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Au Congrès, le président Macron répond à « l'Amérique d'abord »

Emmanuel Macron sourit, les bras ouverts, devant les élus du Congrès.
Le président français remercie les membres du Congrès américain. Derrière lui, le vice-président Mike Pence, agissant ici à titre de président ex officio du Sénat, et le président de la Chambre des représentants, Paul Ryan. Photo: La Presse canadienne / AP/Pablo Martinez Monsivais
Agence France-Presse

Le président français Emmanuel Macron a lancé mercredi un vibrant appel aux parlementaires américains pour le multilatéralisme et le maintien des États-Unis sur la scène internationale, dans un discours au Congrès en forme de critique de « l'Amérique d'abord » de Donald Trump.

Le chef de l'État français, dans un discours en anglais de trois quarts d'heure, a plaidé contre la tentation nationaliste.

« Nous pouvons choisir l'isolationnisme, le retrait et le nationalisme. Ce n'est pas une option. Ce peut être un remède tentant à nos peurs. Mais fermer la porte au monde n'arrêtera pas l'évolution du monde », a-t-il déclaré, après une introduction appuyée sur l'ancienne amitié franco-américaine, dans la lignée des autres dignitaires français ayant reçu les honneurs du Capitole depuis le premier d'entre eux, le marquis de Lafayette, en 1824.

Son entrée s'est d'ailleurs faite sur une ovation de trois minutes des représentants et sénateurs, dont plusieurs centaines étaient présents.

Face à ce Congrès contrôlé par les républicains, il a défendu l'utilité des institutions internationales fondées depuis la Seconde Guerre mondiale avec le soutien des États-Unis, jouant sur les sensibilités républicaines en insistant sur la lutte contre le terrorisme... Et plus encore sur celles des élus démocrates lors de passages sur la défense de la science et du climat, répétant, au grand plaisir de ces derniers, qu'il n'y avait pas de « planète B ».

« Je suis certain qu'un jour les États-Unis reviendront dans l'accord de Paris » sur le climat, a-t-il aussi dit, faisant bondir de joie les démocrates, dont certains criaient « Vive la France »... tandis que les républicains restaient les bras croisés, non sans un sourire face aux légères impertinences de leur hôte.

Suivant la tradition, les ovations et les rires ont émaillé le discours, bien que certains parlementaires aient dû tendre l'oreille pour déchiffrer l'accent du chef de l'État, qui s'est entièrement exprimé en anglais, à l'exception de sa conclusion : « Vive la République, vive la France, vive notre amitié ».

« L'Iran ne devra jamais posséder l'arme nucléaire »

M. Macron a longuement plaidé pour le nouvel accord plus large sur l'Iran et la question nucléaire, dont il a ébauché les contours la veille avec son homologue américain, mais dont Moscou et Téhéran ont déjà rejeté le principe.

De l'écriture manuscrite est visible sur le texte du discours du président Macron.Le passage sur l'Iran dans le discours du président Macron a été abondamment annoté. Photo : Reuters / Jonathan Ernst

« Quant à l'Iran, notre objectif est clair. L'Iran ne devra jamais posséder l'arme nucléaire. Pas maintenant. Pas dans cinq ans. Pas dans dix ans. Jamais », a ensuite souligné Emmanuel Macron, une phrase qui a cette fois suscité des applaudissements de l'ensemble des élus américains.

Sur le commerce, il a redit qu'il était favorable à un « commerce juste et équitable », mais a rejeté en la qualifiant de « pas cohérente » toute guerre commerciale entre alliés, allusion aux taxes sur l'acier et l'aluminium envisagées par Donald Trump contre l'Union européenne.

Comme Charles de Gaulle, François Mitterrand ou Nicolas Sarkozy avant lui, le président français a retracé le fil de l'« indestructible » amitié franco-américaine, la qualifiant même de « relation spéciale », un terme habituellement réservé au Royaume-Uni.

Aucun autre pays n'aura vu autant de dignitaires reçus ainsi au Congrès américain.

« Je ne m'attendais pas à une opposition aussi directe au président », a dit ensuite à l'AFP l'élu démocrate Adam Schiff. À la fin du discours, nombre de démocrates se sont attardés pour serrer la main du dirigeant.

A l'inverse, l'élu républicain ultraconservateur Thomas Massie a qualifié le président français de « socialiste militariste globaliste alarmiste sur la science ».

Ovation au Congrès pour le président Macron.Le président Macron a reçu plusieurs ovations pendant son discours. Photo : Getty Images / Win McNamee

L'après-midi de mercredi, troisième et dernier jour de la visite d'État à Washington, sera plus léger. M. Macron pratiquera un sport oratoire qu'il adore : un débat à bâtons rompus devant des étudiants, comme il l'a déjà fait en Inde et au Burkina Faso.

Ces images permettront de tourner la page de discussions diplomatiques avec Donald Trump particulièrement ardues la veille sur l'Iran, face à un président qui, a reconnu M. Macron, comme lui, « ne change pas d'avis facilement ».

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