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Macron croit que Trump va se retirer de l'accord sur le nucléaire iranien

Donald Trump tient Emmanuel Macron par la main pour l'entraîner à l'intérieur de la Maison-Blanche.
Donald Trump entraîne Emmanuel Macron vers le bureau ovale de la Maison-Blanche pour des discussions sur l'Iran, le 24 avril. Photo: La Presse canadienne / AP/Pablo Martinez
Radio-Canada

Emmanuel Macron ne croit pas avoir réussi à persuader Donald Trump de préserver l'accord sur le nucléaire iranien malgré les nombreuses discussions que les deux hommes ont eues à ce sujet cette semaine.

Lors de sa visite officielle aux États-Unis cette semaine, le président français a cherché à convaincre son homologue américain de ne pas quitter cet accord, mais plutôt d’y adjoindre un nouvel accord « plus large ».

En conférence de presse mercredi soir, M. Macron a admis à demi-mot qu’il s’attendait à ce que M. Trump se retire de cet accord d’ici le 12 mai, comme il a souvent menacé de le faire.

« Je n'ai aucune information d'initié pour savoir ce que le président américain va décider », a-t-il dit. « Mais il m'a semblé constamment entendre depuis la campagne du président Trump jusqu'à la déclaration faite hier qu'il n'avait pas une volonté farouche de le maintenir ou de le défendre ».

L'analyse rationnelle de la totalité des déclarations du président Trump ne m'incite pas à penser qu'il fera tout pour maintenir [l’accord].

Emmanuel Macron

Dire que le président américain n’a pas la « volonté farouche de maintenir ou défendre l’accord » relève de l’euphémisme diplomatique. Depuis sa campagne électorale, Donald Trump a constamment dénoncé cet accord dans des termes sans équivoque. Cette semaine encore, il a utilisé les termes « désastre », « dément » et « ridicule » pour le qualifier.

Même si le président reconnaît périodiquement que la République islamique respecte les termes de cette entente âprement négociée, il le juge insuffisant, notamment parce qu’il n’endigue en rien son programme de missiles balistiques.

Interrogé sur le fait que le retrait des Américains de l’accord constituerait un échec pour lui, M. Macron s’est défendu.

« Mon action n'est pas de faire revenir le président Trump sur les engagements qu’il prend chaque jour, je ne suis ni Sisyphe ni Sacher Masoch », a-t-il laissé tomber, en rappelant que son objectif demeure d’empêcher « une escalade de tension inconsidérée » dans la région.

Au cours de ses discussions avec le président Trump, M. Macron a avancé l’idée de préserver l'accord d'origine, qui deviendrait le premier des « quatre piliers » d'un futur texte « plus large ».

Les autres « piliers » concernent ce qui arrivera après 2025, lorsque certaines clauses de l’accord concernant les activités nucléaires vont expirer, mais aussi les missiles balistiques et son rôle jugé « déstabilisateur » dans la région.

« Pour moi c'est un progrès, cela évite de tomber dans l'inconnu complet si la décision américaine est une sortie sèche », a fait valoir M. Macron.

Une proposition avancée au nom de l'Europe

Le président français a par ailleurs confirmé que cette proposition s’inscrit dans « une stratégie coordonnée avec [ses] partenaires européens », et ne constitue pas une initiative personnelle.

Ce n'est pas "mon" accord, c'est notre stratégie telle qu'elle a été coordonnée avec l'ensemble de nos partenaires européens. Je vous rassure, mon conseiller diplomatique a eu l'ensemble de ses homologues européens il y a quelques instants. La coordination se fait. Ce n'est pas un acte, une initiative isolée.

Emmanuel Macron

M. Macron a aussi souligné qu’il est « normal que les pays qui soutiennent l'Iran réagissent négativement » à sa proposition, dans une référence voilée à la Russie. Selon le Kremlin, « il n’y a pas d’autre alternative » à l’accord actuel.

« Il n'en demeure pas moins qu'il y a une incertitude qui existe sur l'accord, elle n'est pas dans nos mains et n'est dans les mains d'aucun » des pays qui ont émis des réserves ou exprimé un rejet, a-t-il déclaré.

« Je ne suis pas en train de dire : "c'est une formidable idée et tout le monde doit se ranger derrière". Je suis simplement en train de dire : "qu'est ce qu'on propose d'autre?" »

L'Iran refuse tout amendement

Téhéran refusera tout amendement à l'accord sur le nucléaire iranien, a pour sa part prévenu Ali Akbar Velayati, proche conseiller du guide suprême de la Révolution iranienne, l'ayatollah Ali Khamenei.

Aucun changement ni amendement à l'accord actuel ne sera accepté par l'Iran [...] Si Trump sort de cet accord, l'Iran fera sûrement de même [...] L'Iran n'acceptera pas un accord nucléaire sans aucun bénéfice pour nous.

Ali Akbar Velayati, conseiller de l'ayatollah Ali Khamenei

Le ministre iranien des Affaires étrangères, Javad Zarif, a déclaré en fin de semaine que son pays reprendra « vigoureusement » l'enrichissement d'uranium si Washington rompt l'entente actuelle.

L’accord sur le nucléaire iranien conclu en 2015 avec Téhéran a été signé par les États-Unis, la France, le Royaume-Uni, la Russie, la Chine et l’Allemagne. Il a limité le programme iranien à des usages civils en échange d’une levée progressive des sanctions économiques prises à son encontre.

Avec les informations de Agence France-Presse, et Reuters

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