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Le temps des sucres n’est plus ce qu’il était

Les temps ont changé dans les cabanes à sucre, alors que les planchers de danse sont de plus en plus désertés.

Photo : Radio-Canada / Marc-Antoine Lavoie

Radio-Canada

Alors que la saison des sucres tire à sa fin, des acériculteurs de la région constatent que la tradition d'aller à la cabane à sucre au printemps s'effrite avec les années.

Un texte d'Alain Rochefort

Si le violon résonne toujours à l'Érablière du Cap, à Lévis, le plancher de danse, lui, est plutôt vide. Jean-Paul Tardif exploite cette érablière depuis une vingtaine d’années. Il est à même d’observer à quel point les temps ont changé.

« Avant, ça arrivait tôt. Ça dansait avant de manger et après le repas, [les visiteurs] allaient manger de la tire, explique M. Tardif. On mettait la salle prête et les gens rentraient pour danser à nouveau. C'est relativement nouveau, depuis quelques années : les gens sont moins portés à ça ».

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Les repas copieux partagés au centre de la table étaient la marque de commerce des cabanes à sucre pendant des années. Les jeunes familles s’y intéressent beaucoup moins de nos jours.

« Les gens disent : '' j’aimerais mieux avoir mon petit service à moi. Partager la nourriture avec les autres, ça me déplaît. '' C'est ce qu'on entend de plus en plus. Est-ce qu’on va être obligés d'abandonner cette façon de faire qui a toujours été? » se questionne M. Tardif.

Des gens partagent un repas à l'Érablière du Cap, à Lévis.Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Des gens partagent un repas à l'Érablière du Cap, à Lévis.

Photo : Radio-Canada / Marc-Antoine Lavoie

Ancien propriétaire du domaine Franco, à Lévis, Émile Plante a pour sa part vendu sa cabane à sucre après 37 années d'activité.

Les gens veulent plus ça. Il reste seulement les gens de mon âge qui veulent encore ça.

Émile Plante, ancien propriétaire du domaine Franco, à Lévis

S’adapter ou fermer

Avant de prendre la décision de vendre, M. Plante avait pourtant tenté d’adapter son entreprise aux changements. Par exemple, servir des buffets plutôt que de mettre toute la nourriture au centre de la table ou encore changer de type de menu pour satisfaire entre autres les végétariens sont des solutions qui ont été explorées par M. Plante.

Selon lui, les propriétaires de cabanes à sucre devront innover de la sorte pour poursuivre leurs activités à long terme.

« Si on regarde le menu du début avec celui qu'on pourrait servir aujourd'hui, il y aurait beaucoup de changements encore à apporter », explique-t-il.

Pourtant, les cabanes à sucre sont loin d'être désertées. L'érablière du Cap affiche notamment complet cette saison.

Selon Jean-Paul Tardif, la baisse du nombre de salles à manger dans les cabanes à sucre de la région en est toutefois la cause.

M. Tardif craint d’ailleurs que cette diminution de l'offre soit dommageable à long terme.

« Est-ce que dans 10 ans je vais être encore capable de dire : ''désolé je suis plein''? Peut-être que je vais devoir dire c'est à moitié plein et peut être que dans 15 ans, hé bien ça ne sera plus là. On voit que la tradition change », conclut M. Tardif.

Avec les renseignements de Marc-Antoine Lavoie

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