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À quoi ressemblera le nouveau centre-ville de Montréal?

La nouvelle rue Sainte-Catherine ne comprendra plus qu'une seule voie de circulation pour les automobilistes.

Photo : Ville de Montréal

Radio-Canada

D'ici la fin de 2021, les piétons pourront pleinement profiter de la nouvelle rue Sainte-Catherine Ouest. Les trottoirs seront considérablement élargis, une seule voie de circulation sera mise en place et les stationnements seront supprimés. L'administration de Valérie Plante a complètement revu le projet de réaménagement de la principale artère commerciale du centre-ville de Montréal.

Un texte de Romain Schué (Nouvelle fenêtre)

Alors que des travaux d'infrastructures ont commencé en janvier pour rénover un réseau d'aqueduc plus que centenaire, l'équipe de Projet Montréal a souhaité mettre sa « signature » pour cette première phase de rénovation, entre les rues De Bleury, dans le Quartier des spectacles, et Mansfield, sur un tronçon d'environ 670 mètres.

Cette phase devrait être complétée en décembre 2021 et son coût global est estimé à 123 millions de dollars.

Une deuxième phase sera par la suite programmée jusqu'à l'avenue Atwater, sur près de 1,5 km.

Une seule voie de circulation

Fini les deux voies de circulation à la fin de ces travaux. À la fin de ce chantier, il n'y aura qu'une seule voie de circulation d'environ 6,2 m vers l'est, comme c'est le cas actuellement.

Par ailleurs, une voie de livraison sera créée. Celle-ci permettra aux transporteurs de livrer la marchandise tout au long de la journée.

Les automobilistes pourront également l'emprunter pour déposer un passager.

Il n'y aura pas de piste cyclable. Les cyclistes seront invités à emprunter la voie de circulation.

La vitesse de circulation ne changera pas et restera fixée à 30 km/h.

La fluidité ne sera pas affectée, a indiqué la Ville de Montréal, puisqu'en ce moment, l'une des deux voies de circulation est toujours entravée en raison des livraisons. Le même nombre de véhicules qu'à l'heure actuelle est prévu sur l'artère.

Selon la Ville, seulement 8 % des automobilistes qui empruntent la rue Sainte-Catherine s'y arrêtent. L'artère commerciale est surtout utilisée comme voie de contournement.

Des études plus précises sont en cours afin de connaître l'impact sur les rues voisines, a précisé la Ville, tout en mentionnant que celui-ci serait minime.

Une redistribution des véhicules pourrait néanmoins être constatée sur la rue Sherbrooke, a-t-on ajouté.

Des gens marchent sur la rue Sainte-Catherine.

Les trottoirs seront considérablement élargis sur la nouvelle rue Sainte-Catherine.

Photo : Ville de Montréal

Le stationnement supprimé

L'objectif de ce réaménagement voulu par la nouvelle administration est clair : augmenter l'espace pour les piétons.

Environ 6000 piétons par heure empruntent cet axe. Ce chiffre peut grimper jusqu'à 8000 piétons durant des événements comme le Vendredi fou, a mentionné la Ville.

On retranchera donc 144 places de stationnement, soit toutes celles qui sont disponibles actuellement sur ce tronçon.

Les trottoirs, confectionnés en pavés de béton avec bordure de granit, seront élargis d'environ 60 % et passeront de 3,2 m à 5,7 m de largeur. Des aires de repos et des places publiques seront aussi créées.

Tout autour de cette rue, un verdissement « intensif » verra le jour, avec du mobilier urbain. Un arbre sera planté tous les 9 mètres.

Un nouvel éclairage DEL et le wi-fi gratuit seront également proposés.

La répartition de l'espace sur la rue sera de fait complètement revue : 68 % seront réservés aux piétons, comparativement à 43 % aujourd'hui.

Les automobilistes seront invités à utiliser des espaces dans les rues perpendiculaires ou des stationnements hors rue. Au total, 139 panneaux électroniques seront installés pour les orienter.

Pas de trottoirs chauffants

Tel que l'avait déjà indiqué Radio-Canada fin janvier, l'administration Plante a abandonné l'installation, dans la rue et sur la chaussée, des trottoirs chauffants, qui auraient été chargés de faire disparaître la neige et la glace durant la période hivernale.

Prévue par l'équipe de Denis Coderre, cette idée a été jugée trop coûteuse et trop incertaine. Près de 30 millions de dollars avaient été envisagés pour l'installation de ces trottoirs.

Un projet similaire a quant à lui vu le jour, l'an passé, place Vauquelin, voisine de l'hôtel de ville. Cependant, alors qu'environ 15 millions y ont été injectés, ces trottoirs chauffants ont connu de nombreux dysfonctionnements depuis leur installation.

