•  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

Le Musée des beaux-arts du Canada gardera le Chagall

Entrevue avec Lise Bissonnette et Ninon Gauthier à 24/60
Radio-Canada

Le Musée des beaux-arts du Canada (MBAC) retire La tour Eiffel de la vente prévue chez Christie's, à New York, pour le 15 mai prochain. Le conseil d'administration a pris cette décision mercredi et en a prévenu Patrimoine canadien.

Un texte de Valérie Lessard, avec la collaboration de Jean-Sébastien Marier

Une source gouvernementale a d'abord confirmé l'information à Radio-Canada, en cours de journée jeudi, après que le Musée eut refusé de le faire. Le MBAC a finalement annoncé ses intentions dans une lettre ouverte envoyée aux médias en soirée.

« Nous avons été sensibles aux débats passionnés des derniers jours et nous nous réjouissons de l’attachement du public pour la collection nationale », peut-on y lire.

La tour Eiffel demeurera donc au sein de la collection nationale.

Lettre ouverte du Musée canadien des beaux-arts du Canada

Le retrait du tableau de Marc Chagall du catalogue de la vente aux enchères signifie que le MBAC renonce à empocher les 8 à 10 millions de dollars canadiens que la vente du tableau aurait pu lui rapporter.

Le Musée devra plutôt payer une pénalité à la maison Christie's pour le retrait de la toile du catalogue. Il est toutefois encore trop tôt pour en déterminer le montant exact. Chez Christie's, on explique que de telles compensations sont évaluées « au cas par cas ».

« Il n'y a pas une pénalité précise qui s'applique à l'ensemble. Ça dépend aussi de la raison pour laquelle la vente aux enchères est annulée », a fait valoir une porte-parole de Christie's.

Or, le tableau du peintre français est toujours inscrit sur le site web de la maison d'enchères, avec un prix de vente estimé de 6 à 9 millions de dollars américains.

Une capture d'écran du site Internet de Christie's.Le tableau « La tour Eiffel » de Marc Chagall était toujours présent sur le site Internet de la maison Christie's, en soirée, le jeudi 26 avril 2018. Photo : christies.com

Peu importe la somme, le porte-parole du NPD en matière de culture et patrimoine, le député Pierre Nantel, déplore le fait que ce seront les contribuables qui écoperont d'un « ticket de luxe ».

J'espère que ce ne sera pas 1 million de dollars, c'est le montant qu'on entend en ce moment. Quand on roule dans ces sphères-là, ça se peut que les contraventions soient un peu plus chères.

Pierre Nantel, député néo-démocrate et porte-parole en matière de culture et patrimoine

S'il ne souhaite pas voir le politique se mêler de tels dossiers, « idéalement », M. Nantel n'en remet pas moins en cause la décision initiale du Musée des beaux-arts du Canada de se départir de la toile de Chagall. « Aujourd'hui, en regardant ce qui s'est passé, on peut questionner les choix du directeur », soutient-il.

Volte-face du Musée

La volte-face du MBAC survient trois jours à peine après l'émission d'une lettre signée conjointement par la présidente du conseil d'administration du Musée, Françoise Lyon, et par son directeur général, Marc Mayer. Cette lettre confirmait la volonté de l'établissement d'aller de l'avant avec la disposition de La tour Eiffel.

Ces derniers mentionnaient que le conseil d'administration du MBAC avait « réexaminé » sa décision de se départir de l'oeuvre, mais que la vente de cette dernière aurait bel et bien lieu. Mme Lyon et M. Mayer soulignaient même qu’il s’agissait d’une « décision mûrement réfléchie ».

Le plus récent rebondissement dans cette affaire survient également en l'absence du directeur général du MBAC, toujours « en réunions à l'extérieur du pays » et non disponible pour commenter la décision du conseil d'administration.

M. Mayer n'a d'ailleurs pas encore réagi non plus à la désignation patrimoniale par Québec, plus tôt cette semaine, du Saint Jérôme de David, qu'il souhaitait acquérir grâce à la vente controversée du Chagall.

Dans la lettre ouverte du Musée envoyée jeudi soir, l'institution explique que « puisque le Saint Jérôme de David ne risque plus de quitter le pays, le conseil d’administration en est venu à la conclusion qu’il n’est plus nécessaire de vendre La tour Eiffel le 15 mai 2018 ».

« La décision d’aliéner et de vendre La tour Eiffel de Marc Chagall n’a pas été prise à la légère. Elle a fait l’objet d’un examen fondé sur des recherches sérieuses et approfondies réalisées par les conservateurs du Musée, le conseil et ses conseillers externes », ajoute la lettre.

Avec les informations de Philippe-Vincent Foisy

Ottawa-Gatineau

Arts visuels