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Demandeurs d'asile : Lisée évoque une clôture sur le chemin Roxham

Un groupe de Nigérians traverse la frontière canado-américaine de façon irrégulière sur le chemin Roxham.
Un groupe de Nigérians traverse la frontière canado-américaine de façon irrégulière sur le chemin Roxham. Photo: Radio-Canada / René Saint-Louis

Le chef du Parti québécois souhaite la fermeture du chemin Roxham près du poste frontalier de Saint-Bernard-de-Lacolle, en Montérégie. C'est à cet endroit que traversent de façon irrégulière des centaines de migrants en provenance des États-Unis. Lors d'une mêlée de presse, Jean-François Lisée a même suggéré qu'une clôture soit installée pour bloquer ce point de passage.

Un texte de Mathieu Dion, correspondant parlementaire à Québec

Depuis l’été dernier, M. Lisée réclame aux gouvernements du Québec et du Canada la suspension de l’Entente entre le Canada et les États-Unis sur les tiers pays sûrs. Cette entente conduit de nombreux demandeurs d’asile à contourner la frontière légale par un point de passage non reconnu, comme le chemin Roxham.

« Il faut faire en sorte que les gens aient accès à d’autres points d’entrée, a-t-il expliqué. Si 91 % des entrées irrégulières ont été faites au Québec, c’est parce qu’on a le chemin irrégulier le plus connu au monde. »

La suspension de l’entente inciterait, selon M. Lisée, les migrants à se présenter à d’autres postes frontaliers ailleurs au Canada et permettrait de les « accueillir humainement ». « Ensuite, une fois qu’on a décidé ça, qu’on leur donne une autre voie, avec le gouvernement fédéral, on dit : "Écoutez, ce chemin qui a été construit, maintenant élargi et où il y a des cabanes autour, on met une clôture". C’est tout. Ne passez plus ici! »

On va surtout arrêter d’envoyer ce signal épouvantable où il y a un chemin irrégulier où les gens peuvent venir d’Afrique pour se rendre là.

Jean-François Lisée, chef du Parti québécois

Un mur?

Propose-t-il, donc, de construire un mur? « Une clôture suffira amplement, a répondu Jean-François Lisée. Il y a plusieurs clôtures qui sont faites ici et là. On a plusieurs très bons constructeurs de clôtures au Québec. Donc, on a l’embarras du choix. »

Voyant venir l’inévitable allusion au mur que souhaite bâtir le président américain Donald Trump à la frontière mexicaine, M. Lisée a lancé à la blague que cette clôture serait payée par « les Mexicains ».

Une heure après la mêlée de presse, le chef péquiste a tenu à préciser sa pensée sur son compte Twitter : « Comment indiquer que Roxham est fermé? Un panneau, une haie de cèdres, un policier? Peu importe. »

« Simpliste »

En réaction à ces propos, le ministre de l’Immigration, David Heurtel, a déclaré que Jean-François Lisée proposait « des solutions simplistes à un enjeu très complexe ».

Pas question de « construire des murs », a dit M. Heurtel. À son avis, le véritable enjeu demeure le délai de traitement des demandes d’asile par Ottawa.

Invité à se prononcer sur la proposition de Jean-François Lisée par des journalistes aux Communes, le premier ministre canadien, Justin Trudeau, a souri ironiquement, sans répondre ni s'arrêter pour une mêlée de presse.

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