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  • Archives
  • En 1988, c'était le dernier tour de piste de la carrière Miron

    Les deux cheminées rouges et blanches de la carrière Miron, dont une s’effondrant à la diagonale.
    Effondrement de la première cheminée Miron, lors de l'opération de démolition, le 17 avril 1988. Photo: Radio-Canada
    Radio-Canada

    Connaissez-vous l'histoire de la carrière Miron? Il y a 30 ans, la Ville de Montréal ordonnait la démolition des cheminées Miron. Un symbole du nord de la ville s'effondrait alors pour laisser place à une nouvelle vocation. Le Complexe environnemental de Saint-Michel, le quartier général du Cirque du Soleil, la TOHU et le parc Frédéric-Back ont depuis élu domicile sur le site.

    Dans les années 60, Miron limitée est une compagnie florissante. Sur le site de la carrière, dont on exploite le calcaire, la famille Miron a construit une cimenterie ultramoderne.

    Reportage du 15 mai 1961

    Cet extrait d’un reportage du 15 mai 1961 donne une bonne idée de l’ampleur de l’entreprise. Le narrateur Jean-Paul Nolet y énumère les installations : « un des plus grands fours à ciment du monde », « la plus haute cheminée de Montréal », « quatre fabriques de béton pré-mélangé », « une flotte de 800 véhicules » et un « réseau de télécommunications privé ».

    En 1968, la compagnie ajoute une corde à son arc : une partie de la carrière est désormais utilisée comme site d’enfouissement.

    Le dynamitage des cheminées Miron

    Montréal ce soir, 15 avril 1988

    Dimanche, Montréal va perdre un de ses points de repère importants. Les cheminées de la carrière Miron seront démolies.

    Le présentateur Charles Tisseyre

    Au bulletin de nouvelle Montréal ce soir du 15 avril 1988, le présentateur Charles Tisseyre annonce la fin d’une époque. Depuis quelques années déjà, la carrière Miron n’est plus en activité. En 1984, la Ville de Montréal en a fait l’acquisition avec une autre vocation en tête.

    Comme l’explique le journaliste André Fournier dans son reportage, les odeurs nauséabondes du dépotoir et les risques du dynamitage soulevaient l’ire des résidents du voisinage.

    La Ville envisage maintenant pour le site un immense parc, un terrain de golf et un développement industriel et résidentiel.

    Téléjournal, 17 avril 1988

    Le 17 avril 1988, plus de 50 000 curieux se massent aux abords de la carrière pour assister au dynamitage des deux cheminées Miron. Comme en témoigne ce reportage au Téléjournal, l’opération de démolition ne se déroule pas tout à fait comme prévu.

    La journaliste Ghislaine Bouffard rapporte que les deux cheminées rouge et blanc ont donné du fil à retordre aux dynamiteurs. Après trois détonations, la première cheminée s’écroule de façon spectaculaire. L’autre s’entête à demeurer à la verticale, malgré la destruction de sa base.

    Un périmètre de sécurité de 600 mètres est établi autour de la cheminée affaiblie. La Ville de Montréal, les dynamiteurs et la CSST doivent analyser l’échec initial et convenir d’une méthode sécuritaire pour finir le travail.

    Ce n’est que deux semaines plus tard, le 2 mai 1988, que la deuxième cheminée tombera à son tour.

    Une vocation circassienne

    Le Midi, 3 juin 1994

    Le 3 juin 1994, une annonce vient donner un sérieux coup de pouce à l’ancienne carrière Miron. Le Cirque du Soleil compte y installer ses quartiers généraux.

    Au bulletin de nouvelles Le Midi, le journaliste Daniel Carrière parle d’un projet audacieux pour ce qui demeure le deuxième plus grand dépotoir d’Amérique du Nord.

    Réparti sur 16 sites différents, le Cirque du Soleil souhaite regrouper ses installations. Le projet de 15 millions de dollars s’inscrit dans un programme public d’infrastructures. Le Cirque du Soleil et les deux paliers de gouvernement, fédéral et provincial, y participent à parts égales.

    À ce qu’on rebaptisera la Cité des arts du cirque s’ajouteront d’autres entités dans les années suivantes. L’École nationale de cirque d’abord puis, en 2004, la TOHU qui innove à son tour en se chauffant avec le biogaz produit par le site d’enfouissement.

    De dépotoir à parc urbain

    La dernière réalisation qui a réinventé la carrière Miron? Le parc Frédéric-Back, inauguré pour le 375e anniversaire de Montréal. Cet immense parc urbain – qui vise à terme à couvrir les 41 000 tonnes de déchets de l’ancien site d'enfouissement – risque fort bien de devenir un modèle de réhabilitation.

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