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Une manifestation contre la construction d'une nouvelle prison à Ottawa

Des personnes devant un édifice tiennent des pancartes.
Une cinquantaine de personnes ont manifesté à Ottawa contre la construction d'une nouvelle prison plus grande. Photo: Radio-Canada
Radio-Canada

Une cinquantaine de manifestants se sont rassemblés au centre-ville d'Ottawa vendredi matin pour dénoncer la volonté du gouvernement ontarien de remplacer le Centre de détention d'Ottawa-Carleton par une nouvelle prison plus grande d'ici 2023.

Un investissement de 500 millions de dollars serait nécessaire pour cette construction, une somme que les manifestants souhaiteraient allouer à la prévention du crime.

« En dépensant 500 millions à 1 milliard de dollars pour concevoir, construire, financer et entretenir un nouveau centre de détention à Ottawa, le gouvernement de l'Ontario manque une occasion d'investir dans la communauté et dans des mesures de déjudiciarisation, comme l'éducation, le logement, la réduction de la pauvreté et les soins de service en santé mentale », regrette Justin Piché, professeur de criminologie à l'Université d'Ottawa et porte-parole de ce mouvement.

De petits rideaux cachent ce qui semblent être des fenêtres.Un corridor de la prison d'Ottawa-Carleton. Photo : Radio-Canada

« En 2013-2014, les dépenses de fonctionnement des services correctionnels pour adultes se sont élevées à 4 milliards de dollars, alors que les recherches ont démontré que ça nous prendrait beaucoup moins d'argent à investir dans la réinsertion d'une personne », renchérit Darlene Lozis, présidente de 3R International et qui travaille auprès de populations vulnérables.

Le 4 mai 2017, le gouvernement de l'Ontario avait annoncé qu'il voulait construire une nouvelle prison, 25 % plus grande que le Centre de détention d'Ottawa-Carleton, qui aurait donc 725 lits contre 585 dans la prison actuelle.

Les manifestants déplorent aussi l'annulation mardi d'une consultation publique sur le sujet qui devait avoir lieu à l'hôtel Marriott Ottawa vendredi matin.

Le professeur Piché assure que bon nombre d'associations communautaires et de groupes de citoyens ont demandé à ce que d'anciens détenus et des travailleurs sociaux soient impliqués dans la discussion. Il croit que les membres du gouvernement ne souhaitaient pas répondre aux questions de la communauté.

« On demande que le gouvernement de l'Ontario reporte, planifie et convoque une séance de consultation avant les élections provinciales du 7 juin qui soit ouverte au public et aux médias, pour discuter sur la façon dont on peut améliorer la sécurité et le bien-être dans notre communauté », exige-t-il.

D'autres citoyens estiment que ce projet de construction pourrait nuire encore davantage à des populations qui sont déjà déjà en marge de la société.

« On ne nous a pas consultés, et je pense que c'est l'un des drames de la chose, [...] parce que je suis certaine que si on nous avait consultés, on aurait pu donner d'autres pistes de solution au gouvernement », soutient Mme Lozis, qui parle d'une annonce du gouvernement « faite en catimini ».

La ministre ontarienne de la Sécurité communautaire et des Services correctionnels, Marie-France Lalonde, n'était pas disponible pour une entrevue, mais son attaché presse, Dorijan Najdovski, a expliqué que la construction d'un centre de détention plus grand n'empêchera pas le gouvernement de l'Ontario d'investir dans la communauté pour éviter que des personnes à risque se retrouvent incarcérées.

M. Najdovski a aussi dit que cette modernisation importante de la prison va améliorer les conditions de détention ainsi que la sécurité du personnel et des détenus. Enfin, il a assuré que des consultations publiques auront lieu tout au long du processus de conception et de construction, sans toutefois donner de dates.

Les travaux pourraient débuter en 2020. Le nouveau centre de détention, dont l'emplacement n'a pas encore été confirmé, pourrait ouvrir ses portes entre 2023 et 2025.

Avec les informations de Florence Ngué-No

Ottawa-Gatineau

Politique provinciale