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Ouverture d'une enquête après la publication d'une photo présumée d'Alek Minassian en prison

La façade du Centre de détention du sud de Toronto.

Le Centre de détention du sud de Toronto

Photo : Twitter

Radio-Canada
Prenez note que cet article publié en 2018 pourrait contenir des informations qui ne sont plus à jour.

Le gouvernement de l'Ontario a ouvert une enquête après des fuites alléguées concernant Alek Minassian, l'homme accusé d'avoir perpétré l'attaque au camion-bélier lundi à Toronto.

Le quotidien torontois Toronto Sun a publié un article jeudi qui était accompagné d’une photo d’un détenu. Le journal indique qu'il s'agirait d'Alek Minassian, au Centre de détention du sud de Toronto.

L’article de Joe Warmington cite des sources anonymes qui auraient parlé au suspect ou qui l'auraient entendu dire dans l'établissement pénitentiaire qu’il n’avait aucun remords pour les victimes et qu’il aurait voulu être abattu par l’agent de la police de Toronto qui l’a arrêté sans incident.

« Joe a rapporté des informations qu’il a reçues de ses sources, mais nous avons été contactés et il n’y a rien que nous puissions ajouter sur les mesures du ministère et sur ses politiques », dit James Wallace, le vice-président éditorial pour le Sun, dans un courriel.

Conduite inacceptable

Un porte-parole du ministère de la Sécurité communautaire et des Services correctionnels dit que de publier des photos ou des informations sur un détenu est une conduite inacceptable.

« Ce n’est pas approprié pour le ministère de commenter publiquement sur un individu en détention », affirme Andrew Morrison dans un courriel.

Pour des raisons de sécurité, il n’est approprié pour personne au sein du ministère de dévoiler publiquement l’endroit précis où un détenu se trouve.

Andrew Morrison, porte-parole du ministère de la Sécurité communautaire et des Services correctionnels de l'Ontario

Il ajoute que tous les employés du ministère doivent respecter un code de conduite.

Le syndicat inquiet

Monte Vieselmeyer, président de la division correctionnelle du Syndicat des employés de la fonction publique de l’Ontario, qui représente les employés des services correctionnels à travers la province, dit qu’il ne tolère pas que des membres partagent des informations sur des détenus.

« Je suis dans le ministère depuis 27 ans et nous prêtons serment lorsque nous sommes embauchés par le ministère; et je suis inquiet que des images soient divulguées, parce que ce n’est pas notre mandat », affirme Monte Vieselmeyer.

Mais il note qu’il est possible que l’information et la photo aient été fournies par quelqu’un qui n’est pas membre du syndicat.

Un effet possible sur le processus judiciaire

Daniel Brown, un avocat criminaliste, dit que la fuite pourrait avoir une incidence lors d’un éventuel procès.

Ce type d’information pourrait porter un préjudice important au droit à un procès juste d’une personne accusée et cela pourrait miner sa preuve lors d’un procès.

Daniel Brown, avocat criminaliste

Une experte des médias fait cependant remarquer que l’article avait une valeur informative.

« Je comprends pourquoi il y a une raison journalistique impérieuse de raconter cette histoire, parce que nous sommes à l’étape où nous cherchons un sens à tout ça : qu’est-ce qui pourrait pousser quelqu’un à faire quelque chose comme ça? », dit Lisa Taylor, professeure de journalisme à l’Université Ryerson.

Un bandeau annonçant le dossier de Radio-Canada sur l'attaque au camion-bélier

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