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Un premier comptoir de cannabis autochtone au Québec

L'insigne du conseil de bande de Kanesatake, sur lequel on peut voir un ours brun et un loup gris.
Le Conseil de bande de Kanesatake Photo: Radio-Canada / Francis Labbé
Radio-Canada

À quelques mois de la légalisation du cannabis, les communautés mohawks se préparent à en réglementer la distribution et la production. À Kanesatake, sur la rive nord du fleuve Saint-Laurent, un distributeur vend déjà ouvertement du cannabis, une première au Québec. Le conseil de bande dit être pris de court.

Un texte de Laurence Niosi

« On n'est pas prêt à accepter ce genre d’activité. On n'a pas d’inspecteur pour la qualité, de politique pour être sûr que les gens n’abusent pas », dénonce le grand chef de Kanesatake, Serge Otsi Simon.

La semaine dernière, un entrepreneur a ouvert un comptoir de distribution de cannabis en arrière d’une station d'essence dans la communauté mohawk, enclavée dans la municipalité d'Oka. Le comptoir de cannabis médicinal Smoke Signals est le premier à s'afficher ouvertement. (Le propriétaire, Clifton Ariwakehte Nicholas, a décliné notre demande d’entrevue).

Le chef Simon s'inquiète de voir d’autres entrepreneurs, notamment des vendeurs de cigarettes, être tentés de suivre l’exemple de Smoke Signals en ouvrant leur propre magasin avant même la date de légalisation, prévue cet été. Une façon pour eux de « défier » le conseil, dit-il.

Ce genre de commerce pourrait en outre « faire mal à la communauté », quand viendra le temps à Santé Canada d’accorder des licences à des producteurs de cannabis à des fins thérapeutiques. Le conseil, quoique réticent au cannabis à usage récréatif, a déjà approuvé l’automne dernier un projet de production de cannabis médicinal.

En Ontario, les comptoirs de distribution de cannabis dans les communautés sont déjà nombreux. Sur le territoire mohawk de Tyendinaga, tout près de Belleville, une vingtaine de distributeurs vendent ouvertement de la marijuana à des fins médicales et récréatives depuis plusieurs mois.

Un premier festival autochtone de cannabis, le « Cannabis cup », est même prévu à Tyendinaga en mai, un événement qui témoigne de l’importance de l’économie du cannabis dans certaines communautés.

Nombre de vendeurs s’appuient sur leurs droits ancestraux, dont la Déclaration des Nations unies sur les droits des peuples autochtones, qui leur confère le « droit de conserver leurs pratiques médicales, notamment de préserver leurs plantes médicinales, animaux et minéraux d’intérêt vital. »

Pendant ce temps à Kahnawake

À Kahnawake, le conseil de bande a appliqué en septembre un moratoire sur la production et la vente de cannabis sur son territoire. Depuis plusieurs mois, le conseil tient des consultations auprès de sa population, qui s’est dite en faveur de la production de cannabis sur le territoire, mais contre la vente.

Le conseil songe à fixer à 21 ans l’âge minimal pour acheter du cannabis, au lieu de 18 ans, comme le prévoit le projet de loi, explique la cheffe Rhonda Kirby.

La communauté mohawk applique une politique de tolérance zéro face aux drogues depuis 25 ans.

Avec la collaboration de Sophie-Claude Miller

Grand Montréal

Nations métisses et autochtones