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Malgré le conflit dans le bois d'oeuvre, les affaires vont très bien

Le reportage de Catherine Kovacs
Radio-Canada

Malgré la surtaxe de 20 % imposée par les États-Unis sur le bois d'oeuvre canadien, les affaires n'ont jamais été aussi bonnes ici.

Un texte de Catherine Kovacs

Sébastien Crête, PDG du groupe Crête, dont les usines sont à Saint-Faustin et à Chertsey, est tout sourire. Les affaires n'ont jamais été aussi bonnes pour ce producteur de bois d'oeuvre. C'est que le prix du bois est excellent, selon ce producteur, 600 $ les mille pieds, alors qu'il était de 300 $ les mille pieds au moment de la crise entre 2008 et 2012. Il vend 80 % de son bois au Québec et en Ontario, le reste est exporté aux États-Unis.

Et malgré la surtaxe de 20 % imposée par les États-Unis sur le bois d'oeuvre, Sébastien Crête fait des bénéfices. Il l'explique de la façon suivante : « Le dollar canadien est plus faible que le dollar américain, ce qui a pour effet de compenser pour la surtaxe et en plus il y a un boom en construction immobilière aux États-Unis ». Cette année, on dénombre 1,2 million de mises en chantier, les États-Unis importent 30 % de leur bois du Canada.

Conflit du bois d'oeuvre

Cinquième conflit

C'est le cinquième conflit sur le bois d'oeuvre, rappelle le PDG du Conseil de l'industrie forestière du Québec Denis Lebel. Les scieries américaines accusent de nouveau l'industrie canadienne du bois d'oeuvre de concurrence déloyale.

Il faut rappeler que les scieries américaines sont limitées dans la coupe de bois sur leur territoire en raison de règlements environnementaux. Ce nouveau litige est devant le tribunal de l'ALENA et le Canada a porté plainte également à l'Organisation mondiale du commerce (OMC). Le Canada a toujours gagné.

Le Canada a un allié américain dans ce conflit : l'Association nationale des entrepreneurs en construction des États-Unis (NAHB, National Association of Home Builders). Son président Jerry Howard fulmine, cette augmentation du prix du bois d'oeuvre se fait sur le dos des constructeurs de maisons et des consommateurs américains.

Pour une maison de 400 000 $, ça représente une hausse de 6000 $, ça pénalise la classe moyenne.

Jerry Howard, président de l'Association nationale des entrepreneurs en construction des États-Unis

Fait cocasse, précise M. Howard, pour répondre à leurs besoins, les États-Unis sont obligés d'importer du bois de Russie, d'Allemagne et de Finlande qui ne sont pas touchés par cette surtaxe douanière.

Denis Bourbeau, un entrepreneur en construction au Vermont a perdu des clients à cause de cette surtaxe. « Je ne peux absorber cette hausse », précise-t-il, « je dois la refiler au client ».

Les entrepreneurs en construction aux États-Unis souhaitent que ce conflit du bois d'oeuvre se règle une fois pour toutes.

Du côté canadien, il faut dire que l'industrie forestière est en meilleure santé. De 2005 à 2010, le Québec a perdu la moitié de ses entreprises, rappelle Luc Bouthillier, professeur à l'Université Laval. Celles qui ont résisté se sont consolidées. Cela fait un an que les affaires sont bonnes, grâce en grande partie à notre dollar qui se situe autour de 78 cents. Les scieries canadiennes espèrent donc profiter de cette vague pour un bon moment encore.

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