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La mort d'un Canadien au Pérou ravive le débat sur l’ayahuasca

De sa main droite, un guérisseur verse de l'ayahuasca, un liquide brunâtre, dans une petite tasse.

Des centaines de retraites offrent des cérémonies de l'ayahuasca, du Brésil au Pérou.

Photo : Eitan Abramovich/AFP/Getty Images

Radio-Canada

La mort de Sébastian Woodroffe au Pérou ravive le débat sur l'utilisation de l'ayahuasca, une potion hallucinogène puissante utilisée dans certains rites chamaniques en Amérique du Sud.

Le quarantenaire originaire de l’île de Vancouver se trouvait dans un coin reculé de la forêt amazonienne pour étudier la médecine hallucinogène et aider les personnes toxicomanes, selon un de ses amis. Le Canadien aurait été lynché en représailles de la mort d’une guérisseuse réputée, Olivia Arevalo. Des villageois ont imputé le meurtre de la femme de 81 ans à Sébastien Woodroffe, qui aurait été un de ses clients.

Qu’est-ce que l’ayahuasca?

L’ayahuasca est une potion faite à partir d’une plante qui pousse dans la jungle. Elle se boit et est utilisée lors de cérémonies spirituelles dans certains pays comme le Pérou, le Costa Rica et le Brésil. Elle peut provoquer des hallucinations ou des émotions intenses. Certains utilisateurs disent qu'elle donne un aperçu de comportements qu'ils veulent changer. Sa consommation peut aussi entraîner de la diarrhée et des vomissements.

Plus de recherche nécessaire

Le médecin retraité Gabor Maté, de Vancouver, est un auteur et spécialiste dans le traitement de la dépendance. Il pense qu'il faudrait faire plus de recherches sur cette drogue, mais il soutient que c'est presque impossible, car la substance est illégale au Canada, sauf si elle est utilisée dans certains contextes religieux. En Amérique latine, des milliers de cas ont pu être étudiés, et la recherche montre que la substance diminuerait la dépression, l’anxiété, la dépendance, selon M. Maté. Au Brésil, l’ayahuasca est même offerte à des prisonniers pour réduire la violence.

Étant donné ce que j’ai vu et le pouvoir de guérison puissant qu’elle peut avoir chez certaines personnes, j’aimerais voir de la recherche en Amérique du Nord.

Gabor Maté, médecin retraité

Le spécialiste précise toutefois que ce n’est pas une substance qui peut être prise à la légère et qu’elle nécessite un accompagnement.

Tourisme psychédélique

Des centaines de retraites offrent des cérémonies de l'ayahuasca, du Brésil au Pérou. Certains n'aiment pas voir banaliser cette tradition culturelle autochtone, qui, souvent, est offerte sans les précautions requises par des chamans improvisés.

Le professeur de santé publique à l'Université de la Colombie-Britannique Mark Haden déconseille l'usage de l’ayahuasca, notamment durant un voyage.

Il faut un minimum de préparation avant de vivre cette expérience.

Mark Haden, professeur en santé publique à l'UBC

« Les touristes paient, boivent la mixture et partent tout de suite après. Dans ces conditions, personne ne les prépare ni leur explique ce qu'ils vivent ni comment interpréter cette expérience, affirme M. Haden. Ce n'est pas sain. Ça peut même être très dangereux de consommer de l'ayahuasca sans avoir vérifié les compétences des chamans ou la réputation de la maison qui offre le traitement. C'est un désastre annoncé. »

Avec les informations de Dominique Arnoldi

Colombie-Britannique et Yukon

Drogues et stupéfiants