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Les maires du Grand Montréal s'opposent au projet de dépotoir nucléaire de Chalk River

Au premier plan, on peut voir des édifices. À l'arrière, se trouve un dépotoir.
Maquette du futur site de gestion de déchets radioactifs de Chalk River, en Ontario Photo: Laboratoires nucléaires canadiens
Radio-Canada

La Communauté métropolitaine de Montréal (CMM) craint que l'aménagement du dépotoir nucléaire de Chalk River, en Ontario, ne mette en péril l'approvisionnement en eau potable de nombreux citoyens du Grand Montréal.

Les élus représentant les 82 municipalités de la CMM ont adopté à l'unanimité jeudi matin une résolution visant à s'opposer au projet des Laboratoires nucléaires canadiens, qui sont gérés depuis 2016 par SNC-Lavalin et quatre multinationales anglo-américaines.

Cette résolution a immédiatement été envoyée au gouvernement du Québec, à Ressources naturelles Canada ainsi qu’à la Commission canadienne de sûreté nucléaire (CCSN)

La CMM dit être préoccupée par le stockage prévu de déchets nucléaires sur le site de Chalk River, situé tout près de la rivière des Outaouais, et par les risques de contamination en cas de fuite.

Environ 90 % des déchets radioactifs qui seraient enfouis dans le nouveau dépotoir se trouvent déjà sur le site de Chalk River, situé entre Ottawa et North Bay. Il s'agit principalement de débris de construction provenant de la démolition d'une centaine de vieux laboratoires datant de la fin de la Deuxième Guerre mondiale.

La résolution propose donc que la CMM accorde son appui à la Ville de Gatineau et s'oppose au projet.

Elle suggère notamment de demander à la CCSN de s'assurer auprès du promoteur « que toutes les options possibles pour la gestion des déchets nucléaires ont été évaluées en priorisant le bien-être de la population et la protection de l'environnement ».

La CMM demande aussi à l'Union des municipalités du Québec (UMQ) d'adopter sa propre résolution afin que les villes québécoises puissent développer une position commune.

Joint par Radio-Canada, le porte-parole de l'UMQ, Patrick Lemieux, a confirmé que le dossier sera abordé le 16 mai par le caucus des municipalités de la métropole, qui pourrait ensuite décider de présenter une résolution sur ce sujet deux jours plus tard, lors de l'assemblée générale annuelle.

La ministre de l'Environnement, Isabelle Melançon, a pour sa part indiqué que, « tout comme les citoyens, il y a une préoccupation de la part du gouvernement du Québec ».

« C'est pour ça qu'en septembre dernier, on a posé plus d'une centaine de questions à la Commission canadienne de sûreté nucléaire, a-t-elle déclaré à la sortie du caucus du Parti libéral du Québec. Déjà, en janvier, on a appris que le projet a été transformé, changé. [Pour] tout ce qui va être entreposé là-bas, on a diminué le risque des contaminants. On est toujours en lien avec la Commission. On attend certaines réponses de notre côté, mais je tiens à vous rappeler que le gouvernement du Québec est très présent. On a même demandé des audiences publiques, ici, en territoire québécois. »

On suit vraiment le dossier.

Isabelle Melançon, ministre québécoise de l'Environnement

Mercredi, une quarantaine de groupes environnementaux et de Premières Nations, dont une vingtaine du Québec, ont demandé une enquête internationale sur la gestion canadienne des déchets nucléaires, estimant que trois projets en cours d'évaluation par la CCSN – dont celui de dépotoir nucléaire à Chalk River – s'écartent des normes de l'Agence internationale de l'énergie atomique, notamment en raison de la proximité de cours d'eau.

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