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Opioïdes : plus d’argent pour lutter contre les dépendances dans le Nord-Est

Des comprimés d'oxycodone et d'acétaminophène
Des comprimés d'oxycodone et d'acétaminophène Photo: La Presse canadienne / Graeme Roy
Radio-Canada

La province investit 1,6 million de dollars supplémentaires dans la région pour prodiguer des soins rapides à ceux qui souffrent de dépendance aux opioïdes et à l'alcool.

Un texte de Joël Ashak

Les cliniques d’accès rapide aux traitements pour les toxicomanies de Sudbury, Algoma, Cochrane et Nipissing vont recevoir 400 000 $ chacune de la part du Réseau local d'intégration des services de santé (RLISS), un organisme provincial qui fait le lien entre le gouvernement et les établissements de santé.

Cet argent permettra notamment aux cliniques d’ouvrir plus de journées dans la semaine et d’embaucher du personnel.

« Avec les analyses, on réalise que le besoin est tellement grand ici à Sudbury et dans la région autour que c’est une occasion sur laquelle il fallait sauter, dit le nouveau directeur du RLISS du Nord-Est, Jérémy Stevenson. Et ce n’est que le début. »

L'homme fait un discours lors de l'annonce de financement.Jérémy Stevenson, le nouveau directeur du RLISS du Nord-Est de l'Ontario Photo : Radio-Canada / Joël Ashak

La clinique de traitement des dépendances à accès rapide de Sudbury, où a eu lieu l’annonce du RLISS vendredi matin, sera ouverte cinq jours par semaine plutôt que trois.

Le centre, dont l'hôpital Horizon Santé-Nord assure le fonctionnement, s’occupera également de la recherche, de la collecte et de l’analyse de données en vue de participer à la création d'une stratégie provinciale.

Jérémy Stevenson espère même que ces efforts mèneront à la création de centres d’injection supervisée.

« Nous avons un groupe qui propose des stratégies. Si c’est vers cela qu’on se dirige, je pense qu’il faut qu'on écoute, que l'on comprenne les besoins et qu’on investisse là où ils sont. »

Un besoin d'expertise

L’un des patients de la clinique de Sudbury, Robert Pilotte, considère que l’accès à ces soins lui a tout simplement sauvé la vie.

« Il y a deux ans et demi, j’ai vu le Dr Michael Franklin [de la clinique], raconte le Sudburois. Il m’a mis sur la Suboxone, ça a complètement changé ma vie. »

Le Suboxone est une combinaison de médicaments qui aide à combattre les dépendances aux opioïdes en coupant les symptômes de sevrage.

Le Sudburois de 73 ans fait une entrevue avec Radio-Canada.Robert Pilotte dit avoir eu la vie sauvée par les traitements reçus à la clinique de Sudbury. Photo : Radio-Canada / Joël Ashak

Ce sont des maux de tête qu’il dit avoir depuis 40 ans qui ont amené son ancien médecin à lui prescrire de la mépéridine, un opioïde, pour calmer les douleurs chroniques.

Avec le temps, il en est devenu dépendant. Son médecin de l’époque a décidé un jour de brusquement lui couper l’accès à ses antidouleurs.

Je pensais au suicide. C’est dangereux d’arrêter les opioïdes soudainement.

Robert Pilotte, patient

« Et si tu arrêtes d’un coup, ajoute-t-il, les gens vont dans les rues et ils vont obtenir les médicaments pour soulager leur douleur. »

Le directeur du RLISS du Nord-Est le rappelle : beaucoup de toxicomanes sont des gens qui, comme Robert Pilotte, ont eu accès aux opioïdes d’abord avec une ordonnance de leur médecin pour soulager des douleurs chroniques.

« Ce sont des professionnels, des jeunes, des étudiants aussi. C’est une grande variété d’individus [qui est touchée par cette crise] », explique Jérémy Stevenson.

Depuis son ouverture en décembre 2015, la clinique de traitement des dépendances à accès rapide de Sudbury a traité 108 patients.

Crise des opioïdes

Santé