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  • Archives
  • À Sudbury, on explore la composition de l’Univers

    Un soleil incandescent projette des neutrinos à travers l'espace.
    L'observatoire détecteur de neutrinos, inauguré le 28 avril 1998, a répondu à quelques questions sur la nature de ces particules élémentaires qu'émettent les étoiles. Photo: Radio-Canada
    Radio-Canada

    On a résolu l'un des grands mystères de l'Univers tout en étant 2000 mètres sous terre! Ce succès, on le doit à l'inauguration, à Sudbury le 28 avril 1998, d'un observatoire de pointe en astrophysique. Nos archives ont suivi les étapes de sa création et les résultats qui y ont été obtenus.

    Comprendre le poids de l’Univers

    Aussi paradoxal qu'il y paraît, le meilleur endroit pour explorer le cosmos se trouve parfois 2000 mètres sous terre. C’est le cas particulièrement quand la science veut mieux comprendre ceux qu’on appelle les neutrinos.

    Les neutrinos sont des particules que projettent le Soleil et les autres étoiles dans l’Univers. Ils sont tellement petits et rapides qu’ils passent pendant leur course à travers votre corps et les planètes. Soixante milliards de neutrinos traversent votre index chaque seconde.

    Ces particules sont si nombreuses que leur existence pourrait expliquer un des grands mystères de l’astrophysique. De quoi est constitué le poids de l’Univers? Avant la construction de l’Observatoire de Sudbury, on ignorait si les neutrinos formaient la majorité de ce qu’on appelle sa « masse manquante ».

    La question n’est pas futile. On ne veut pas savoir si l’Univers est obèse. Connaître la composition de son poids pourrait nous aider à comprendre un des plus importants débats sur son avenir. Continuera-t-il une expansion infinie? Mourra-t-il un jour en se contractant? La réponse pourrait être déterminée par ce qui constitue la plus grande partie du poids de l’Univers.

    Une mine d’où on voit l’Univers

    Le Point, 21 juin 1994

    En 1998, la communauté scientifique internationale construit à Sudbury, dans une mine désaffectée, un observatoire dont le but est d’élucider ce mystère. Mais pourquoi se cloîtrer des lieues sous terre pour étudier les neutrinos? Un reportage de la journaliste Johanne Faucher, présenté à l’émission Le Point le 21 juin 1994, nous en donne la raison.

    On voulait se protéger des rayonnements parasites des autres rayons cosmiques. Les neutrinos sont les seules particules qui traversent à des profondeurs de 7000 pieds où nous nous trouvons présentement.

    Emmanuel Bonvin, physicien, Université Queen’s, Kingston, Ontario

    Tout cela pour pouvoir identifier 20 ou 30 neutrinos par jour. Tout ça pour ça dites-vous? À titre de comparaison, à l’extérieur du Canada, les autres laboratoires détecteurs ne peuvent en attraper que trois ou quatre par jour.

    Le Téléjournal, 28 avril 1998

    Le projet enchante la communauté scientifique internationale. Le jour de l’inauguration de l’observatoire, comme le souligne le journaliste Maxence Bilodeau dans un reportage présenté au Téléjournal du 28 avril 1998, une sommité pointe son nez à Sudbury : Stephen Hawking.

    Sudbury reçoit rarement pareil honneur. Venu d’Angleterre, le scientifique Stephen Hawking [...] Ce grand spécialiste des théories sur la formation de l’Univers a eu droit cet après-midi à un voyage au centre de la Terre.

    Maxence Bilodeau
    Découverte, 17 mars 2002

    Comme le révèle l’animateur Charles Tisseyre de Découverte dans un reportage diffusé le 17 mars 2002, l’Observatoire de Sudbury résout rapidement le mystère. Les neutrinos possèdent un poids. Ce dernier représente 18 % de la masse manquante de l’Univers. Ce qui soulève une nouvelle question : où se trouve le reste? La chasse à la « masse manquante » doit donc se poursuivre.

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