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Plaidoyer pour des gyms où les LGBT sont bienvenus

Tanvee Ramanah et Pierre-Emmanuel Komoé discutent de l'expérience qu'ils ont vécue lors de la première série du projet «Ce que j'apporte ICI» avec le vidéojournaliste Adnan Mohamad.

Radio-Canada

Hommes aux muscles d'acier et femmes au corps svelte : des stéréotypes qui continuent d'exister, spécialement dans les gyms de l'Alberta. La communauté LGBT, largement incomprise ou ignorée des salles de musculation, contre-attaque et élabore ses propres programmes, histoire de pouvoir garder la forme dans un environnement où elle se sent comprise et acceptée.

Em Lamache s'affirme androgyne, c'est-à-dire ni particulièrement homme ni particulièrement femme.

Pour cet ancien étudiant en conditionnement physique du NAIT (Northern Alberta Institute of Technology), il a toujours été difficile de trouver sa place dans les gyms.

Dès le vestiaire, les gyms catégorisent leurs membres en fonction du sexe qui figure sur leur acte de naissance.

Rendu aux altères, c'est à qui roulera les plus beaux biceps ou soulèvera la plus importante charge. Une pression qui peut devenir dangereuse pour ceux et celles qui sont en processus de transition.

« Une femme qui est en phase de devenir un homme, par exemple, prendra de la testostérone, une hormone qui fait augmenter rapidement la masse musculaire. Ça met énormément de tension sur les tendons, mais comme elle se sentira plus forte et pleine d'énergie, peut-être qu'elle sera tentée de lever une charge trop lourde. Le risque qu'elle se déchire les tendons augmentera de façon exponentielle », explique Em Lamache.

À l'inverse, ajoute-t-il, un homme en voie de devenir femme peut continuer de s'exercer comme à l'habitude, alors que sa masse musculaire diminue et que son corps entreprend des changements majeurs.

Un programme voué à la communauté LGBT

Aidé d'une subvention de 20 000 $ octroyée par le ministère de la Culture et du Tourisme, Em Lamache a mis au point un programme consacré aux membres issus des diversités sexuelle et de genre.

Son but immédiat est de leur offrir un espace accessible et accueillant où ils peuvent prendre soin de leur santé, s'épanouir et briser, pour plusieurs, leur solitude.

À long terme, cependant, l'entraîneur physique veut créer du matériel pédagogique pour sensibiliser les gyms traditionnels à la réalité de sa communauté.

« Le but ultime de mon programme, c'est qu'il soit désuet. Je voudrais qu'on n'en ait plus besoin, parce que tous les espaces physiques seront ouverts et confortables pour les membres de la diversité sexuelle et de genre », espère-t-il.

Une offre qui ne suffit pas à la demande

Quelques gyms consacrés aux LGBT ont ouvert leurs portes à Edmonton.

In Your Boots Fitness est victime de son succès et a une longue liste d'attente.

Toni Harris porte des lunettes et affiche un sourire devant des altèresAgrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Toni Harris dans son gym consacré à la communauté LGBTQ, In Your Boots Fitness

Photo : Radio-Canada

Une des raisons est que le personnel, dans ce genre d'établissement, doit être trié sur le volet.

« Les entraîneurs issus de la communauté LGBT sont rares, et les autres manquent parfois de sensibilité envers leur réalité. Je ne leur confierais pas ma clientèle », assure Toni Harris, fondatrice et propriétaire du gym In Your Boots Fitness.

La solution, pour cette ancienne étudiante du NAIT, doit germer dans les salles de classe.

« Les futurs entraîneurs doivent être formés pour comprendre la réalité de cette communauté, croit-elle. Nous apprenons déjà à travailler avec des clientèles spécifiques durant nos cours. Pourquoi ne pas apprendre à travailler avec les LGBT? »

Alberta

Société