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Un changement au tracé du défilé de la fierté gaie fait des mécontents

Des milliers de personnes ont pris part au 30e défilé de la fierté à Winnipeg dimanche.
Des milliers de personnes ont participé au 30e défilé de la fierté à Winnipeg, en 2017. Photo: Radio-Canada / Austin Grabish/CBC

Les marcheurs qui prendront part aux célébrations du défilé de la fierté gaie de Winnipeg, le 3 juin, emprunteront l'avenue York et la rue Fort plutôt que l'avenue Portage et la rue Main, comme l'an dernier.

Le Franco-Manitobain Paul Sherwood est déçu du nouveau tracé. « J’ai l’impression qu’on se fait tasser pour être moins visibles et moins dérangeants », affirme celui qui milite pour les droits des personnes LGBTQ depuis les années 90.

L’an dernier, lors du 30e anniversaire du défilé, les fiers marcheurs ont pourtant pu emprunter les deux artères bien connues. Pride Winnipeg, l’organisme qui organise la marche, explique sur sa page Facebook que le prix demandé par la Ville est trop élevé et que le groupe avait eu droit à un prix spécial l’an dernier.

Paul Sherwood croit cependant que la Ville met intentionnellement « des bâtons dans les roues » aux organisateurs du défilé.

« Ils disent que c’est pour des raisons de sécurité, mais pour les défilés de la Saint-Patrick et de Noël, il n’y a pas de problème. C’est décevant que ce défilé soit dans une autre catégorie. J’ai l’impression que si les Jets gagnaient la coupe, il n’y aurait pas de problème à fermer la Portage ou la Main », affirme le professeur à la retraite.

Une carte du centre-ville de Winnipeg.Le nouveau trajet du défilé de la fierté de Winnipeg est loin de faire l'unanimité auprès des festivaliers qui auraient aimé marcher sur l'avenue Portage et la rue Main, deux rues importantes du centre-ville. Photo : Pride Winnipeg

Un besoin pour la communauté

Selon Paul Sherwood, la communauté LGBTQ de Winnipeg a besoin de plus de visibilité pour se faire mieux accepter.

L’ambassadrice jeunesse du défilé de la fierté de Winnipeg, Janine Brown, est du même avis.

« Le fait qu’on donne une place aux jeunes LGBTQ pour exprimer leur croyance et se sentir en sécurité avec leur existence, c’est vraiment important », dit-elle, ajoutant qu'elle a fait face aux préjugés quand elle est sortie du placard en neuvième année.

Elle croit que les jeunes qui sortent du placard à l’école secondaire font encore face à de nombreux stéréotypes et qu'il est plus difficile pour eux de trouver un groupe qui les accepte comme ils sont.

Elle dit que le défilé est un endroit « où toute la communauté se rejoint » et qu'il facilite ainsi la vie des jeunes.

Un pas en arrière

Paul Sherwood perçoit le changement de trajet du défilé de la fierté comme un pas en arrière. « Je trouve ça dommage parce que je souhaitais qu’on devienne de plus en plus visibles. »

Il se souvient des débuts du mouvement LGBTQ à Winnipeg. Il dit que les défilés de la fierté gaie attiraient de plus en plus de personnes d’une année à l’autre. « C’était des temps encourageants parce qu’on voyait plus d’ouverture de la part des gens », souligne Paul Sherwood.

Sur la question de l'importance de s'afficher publiquement, l'enseignant à la retraite fait un lien entre ce qu'il a vécu comme homme gai et comme francophone minoritaire.

« Le meilleur entraînement pour être gai, c’est d'être Franco-Manitobain. Nous avons l'habitude d’être minoritaires. On réalise qu’il faut être fier et l‘afficher fièrement », affirme-t-il.

Avec des informations de Gavin Boutroy et Rémi Authier

Manitoba

Homosexualité