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L'empathie d'Alexandre Bissonnette mise en doute

Marie-Frédérique Allard attend un ascenseur dans les couloirs du palais de justice de Québec.
La psychiatre Marie-Frédérique Allard Photo: Radio-Canada

La psychiatre Marie-Frédérique Allard, dernier témoin appelé par la défense aux observations sur la peine d'Alexandre Bissonnette, estime que le tueur peut faire preuve d'empathie envers ses victimes. Une thèse qui a fortement été mise en doute lors de son contre-interrogatoire, mercredi, au palais de justice de Québec.

Un texte de Yannick Bergeron

La poursuite gardait une carte dans son jeu pour contre-interroger l'experte appelée à se prononcer à la demande des avocats de la défense.

Le procureur de la Couronne, Me François Godin, a lu une déclaration d'un codétenu qui rapporte des propos que Bissonnette aurait tenus.

Alors que les deux prisonniers regardaient la télé, ils auraient vu un reportage montrant une victime de la fusillade. « L'es***, je ne peux pas croire qu'après sept balles, il soit pas mort », aurait dit Bissonnette au sujet d'Aymen Derbali, qui est maintenant confiné à un fauteuil roulant.

Selon le codétenu, l'auteur de la tuerie était en colère de constater que la victime allait recevoir une maison « et que, lui, sa famille n'aurait rien », a rapporté Me Godin.

À noter que le juge a retenu l'objection de la défense et ne tiendra pas compte de ces déclarations attribuées à Bissonnette, qui ne font pas partie de la preuve.

Auditoire indigné

Les commentaires ont néanmoins soulevé des réactions d'indignation dans la salle d'audience, où des victimes et leurs proches suivent le débat.

Le juge François Huot a alors indiqué aux membres de l'assistance de s'abstenir de toute réaction.

Aymen Derbali n'était pas présent dans la salle.

Alors que la psychiatre Allard indiquait que l'empathie du tueur pouvait fluctuer, le juge est intervenu pour indiquer qu'il n'avait pas constaté de progression d'empathie chez lui.

Le magistrat a relaté ce qu’il a observé pendant les témoignages des victimes, témoignages qui étaient « à glacer le sang », a-t-il précisé.

D'après mes observations, M. Bissonnette demeurait d'une impassibilité, je vous dirais, à peu près totale, alors que dans la salle, tout le monde était ému.

Le juge François Huot

Le juge a noté que la réaction de l'assassin était pourtant immédiate lorsqu'il était question des impacts du drame sur les propres membres de sa famille.

Cause reportée

La défense n'a pas fait entendre d'autres témoins.

L'avocat de Bissonnette a par la suite attiré l'attention du juge sur l'analyse des sites Internet consultés par son client.

Me Charles-Olivier Gosselin a cité plusieurs sites de nouvelles et de sujets qui ne sont pas liés à des tueries.

Le tueur s'est par exemple intéressé à Star Wars (La guerre des étoiles), à des vidéos de filles en bikini et à des recettes de Ricardo.

L'avocat de la défense a terminé la présentation de sa preuve par la lecture d'un texte écrit par Bissonnette retrouvé dans son ordinateur après son arrestation.

Sous le titre À quoi ressemble la mort? l'assassin étale sur une page sa vision, écrite sous forme poétique, de la mort.

La cause est reportée à jeudi matin pour permettre au psychiatre mandaté par la poursuite de rencontrer Bissonnette.

À la lumière de cette rencontre, la Couronne pourrait alors présenter une contre-preuve.

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