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C’est la fin pour Martin Coiteux en politique

Martin Coiteux a annoncé son départ de la politique vendredi, à Montréal, en présence de sa femme Monica.

Martin Coiteux a annoncé son départ de la politique vendredi, à Montréal, en présence de sa femme Monica.

Photo : La Presse canadienne / Graham Hughes

Radio-Canada
Prenez note que cet article publié en 2018 pourrait contenir des informations qui ne sont plus à jour.

Le libéral Martin Coiteux n'aura été en politique que pour un mandat. Le ministre de la Sécurité publique et des Affaires municipales a annoncé vendredi qu'il ne se représentera pas aux prochaines élections.

Douzième député – et troisième ministre – du Parti libéral du Québec (PLQ) de Philippe Couillard à annoncer son départ à l'approche des élections de l’automne, il restera néanmoins en poste jusqu’au scrutin du 1er octobre.

« Je ne solliciterai pas un autre mandat pour des raisons personnelles et avec l’impression du devoir accompli. La vie politique est une vie exaltante […], une vie qui nous permet de faire avancer le Québec. Mais disons-le franchement, c’est une vie qui, en même temps, impose des sacrifices importants. C’est une vie qui pèse lourdement sur la vie personnelle, sur la vie familiale aussi », a laissé tomber M. Coiteux à Montréal, où sa femme l’accompagnait pour cette annonce.

Celui qui était professeur à HEC Montréal juste avant le déclenchement des élections d’avril 2014 s’est dit fier de son bilan et de celui de son gouvernement. « Je peux dire avec fierté que beaucoup de travail a été accompli au cours de ces quatre années », a-t-il dit.

Martin Coiteux a tenu à spécifier que les sondages, qui placent les libéraux deuxièmes derrière la Coalition avenir Québec (CAQ), n’ont rien à voir dans sa décision. Il a fait le saut en politique par conviction, dit-il, notamment pour « avoir l’occasion de débattre et de combattre » la proposition de charte des valeurs du Parti québécois (PQ), et il quitte la vie politique « sans amertume ».

Je ne me suis pas du tout présenté en 2014 en fonction des sondages. Pas plus que j’ai décidé de quitter en octobre prochain en raison des sondages. Ça n’a absolument rien à voir.

Une citation de : Martin Coiteux, lors de l'annonce de son départ de la politique

Le ministre a plutôt expliqué qu'il ne souhaitait pas devenir un politicien de carrière. « Je n’ai rien contre ça [les politiciens de carrière], mais j’ai envie de me donner l’opportunité de faire autre chose », a-t-il déclaré sur les ondes d'ICI RDI, peu après son annonce.

« Je suis convaincu que ça va permettre d’offrir une meilleure qualité de vie à ma famille, et je vais aussi, je crois, avoir une meilleure qualité de vie, parce que la politique, ce n’est pas facile tous les jours », a-t-il ajouté.

Un homme d’action

Avant d’accepter, en janvier 2016, les fonctions de ministre de la Sécurité publique, de ministre des Affaires municipales et de l’Occupation du territoire et de ministre responsable de la région de Montréal, M. Coiteux a fait un passage remarqué au Conseil du Trésor de 2014 à 2016.

Il a réduit de manière importante la croissance des dépenses de l'État par des mesures durement décriées tant par les partis d'opposition que par les syndicats.

« Il y a des choses dont je suis particulièrement fier, a avoué M. Coitieux vendredi. D’abord, d’avoir procédé à un important redressement des finances publiques. »

Il n’a pas fait ça seul, a-t-il dit, avant de parler de sa grande complicité avec son « ami » et collègue, le ministre des Finances Carlos Leitao.

Le ministre de la Sécurité publique s’est aussi illustré lors des inondations du printemps 2017, notamment en adoptant un plan d’action et des mesures d’urgence.

On l’a vu à maintes reprises sur le terrain, bottes aux pieds, pour prendre la mesure de la situation. Il a ordonné la mise en place de centres de coordination et embauché du personnel supplémentaire pour accélérer le traitement des demandes d’indemnisation.

