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Les jeunes rapportent plus de conflits interethniques à l’école

Des élèves dans le couloir d'une école
Des élèves dans le couloir d'une école Photo: Aucune / Radio-Canada
Radio-Canada

Les élèves du Québec observent de plus en plus de conflits entre groupes ethniques. Les cas restent relativement peu nombreux en chiffres absolus, mais c'est l'une des tendances préoccupantes qui se dégage d'une étude dévoilée jeudi, à Québec.

Un texte d’Alexandre Duval

La hausse est constatée tant au primaire qu’au secondaire.

En 2013, les jeunes des écoles secondaires rapportaient avoir vu en moyenne 1,9 conflit entre des jeunes issus de différentes communautés culturelles chaque année. En 2017, ce chiffre a augmenté à 2,6.

Au primaire, l’augmentation est encore plus forte. En 2013, on parlait de 2,3 conflits perçus chaque année par élève. En 2017, la moyenne est passée à 3,4.

L’une des chercheuses responsables de cette Enquête nationale sur la violence dans les écoles québécoises, Claire Beaumont, soutient qu’il faudra avoir ce phénomène à l’œil au cours des prochaines années.

La professeure affirme qu’à ce moment-ci, il est difficile de dire s’il y a carrément plus de conflits entre groupes ethniques dans les écoles du Québec, ou si les jeunes sont simplement plus aux aguets en raison de l’actualité.

On intervient plus sur le vivre-ensemble et l’acceptation des communautés différentes. Tout ça peut faire en sorte qu’on est peut-être plus sensible à parler d’un conflit ethnique.

Claire Beaumont, titulaire de la Chaire de recherche sécurité et violence en milieu éducatif

Les données de l’étude laissent toutefois entendre que les élèves ne sont pas les seuls à percevoir le phénomène. Les membres du personnel, tant au primaire qu’au secondaire, ont vu en moyenne plus de conflits entre groupes ethniques en 2017 qu’en 2013.

L’Enquête nationale sur la violence dans les écoles québécoises, en bref :

Cette étude est menée tous les deux ans depuis 2013 et se terminera en 2019. Depuis ses débuts, les mêmes écoles sont sondées. Il s’agit de 46 écoles primaires et 38 écoles secondaires situées partout au Québec. Pour 2017, pas moins de 24 000 élèves, 3700 parents et 1600 membres du personnel ont été questionnés.

La chercheuse Claire BeaumontLa chercheuse Claire Beaumont Photo : Radio-Canada / Alexandre Duval

Des changements positifs à noter

Malgré cette tendance inquiétante sur le plan des rapports entre jeunes issus de différentes communautés, le portrait global de la violence à l’école semble s’améliorer, comme l'indiquaient déjà les chiffres de 2015.

En 2017, les jeunes ont rapporté avoir subi moins d’agressions qu’en 2013. Au primaire, c’est surtout le cas pour les insultes verbales.

Au secondaire cependant, l’amélioration est visible pour toutes les catégories d’agressions : matérielle, électronique, sociale, physique et verbale.

En 2013, les élèves du secondaire rapportaient avoir subi en moyenne 4,1 agressions, tous types confondus, au cours d’une année scolaire. En 2014, ce chiffre a chuté à 3,4 par élève, en moyenne.

Claire Beaumont est portée à lier cette diminution au fait que le Québec a adopté, en 2012, la Loi visant à lutter contre l’intimidation et la violence à l’école.

Je ne peux pas garantir que c’est de cause à effet; c’est mon interprétation à ce moment-ci.

Claire Beaumont, titulaire de la Chaire de recherche sécurité et violence en milieu éducatif

Tous les établissements scolaires ont en effet dû mettre sur pied un plan de lutte contre l’intimidation et la violence. Mme Beaumont émet toutefois des réserves, expliquant que ces plans ne sont pas appliqués de manière uniforme à travers la province.

D’autres comportements dits « à risque » sont aussi à la baisse depuis 2013, selon l’étude. Il semble que les jeunes observent moins de vandalisme et moins de consommation ou de vente de drogue.

Par ailleurs, les élèves rapportent se sentir plus en sécurité sur les terrains des écoles, dans les équipes sportives, dans le transport scolaire ainsi que dans leur quartier.

Rester prudents

Mme Beaumont précise que ces quelques changements positifs masquent une sombre réalité : la baisse du nombre global de comportements violents ne signifie pas que les gestes posés sont moins graves.

On mêle encore beaucoup le fait qu’il y ait un faible pourcentage d’élèves qui sont victimes de violence dans une école avec la gravité du geste.

Claire Beaumont, titulaire de la Chaire de recherche sécurité et violence en milieu éducatif

La professeure explique que les jeunes qui sont victimes d’intimidation de façon répétée sont proportionnellement peu nombreux, mais que l’intensité de la violence à laquelle ils sont confrontés n’en est pas moins préoccupante.

L’étude démontre aussi que les jeunes du primaire reçoivent de plus en plus de menaces et d’insultes par texto.

Cependant, le nombre de jeunes de 4e, 5e et 6e année du primaire qui possèdent un appareil électronique pour envoyer et recevoir des textos est passé de 61 % à 79 % entre 2013 et 2017, indique l’étude.

Société