L'avenue McGill College piétonnisée

Située en plein coeur du centre-ville, l'avenue McGill College deviendra une artère entièrement piétonne. Valérie Plante compte ainsi respecter une promesse faite durant sa dernière campagne électorale.

En septembre dernier, un tel projet, qui comprenait la création d'une nouvelle place publique, avait été estimé à 35 millions. Aucun coût n'a cette fois-ci été précisé.

Une consultation publique sera menée dès l'hiver prochain auprès des Montréalais « afin d'offrir un espace qui répond à leurs aspirations », a indiqué l'administration.

Les travaux devraient commencer en 2022. Une station du futur Réseau express métropolitain est également prévue sous cette avenue.

La future place McGill College imaginée par l'administration Plante

La future place McGill College imaginée par l'administration Plante

Photo : Ville de Montréal

Des squares revus

Dans les prochaines années, la Ville de Montréal souhaite réaménager différents squares et plusieurs places voisines.

Le square Phillips comptera ainsi plus de verdure. Les travaux se feront entre 2020 et 2021.

Le square Phillips

Le square Phillips sera réaménagé avec plus de verdure.

Photo : Ville de Montréal

Le square Dorchester sera lui-aussi revu entre mai et décembre 2018, tout comme la place du Frère-André et la place Saint-James.

Le future square Dorchester, tel qu'imaginé par l'administration Plante

Le future square Dorchester, tel qu'imaginé par l'administration Plante

Photo : Ville de Montréal

Près de 5 millions pour les commerçants

Montréal compte investir 4,9 millions pour soutenir les commerçants durant la durée de ces premiers travaux.

De cette somme, 2 millions seront consacrés à l'animation, afin de maintenir l'achalandage malgré l'imposant chantier. Un million ira à la promotion commerciale et 1,3 million sera destiné à un programme d'aide pour permettre à ces commerces de rénover leur bâtiment.

Une nouvelle application pour le stationnement

D'ici la fin du chantier, la Ville compte développer une nouvelle application mobile, qui pourrait grandement aider les automobilistes à se stationner dans le centre-ville. Ils représenteraient 20 % des personnes se rendant dans ce secteur.

L'idée, a exposé l'élu François Croteau, serait de pouvoir réserver et payer un espace avant de monter dans son véhicule, tout en suivant, à travers cette application, le parcours le plus fluide pour s'y rendre sans encombre.

« Il y a près de 30 % de la congestion [provoquée] parce que des gens se cherchent une place de stationnement, a-t-il indiqué. Notre défi, c'est de réduire de façon draconnienne ce 30 %. Cette application pourrait ensuite être développée à la grandeur de la ville. »

Aucun coût ni échéancier précis n'ont cependant été évoqués.

L'ancien projet « aux poubelles »

L'ancien projet de rénovation imaginé par l'ancien maire Denis Coderre ne satisfaisait pas Valérie Plante. Critiquant le manque « d'audace » de son prédecesseur, la nouvelle mairesse tenait à réaliser « une métamorphose » du centre-ville.

« Il faut penser plus grand qu'un simple réaménagement de rue », a-t-elle évoqué jeudi.

« On est arrivé [au pouvoir], on a regardé les plans, puis on s’est dit : cette rue, on ne la refait pas pour la refaire dans 5 ou 10 ans, mais pour minimum les 50 prochaines années », a-t-elle clamé.

Si la rue Sainte-Catherine veut attirer les foules, si on veut qu’elle soit dans les guides touristiques, il ne faut pas un statu quo. Il faut des éléments intéressants. On a mis le statu quo aux poubelles

Valérie Plante, mairesse de Montréal

L'opposition officielle ne partage cependant pas ce point vue. « Il n'y a vraiment rien d'audacieux dans ce qui a été présenté », a réagi Lionel Perez, chef d'Ensemble Montréal, ajoutant que ce projet était « risqué ».

Cet ancien pilier de l'administration Coderre a jugé que « la vitalité économique » de cette artère n'était pas assurée avec ce nouveau réaménagement. Tout en reconnaissant « le bel ajout au projet » que constitue la piétonisation de la place McGill College, il a vivement critiqué la disparition des espaces de stationnement.

« La réalité économique, c'est qu'ils vont enlever 144 espaces de stationnement sur la première phase. Si on va de l'avant sur toute l'artère, ce sera 484 espaces de stationnement [qui seront enlevés], a-t-il réagi. Ils sont en train de dire à un important pourcentage de la population que s'ils veulent venir en voiture, ils ne sont pas les bienvenus. »

Grand Montréal

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