Martin Coiteux avait alors avoué que la réponse gouvernementale avait connu des ratés et s’était dit conscient que les citoyens s’étaient heurtés à une série de processus bureaucratiques laborieux.

« Il faut toujours améliorer les choses, il ne faut jamais avoir peur de se remettre en question », a-t-il lancé vendredi, à propos de ce qu’il retient de son expérience lors des inondations.

Un homme portant des lunettes ovales semble nous regarder droit dans les yeux. Il porte un veston-cravate et il a les cheveux grisonnants.

Entrevue avec Martin Coiteux

Photo : Radio-Canada

Couillard salue sa « contribution remarquable au Québec »

Le premier ministre Philippe Couillard a tenu à saluer le travail de son ministre et « sa contribution remarquable au Québec » lors d'une mêlée de presse, vendredi matin.

« Son rôle dans le retour budgétaire a été important, mais je crois que ce qui va passer à l’histoire, c’est la transformation et le renouveau profond qu’il a apportés dans la relation entre le gouvernement du Québec et les municipalités », a dit le premier ministre.

Philippe Couillard a salué en ce sens ses initiatives législatives, qui ont fait en sorte d'accroître l'autonomie de Montréal, de Québec, mais aussi de l'ensemble des municipalités.

« C’est quelque chose qui fait que le Québec a beaucoup changé déjà et s’est profondément transformé notamment dans nos régions, Montréal aussi, Québec aussi, a souligné le premier ministre. Je pense que c’est une énorme contribution ».

M. Coiteux a eu lui aussi de bons mots pour son patron, vendredi, devant les journalistes. Il a notamment remercié le premier ministre pour « sa confiance et son leadership ».

Quelle suite à la politique?

M. Coiteux n’a pas confirmé s’il retournait à HEC Montréal en octobre.

« J’ai pris la décision que je ferais autre chose, mais je ne sais pas encore quoi », a-t-il simplement résumé.

À 56 ans, Martin Coiteux ne vient toutefois pas de clore le dernier chapitre de sa vie professionnelle.

« J’ai encore le temps de faire autre chose, d’essayer de nouvelles choses dans la vie, d’exercer de nouvelles fonctions. C’est le temps de passer à une nouvelle étape en toute sérénité », a-t-il conclu.

Vague de départs

Martin Coiteux est donc le troisième ministre de Philippe Couillard à annoncer son départ, après Jean-Marc Fournier (Relations canadiennes) et Stéphanie Vallée (Justice).

Il s'agit également du 12e député du PLQ à confirmer son intention de ne pas se représenter, notamment après Pierre Reid et Norbert Morin.

Le président de l'Assemblée nationale, Jacques Chagnon, sera selon toute vraisemblance le 13e, mais le principal intéressé n'a toujours rien confirmé.

D'autres, comme le ministre de l'Agriculture Laurent Lessard (Lotbinière-Frontenac) et le député de Jacques-Cartier Geoffrey Kelley, seraient en réflexion.

Trois places pourraient donc se libérer dans l'île de Montréal pour des candidats du PLQ en vue des élections du 1er octobre.

D'abord dans Nelligan, dans l'ouest de l'île, où M. Coiteux a obtenu plus de 80 % des voix en 2014. Ensuite dans Jacques-Cartier, circonscription voisine de Nelligan représentée sans interruption depuis 1994 par M. Kelley. Finalement, Westmount–Saint-Louis, le fief de M. Chagnon, qui y est élu depuis 1985.

En mars 2017, l'île de Montréal a d'ailleurs perdu une circonscription en vertu d'une refonte de la carte électorale. La Commission de la représentation électorale (CRE) a alors fusionné les circonscriptions de Mont-Royal et d’Outremont, représentées par deux ministres du gouvernement Couillard, Pierre Arcand et Hélène David.

Puisque tout indique que M. Arcand sera le candidat libéral de cette nouvelle circonscription, les départs au sein du PLQ pourraient donc ouvrir la voie à Mme David à Montréal.

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