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Saint-Boniface : rouge, orange ou bleue?

Saint-Boniface : une circonscription qui a tendance à voter longtemps pour le même candidat.

Saint-Boniface : une circonscription qui a tendance à voter longtemps pour le même candidat.

Photo : Radio-Canada

Radio-Canada

Le 26 avril, le Parti libéral du Manitoba décidera de son candidat en vue de l'élection partielle qui doit se tenir dans Saint-Boniface. Le 29 avril, ce sera au tour des néo-démocrates. Regard sur une circonscription qui reste le « foyer de la francophonie au Manitoba », selon Raymond Hébert.

Un texte de  Gavin Boutroy

« Depuis 1958, il y a eu essentiellement deux partis qui ont occupé le poste de député [provincial] de Saint-Boniface : le Parti libéral et le Nouveau Parti démocratique », affirme le politologue Raymond Hébert.

L’élément principal, c’est que c’est le foyer de la francophonie au Manitoba. Environ 30 % de la population de Saint-Boniface parle français au foyer. Ça baisse évidemment avec le temps un petit peu.

Raymond Hébert, politologue

Il croit qu'on peut tirer des leçons de l’histoire pour cette partielle. « Il faut remonter en 1932 pour trouver un député [provincial] conservateur à Saint-Boniface. Les chances, basées sur l’histoire, sont relativement faibles pour le candidat conservateur », dit-il.

Toutefois, il pense que cette partielle sera une lutte à trois. « Pour [le candidat conservateur], il y a toujours l’argument de voter pour le gouvernement, d’avoir une voix francophone au sein du gouvernement provincial », dit-il.

Le point sur les candidats

Dougald Lamont, le nouveau chef du Parti libéral du Manitoba, et Mamadou Ka, du Parti progressiste-conservateur, ont annoncé leur intention de se présenter à l'investiture de leurs formations politiques respectives.

Candidat dans Saint-Boniface, M. Lamont s'était incliné face à Greg Selinger en 2003. Mamadou Ka avait subi le même sort lors des élections de 2016.

Les deux candidates à l’investiture du Nouveau Parti démocratique (NPD) sont Lauralee Gooding et Blandine Tona.

Des candidats qui durent

M. Hébert note que la circonscription de Saint-Boniface a tendance à réélire plusieurs fois la même personne.

« On peut penser à Laurent Desjardins, élu en 1959 et qui a quitté [la vie politique] en 1988. Il a commencé comme libéral, mais en 1969, avec l'élection de M. Schreyer, il est passé dans les rangs néo-démocrates », rappelle-t-il.

L’arrivée de Laurent Desjardins au sein du NPD a vraiment signalé l’installation de ce parti comme l’une des deux formations importantes dans la circonscription de Saint-Boniface, selon le politologue. Mais il a été rapidement remplacé par le libéral Neil Gaudry, qui a occupé le siège pendant 11 ans.

« Les électeurs de Saint-Boniface étaient très satisfaits de lui ,de toute évidence, parce qu’ils le réélisaient constamment, malgré le fait qu’il faisait partie d’un parti ayant très peu d’importance au sein de la législature manitobaine », ajoute-t-il.

Et cela pourrait être de bon augure pour le Parti libéral du Manitoba, qui n’a que trois députés à l’Assemblée législative. Un quatrième leur accorderait le statut de parti officiel, qui est accompagné de nouvelles ressources financières. Le député fédéral de Saint-Boniface, Dan Vandal, a déclaré qu'il prêterait main-forte à ses collègues provinciaux au moment de la campagne.

La circonscription a élu le néo-démocrate Greg Selinger depuis l'élection générale de 1999. Au cours de ses mandats, Geg Selinger a été ministre des Finances sous le premier ministre Gary Doer avant de lui succéder comme chef du parti et premier ministre.

Aucune date pour l’élection partielle dans Saint-Boniface n’est encore prévue, mais la province doit organiser un vote au plus tard le 28 août.

Avec des informations de Louis-Philippe LeBlanc

Manitoba

Politique provinciale