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La pilule abortive a été prescrite plus de 4000 fois au Canada en 2017

Différentes boîtes de pilules abortives

Les pharmacies canadiennes ont distribué plus de 4253 doses de la pilule abortive Mifegymiso en 2017.

Photo : Radio-Canada

La Presse canadienne

Santé Canada annonce que les pharmacies canadiennes ont distribué plus de 4253 doses de la pilule abortive Mifegymiso en 2017 – sa première année sur le marché.

Cette donnée a été dévoilée à la suite d'une question posée dans le Feuilleton par le député conservateur Arnold Viersen, au mois de février.

Joyce Arthur, la directrice principale de la Coalition pour le droit à l'avortement au Canada, a dit être satisfaite que le médicament soit de plus en plus utilisé.

Le Mifegymiso est un produit combiné qui met fin aux grossesses après la prise de doses de deux médicaments distincts.

En janvier, la Colombie-Britannique est devenue la sixième province à couvrir entièrement le médicament, après l'Ontario, le Québec, l'Alberta, la Nouvelle-Écosse et le Nouveau-Brunswick.

Les organisations pro-choix font pression sur les autres provinces et territoires pour qu'ils fassent de même, soulignant la vulnérabilité des femmes qui vivent dans des secteurs ruraux et dans des régions où l'accès à l'avortement est restreint.

Restrictions

En novembre, Santé Canada avait levé certaines restrictions sur la pilule abortive, afin de permettre qu'elle soit prescrite après jusqu'à neuf semaines de grossesse, au lieu de sept semaines, comme c'était le cas auparavant.

Le ministère avait aussi précisé que les patientes pourraient se procurer le médicament auprès d'un pharmacien ou d'un autre professionnel de la santé pouvant prescrire, qui n'aurait plus à suivre de formation.

Selon Joyce Arthur, le Mifegymiso n'a pas beaucoup été utilisé à ses débuts en raison de ces restrictions. Elle croit que la levée de l'obligation de formation et la couverture du médicament « allège le processus et diminue les délais ».

Sarah Hobbs-Blyth, directrice principale de Planned Parenthood à Toronto, affirme être satisfaite qu'un « autre soin d'avortement sécuritaire et fiable » soit accessible pour les femmes. Son organisation a commencé à offrir le médicament en mars dernier.

Effets secondaires

Dans ses questions formulées à l'endroit de Santé Canada, le député Arnold Viersen voulait aussi être informé sur les effets secondaires du médicament ainsi que sur le nombre de Canadiennes touchées par ces effets secondaires.

Santé Canada dit n'avoir produit aucune étude sur les effets secondaires du Mifegymiso dans les deux dernières années. Le ministère se penche néanmoins sur un plan pour réaliser une étude de sécurité post-autorisation.

Selon Santé Canada, jusqu'ici, « seulement un rapport » fait état d'une réaction indésirable survenue à la suite de la prise du médicament. La personne avait souffert de saignements importants, un effet secondaire qui est clairement énoncé dans les mises en garde du produit destiné aux professionnels de la santé, indique le ministère.

M. Viersen n'a pas commenté directement la réponse de Santé Canada. Il a plutôt envoyé par courriel une déclaration provenant de Life Canada – une association qui représente les groupes antiavortement au Canada – qui faisait part de ses inquiétudes sur les effets secondaires fréquents du médicament, qui selon elle, pourraient « masquer une complication sous-jacente ».

Le ministère assure qu'il continuera de surveiller les réactions au médicament et qu'il prendra « une mesure appropriée » si des inquiétudes de sécurité sont soulevées.

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