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La diaspora libanaise participe aux élections de son pays, une première

Des hommes et des femmes de tous les âges faisant la file à l'intérieur du bureau de vote à Laval.

Les membres de la diaspora libanaise étaient nombreux à participer aux élections, les premières ouvertes aux émigrés à travers le monde.

Photo : Radio-Canada / Fanny Bussières

Radio-Canada

Pour la première fois de l'histoire du Liban, les membres de la diaspora à travers le monde ont pu exercer dimanche un droit de vote à distance lors des législatives. Trente bureaux de vote ont été aménagés dans plusieurs villes du Canada, dont Laval, où les Libanais étaient au rendez-vous par centaines.

Le reportage de Rania Massoud

C’est entre les murs du manège du 4e Bataillon du Royal 22e Régiment, à Laval, que les membres de la communauté libanaise ont voté dimanche pour élire leurs représentants parlementaires dans leur pays d’origine. L’enthousiasme était palpable dès l’ouverture du bureau de vote à 7 h du matin et des dizaines de personnes de tous les âges faisaient déjà la file pour participer au scrutin. Il s’agit des premières législatives organisées par le gouvernement libanais depuis 2009, le mandat des parlementaires ayant été renouvelé à deux reprises.

Après l’Australie, c’est le Canada qui compte le plus grand nombre d’émigrés libanais inscrits sur les listes électorales pour participer au scrutin. Sur les 82 970 électeurs de la diaspora, 11 438 sont installés au Canada, et plus de la moitié d’entre eux se trouvent au Québec, notamment dans le Grand Montréal.

Joey El-Khoury et Liza Charbel, dans la trentaine, sont venus voter dans « l’espoir de changer les choses au Liban ». Installés à Montréal depuis neuf ans et travaillant tous deux dans le domaine de l’éducation et du développement durable, ils disent participer aux élections libanaises pour la première fois de leur vie. « C’est la première fois qu’on voit de nouveaux candidats se présenter aux élections, de nouveaux visages différents de ceux qu’on a connus pendant trente ans », dit Liza, son enfant de 20 mois dans les bras. « C’est la première fois que je sens que le changement est possible et j’ai envie de voir des élus qui me représentent au Parlement », ajoute-t-elle.

« Il y a des candidats qui font un travail extraordinaire et qui ont des idées très progressistes, mais qui ne s’étaient jamais présentés aux élections auparavant », renchérit Joey.

Même si ces candidats n’ont qu’une petite chance de gagner, il faut les appuyer. Ce n’est qu’un début !

Joey El-Khoury

« Chaque vote compte »

Parmi les premiers arrivés dimanche matin, le père Pierre Bou Zeidane, du monastère maronite de Saint-Antoine le Grand à Outremont, affirme que la participation aux élections est « un devoir, et non seulement un droit ». « Les membres de la diaspora se sentent plus proches de leur pays d’origine, c’est une expérience magnifique, a dit le prêtre de 52 ans. Chaque vote compte, chaque vote est important. »

Samir Azar, un retraité de 75 ans installé au Canada depuis 28 ans, dit « attendre ce jour depuis très longtemps ». « Je suis venu très tôt avec ma femme pour voter, explique-t-il. Nous avions un voyage prévu, mais nous avons décidé de reporter notre vol pour pouvoir participer aux élections. Nous nous rendons à l’aéroport tout de suite après ».

Antoine Eid, consul-général du Liban au Québec.Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Antoine Eid, consul-général du Liban au Québec.

Photo : Radio-Canada / Fannie Bussières


Les jeunes étaient également nombreux à répondre à l’appel des élections. Marc, un étudiant de 21 ans, affirme voter pour la première fois pour le Liban et souhaite voir un plus grand nombre de femmes élues au Parlement. « Je pense que le rôle de la femme est très marginalisé au Liban, dit-il. C’est une cause qui me tient à cœur. J’ai voté avec ce désir de changement en tête. »

Ali Awdeh, analyste informatique de 42 ans, a, quant à lui, fait le trajet Québec-Laval pour l’occasion, même s’il affirme n’avoir pas beaucoup d’espoir de changement au Liban. « Il faut voter, c’est la base de tout système démocratique », dit l’homme accompagné de ses deux jeunes enfants, à l’extérieur du bureau de vote. Je suis très content de pouvoir le faire d’ici, à partir du Canada, où je vis depuis 18 ans. »

Quelques chiffres :

À peu près la moitié de la population libanaise vivant actuellement au Canada est née en dehors du pays. La majorité des immigrants canadiens d’origine libanaise sont arrivés relativement récemment. De tous les immigrants canadiens d’origine libanaise vivant au Canada en 2001 par exemple, 37 % étaient arrivés au pays entre 1991 et 2001 et 36 % étaient arrivés dans les années 1980.

Au total, 30 bureaux de vote étaient ouverts dimanche à travers le Canada. Outre Laval, on en trouvait notamment à Toronto, Ottawa, Edmonton, Windsor, Calgary et Halifax.

Selon le recensement de 2011, 41 % des immigrés arabes sont d’origine libanaise. La plus grande communauté libanaise du Canada se trouve dans la région de Montréal, qui compte près de 30 % de tous les Canadiens d’origine libanaise.

Le choix de Laval pour accueillir les législatives libanaises n’était d’ailleurs pas anodin, étant donné la croissance de la diaspora dans la ville au cours des dernières années. Selon un recensement effectué en 2015, les Libanais représentent le plus important groupe immigrant sur le territoire lavallois, soit 11,3 % des immigrants et 12,5 % des nouveaux arrivants.

Les résultats des législatives seront dévoilés le 6 mai, jour de vote sur le territoire libanais. Un scrutin a déjà été organisé vendredi dernier pour les Libanais résidant dans les pays arabes, dont l’Égypte, l’Arabie Saoudite et les Émirats arabes unis. Les voix des Libanais de l'étranger seront comptabilisées dans la circonscription dont chaque électeur est originaire.

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