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Un comité plaide pour une loi contre les violences sexuelles à l'école

Les explications de Louis de Belleval
Radio-Canada

Une coalition de groupes communautaires réclame plus de moyens financiers, du personnel qualifié et un encadrement législatif pour contrer et prévenir les violences sexuelles dans les écoles.

Un texte de Florence Reinson

Le Comité contre les violences sexuelles dans les écoles s’est donné pour mission de s’attaquer à ce problème dans les écoles primaires et secondaires au Québec.

« Les jeunes sont les mieux placées pour parler de leur réalité, donc, on se doit de les écouter, de les croire, de ne pas nier et d’agir pour elles. C’est à nous de faire entendre leur voix. C’est pour cela que ce comité a été créé », explique la coordonnatrice du programme jeunesse de la Maison d’Haïti, Émilie Martinak.

L’impulsion de ce regroupement vient de plusieurs jeunes filles de 12 à 17 ans fréquentant la Maison d’Haïti qui ont voulu prendre le taureau par les cornes et dénoncer les agressions dont elles ont été victimes dans leurs écoles, et créer un outil de sensibilisation pour informer d’autres jeunes avec un programme nommé « Juste pour elles ».

« Nous voulons qu’aucune fille n’ait jamais à avoir peur, qu’aucune fille ne subisse d’attouchements ou d'agression et que toutes les filles se sentent libres et en sécurité », ont-elles plaidé dans un message collectif.

Ces jeunes rêvent de changement qui passerait par l’adoption d’une loi-cadre.

Banalisation des violences à l'école

« Il y a une grande banalisation qui existe dans les écoles. Les questions de harcèlement, de sexisme ordinaire, d’attouchement, surtout au niveau des écoles primaires, ne sont pas prises au sérieux », constate la directrice des programmes au Y des femmes, Lilia Goldfarb.

Une partie importante des agressions sexuelles d’enfants seraient commises par des mineurs. De 40 % à 51 % des agressions sexuelles d’enfants ont été perpétrées par des personnes de moins de 20 ans, et de 13 % à 18 %, par des enfants de moins de 13 ans, selon des recherches de l’Institut national de santé publique du Québec.

De quoi faire dire à Émilie Martinak qu’il est temps de mettre en place un protocole uniforme à toutes les écoles du Québec, qui rende justice aux victimes et qui assure la rééducation de l’agresseur.

Il y a actuellement un protocole contre l’intimidation, mais qui n’est pas adapté aux cas d’agression sexuelle. Il faut mettre autant d’efforts, d’argent et d’outils en place pour contrer et prévenir les agressions sexuelles.

Émilie Martinak, coordonnatrice du programme jeunesse de la Maison d’Haïti

Ce protocole permettrait de réagir efficacement à la suite d’une agression et d’outiller les écoles avec des mesures bien définies à suivre, mais aussi de mettre en place des actions concrètes qui donneraient aux jeunes agresseurs l'occasion de prendre la mesure de leurs actes, mais aussi de prévenir les récidives, selon elle.

La CSDM adopte une résolution

Sensibilisée par le groupe de jeunes filles qui ont rompu le silence, la Commission scolaire de Montréal (CSDM) a adopté à l’unanimité, mercredi, une résolution relative à la violence sexuelle en milieu scolaire. « La résolution porte sur toutes les formes de violence sexuelle, peu importe l'auteur du geste. Elle vise à protéger toute personne se sentant victime d'un tel acte », a souligné la présidente de la CSDM, Catherine Harel Bourdon.

Les violences sexuelles ont des impacts psychologiques, émotionnels et physiques majeurs, souligne la coordonnatrice du programme jeunesse de la Maison d’Haïti, et ces impacts peuvent lourdement compromettre le développement et le fonctionnement des victimes.

C'est notamment pour cela qu'elles ont besoin d'un accompagnement et d'un suivi à long terme.

La cofondatrice de Québec contre les violences sexuelles, Mélanie Lemay, abonde dans le même sens. « Il est important de faire en sorte que l’éducation sexuelle soit de qualité et donnée par des professionnels qui sont à l’aise d’aborder et d’accompagner les jeunes tout au long du processus ».

Ces services devraient également être offerts à l’échelle du Québec et pas seulement dans les grands centres urbains, selon elle.

L'éducation passe aussi par le personnel scolaire qui doit être capable de capter les gestes avant-coureurs et d’agir. D'ailleurs, les écoles sont demandeuses d’accompagnement, mais le financement fait défaut, selon le Comité contre les violences sexuelles dans les écoles.

« De toute évidence, si on veut veiller à ce que la société se responsabilise et en fasse un enjeu de société, il faut lancer un message clair et évident sur la position qu’on a envie de mettre pour les prochaines générations », conclut Mélanie Lemay.

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