2015 alors qu’il avait contrôlé le parti avec une main de fer sans gant de velours », a-t-elle lancé.

Mme Ouellet a aussi attaqué sans les nommer certains de ses opposants au sein du parti, dont le député Mario Beaulieu.

Ce n’est pas facile à vivre quand on entend dans les médias des histoires inventées, des faussetés qui sont répétées ad nauseam, des fake news… Des fois, on ne devrait pas s’inspirer de ce qui se passe au sud de la frontière.

Martine Ouellet

« On va se dire les vraies choses, ce qu’on vit c’est une lutte de pouvoir interne récurrente dans le mouvement souverainiste », a-t-elle affirmé.

Dans cette lutte, le clan Ouellet a gagné la première manche. Il lui restera cependant d’autres défis importants. D’abord avec le vote de confiance, Martine Ouellet devra convaincre la majorité des 20 000 membres qu’elle est la meilleure pour assurer un avenir prospère au BQ.

Si elle devait le gagner, elle devra rebâtir l’unité du parti qui s’est grandement effrité dans la dernière année. La chef devra constater qu’elle est une source de division et trouver un remède autre que les attaques.

Un délégué de Rosemont-La Petite-Patrie, Claude André, comparait le conseil général à une guerre de tranchées. Il s’attend à un résultat très serré, le 3 juin prochain, qui pourrait ressembler à celui du dernier référendum.

Pour les militants pro-Martine Ouellet, une victoire par quelques points de pourcentage devrait être suffisante pour que les critiques se rallient et que la grogne cesse. Mais si le passé est garant de l’avenir, plusieurs militants souverainistes ne se satisferont pas d’un résultat aussi serré.

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