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Violence en milieu de travail : un défi pour les préposés aux soins ontariens

Formation de futurs préposés aux bénéficiaires.
Des préposés aux soins ontariens estiment que leur formation est surtout axée sur les soins physiques et ne les prépare pas à gérer adéquatement les cas de maladie mentale (Archives) Photo: Radio-Canada
Radio-Canada

Plusieurs préposés aux soins ontariens disent remarquer une hausse progressive du nombre de patients agressifs dans l'exercice de leur métier. Toutefois, ils ne seraient pas assez outillés pour faire face à de tels cas de violence.

Un texte de Bienvenu Senga

Margaret Dupont est préposée aux soins depuis près de 20 ans à Sudbury.

Si la profession a beaucoup évolué grâce à la modernisation de l’équipement médical, de plus en plus de patients manifestant des comportements agressifs requièrent les soins des préposés, selon Mme Dupont.

J’ai déjà été frappée, on m’a lancé de la nourriture, on m’a tordu les bras, j’ai tout vu

Margaret Dupont, préposée aux soins à Sudbury

Elle estime que de tels comportements découlent des problèmes de santé mentale dont souffrent davantage de patients.

Les propos de Mme Dupont sont corroborés par le préposé Tyler Neniska de Kenora dans le Nord-Ouest ontarien, qui exerce le métier depuis près de 10 ans.

À son avis, la formation dispensée aux futurs préposés dans les institutions d’enseignement postsecondaire est principalement axée sur les soins physiques.

« Nous devons souvent chercher d'autres moyens pour apprendre comment gérer les cas de maladie mentale », note-t-il.

La présidente de l'Ontario Personal Support Workers Association, Miranda Ferrier debout devant un mur.La présidente de l'Ontario Personal Support Workers Association, Miranda Ferrier, reconnait que les programmes de formation des préposés aux soins nécessitent des améliorations. Photo : Radio-Canada

La présidente de l’Ontario Personal Support Workers Association (OPSWA), Miranda Ferrier, atteste que le problème se manifeste partout en province.

Elle reconnaît aussi que les programmes de formation des préposés nécessitent des améliorations et dit collaborer notamment avec les collèges de la province à cet effet.

Un besoin de réglementation

Près de 150 préposés aux soins ontariens ont pris part samedi à la conférence annuelle de l'OPSWA à Niagara Falls, où il a notamment été question de la réglementation de la profession.

En Ontario, les préposés aux soins ne disposent pas d’ordre professionnel les regroupant.

L’OPSWA, qui regroupe près 32000 membres, dit fournir de nombreux efforts depuis trois ans afin de convaincre le gouvernement ontarien de lui accorder le statut d’ordre professionnel, mais en vain.

En ce moment, un préposé accusé de négligence ou d’inconduite sexuelle pourrait être viré et facilement obtenir un emploi ailleurs dans la province. Si nous étions un organe de réglementation, (chaque préposé) serait tenu responsable de ses propres actions

Miranda Ferrier, présidente de l'OPSWA

Si elle estime le nombre total de préposés en Ontario à 135 000, la présidente ne dispose pas de données exactes.

Deux ans après l’échec d’une première tentative, l’Ontario a lancé en février la première phase du registre des préposés aux services de soutien. Le projet piloté par l’Institut Michener de Toronto est censé aboutir à une base de données qui inventorie les préposés et leur niveau d’éducation. Selon le ministère de la Santé et des Soins de longue durée, le registre devrait être complet en décembre 2019.

Mme Ferrier s’inquiète toutefois de la rigueur et de la transparence du processus et aurait préféré que le mandat de conception du registre soit plutôt donné à l’OPSWA. « Nous connaissons la profession mieux que quiconque et pouvons mieux nous protéger contre ceux qui veulent porter atteinte à notre réputation », avance-t-elle.

Nord de l'Ontario

Santé mentale