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Bloc québécois : les opposants à Martine Ouellet déterminés à forcer la tenue rapide d'un vote de confiance

Gros plan sur Martine Ouellet, chef du Bloc québécois en train de discourir.

Martine Ouellet, chef du Bloc québécois.

Photo : The Canadian Press / Graham Hughes

Radio-Canada

L'opposition à Martine Ouellet s'organise et l'un de ses anciens alliés, Mario Beaulieu, en fait partie. Cette opposition tentera dimanche, lors du conseil général du Bloc québécois, de prendre le contrôle de l'ordre du jour afin qu'un vote de confiance se tienne le plus rapidement possible, selon ce qu'a appris Radio-Canada.

Un texte de Philippe-Vincent Foisy, correspondant parlementaire à Ottawa

Des représentants d’une quarantaine de circonscriptions espèrent qu’avec cette fronde la crise pourra se régler et que les sept députés démissionnaires retourneront au caucus.

« L’objectif, dimanche, sera de régler la crise, a indiqué une source bloquiste à Radio-Canada. Quand on pense à l’avenir du Bloc québécois, on ne pense pas à Martine Ouellet. »

Ils présenteront donc « une série » de propositions, notamment avancer la date du vote de confiance et du référendum sur les orientations du parti prévus les 1er et 2 juin. Le 15 mai est évoqué, selon nos informations.

Ils veulent aussi que les instances du parti restent neutres. Et, finalement, ils souhaitent qu’il n’y ait qu’une seule question portant uniquement sur l’avenir de Martine Ouellet. La question sur les orientations du parti pourrait donc être éliminée des propositions.

Avec les deux questions [le clan de Martine Ouellet] veut faire en sorte que la défense de la souveraineté au Bloc québécois soit indissociable de l’avenir de Martine Ouellet.

Une source du Bloc québécois à Radio-Canada

Les représentants des 40 circonscriptions devraient être majoritaires lors du conseil général. Le Bloc québécois compte des associations dans 67 circonscriptions, sur les 78 au Québec.

Ils pourraient aussi présenter deux autres propositions. La première viserait à rehausser le seuil du vote de confiance. Martine Ouellet soutient en effet depuis le début qu’elle n’a besoin que de 50 % des voix plus une voix pour rester en poste.

La deuxième serait en faveur d'un vote de confiance, qui se tienne sur le plancher du conseil général. Cette option ne serait toutefois pas privilégiée par tous, notamment parce que Martine Ouellet ne serait pas tenue de respecter le résultat. Les règles du Bloc québécois prévoient en effet qu’un vote de confiance se déroule lors du congrès, devant les membres.

D’ailleurs, l’un des alliés indéfectibles de Martine Ouellet, le député Xavier Barsalou-Duval, a été clair jeudi après-midi lors d’une entrevue au Parlement.

« Ça n’arrivera pas, a-t-il lancé. Théoriquement, il ne peut pas y avoir de vote de confiance, c’est dans un congrès que les statuts et règlements disent que ça doit avoir lieu. En faisant le référendum, on a une voie plus démocratique qu’en congrès, parce qu'on sonde tous les membres. Par contre, on peut jamais aller chercher une démocratie plus petite. »

En ce qui a trait au seuil, il laisse Mme Ouellet « gérer ce qu’elle jugera bon ».

Le virage à 180 degrés de Mario Beaulieu

Plusieurs ont été surpris le mois dernier d’apprendre que Mario Beaulieu avait demandé à Martine Ouellet de démissionner : un virage à 180 degrés pour celui qui a été l'un de ses plus grands alliés.

Depuis, le président du parti a été très discret, refusant de réitérer sa position en public et se tenant loin des caméras, dans le foyer de la Chambre des communes. En coulisses, il a toutefois été très actif.

« Il voulait éviter d'abîmer l’image du parti et de ne pas faire [de Martine Ouellet] une martyre », a expliqué une source proche du député.

Si ses opposants devaient l’emporter, Martine Ouellet serait contrainte de quitter son poste, ce qui entraînera une course à la chefferie. Aucun calendrier clair n’est prévu. Cela pourrait donc se tenir avant ou après l’élection québécoise.

L’objectif avant de se lancer dans ce processus sera toutefois de convaincre les sept députés démissionnaires de réintégrer le caucus.

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