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S’expatrier pour vivre sa passion du tennis de table

Antoine Bernadet
Antoine Bernadet. Photo: Courtoisie

Loin de sa famille et ses amis depuis neuf mois, avec un salaire presque inexistant, Antoine Bernadet vit pleinement son aventure de joueur professionnel de tennis de table en Suède.

Un texte de Jean-Philippe Martin

Depuis la fin août, le pongiste de Québec évolue avec l’équipe B du Soderhamn UIF, une formation professionnelle au sein de la ligue suédoise de tennis de table.

« Si tu compares au hockey de la LNH, on est un peu comme le club-école », explique-t-il.

Antoine n’en est pas à son premier séjour en Scandinavie. Il a déjà participé à des camps d’entraînement de quelques mois en Suède ces dernières années.

Mais pour la première fois, l’ancien membre du club Chops de Québec vit un exil complet pour poursuivre son rêve d’une carrière professionnelle. En plus d’avoir remporté avec ses coéquipiers le championnat de sa ligue, Antoine estime que cette première année complète en sol européen est un succès.

Antoine Bernadet et ses coéquipiers de l'équipe de tennis de table Söderhamn UIF B en SuèdeAntoine Bernadet (à droite) et ses coéquipiers de l'équipe de tennis de table Söderhamn UIF B en Suède. Photo : Courtoisie

« À 21 ans, ça fait longtemps que je joue. Le côté technique commence à être bien ancré. Les progrès se font mentalement et tactiquement. À mon niveau, ce sont des petits détails qui vont faire la différence », explique-t-il.

Un exil nécessaire

Antoine Bernadet ne s’en cache pas toutefois, la vie d’athlète à temps plein sur un autre continent n’est pas toujours facile.

« Tu es loin de ta famille et de tes amis. Tu t’en fais d’autres ici, mais quand même, je ne suis pas chez moi ici. Je suis en Suède. Je ne parle pas la langue. Des fois, ça devient difficile. »

Et il y a le salaire. Ou l’absence de salaire, devrait-on dire.

Selon ses estimations, les meilleurs joueurs de la première division au sein de son club peuvent toucher entre 50 000 et 60 000 euros (78 000 à 93 700 $ CA) par année. Mais Antoine, lui, ne gagne pratiquement rien pour jouer dans la ligue professionnelle suédoise.

« Il n’y a personne qui fait beaucoup d’argent en deuxième division », concède le jeune homme.

« Cette année, ça n’a pas été facile. J’ai été serré dans l’argent, dit-il. Surtout que j’ai arrêté l’école et que toutes les bourses au Québec, en général, c’est beaucoup pour les étudiants-athlètes. C’est plus compliqué de trouver des commanditaires quand tu arrêtes les études. »

Un salaire autrement

Sa paye, il la reçoit d’une autre façon. L’organisation paie pour son hébergement et ses déplacements, mais surtout elle lui offre la chance de s’entraîner dans des conditions qui favorisent grandement sa progression.

La Suède est une nation puissante dans l’échiquier mondial du ping-pong. L’ex-champion du monde et un des plus grands joueurs de tous les temps, Jan-Ove Waldner, est Suédois.

Nous sommes dans un centre reconnu pour l’entraînement. J’ai la chance de jouer avec des joueurs plus forts que moi chaque jour. C’est la raison pour laquelle c’est un bon deal.

Antoine Bernadet, athlète québécois

Antoine Bernadet réussit à gagner un peu d’argent en jouant dans une autre ligue professionnelle en Angleterre. En ajoutant à cela les quelques milliers de dollars qu’il reçoit de la Fédération québécoise de tennis de table, et les bourses remportées dans différents tournois, il réussit tout juste à maintenir la tête hors de l’eau.

« Tant que je peux payer mes dépenses avec le peu d’argent que je fais en jouant au tennis de table, je suis très content. Je fais ce que j’aime. C’est ce qui est important pour moi pour l’instant. »

Les Mondiaux avant le retour à la maison

À 21 ans et classé 454e au monde, Antoine a encore plusieurs années devant lui pour réaliser ses principaux objectifs: se classer parmi les 200 meilleurs joueurs au monde et participer aux Jeux olympiques.

« Je suis en constante progression. Je n’ai pas encore senti que je stagne », assure-t-il.

À peine revenu de l’Australie où il a représenté le Canada aux Jeux du Commonwealth, Antoine Bernadet se prépare maintenant pour les Championnats du monde par équipe qui auront lieu à Halmstad, dans le sud de la Suède.

En 2015 en Chine, Bernadet avait pris part à la compétition en simple. Cette fois, l’expérience par équipe sera plus enrichissante, croit-il, lui qui est assuré de disputer un bon nombre de matchs.

Puis, ce sera un retour à Québec pour se ressourcer...avant de retourner en Suède dans quelques mois.

« J’ai encore des choses à prouver dans cette division. Si je suis capable d’avoir une très bonne saison en division 2 l’an prochain, après, ça peut me permettre de signer en première division en Suède ou en deuxième division plus forte dans un autre pays comme la France », croit-il.

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